‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 116 sur 192 · J. RÉVILLE, p. 101 ; HEITMÜLLER, p. 45’; BoussET · texte numérisé non relu

J. RÉVILLE, p. 101 ; HEITMÜLLER, p. 45’; BoussET

Kur. Chr., p. 169. 2. ZAHN, Einl., II, p. 470. Comm. ;P- 130 s. Si l’on admettait pour 1,41 la leçon xoros, le second des deux disciples aurait

eu aussi un frère dans le groupe des apôtres. Il ne pourrait.

alors être que.Jacques ou Jean. Mais la leçon primitive paraît +: être 7 zewr Voir p. 202, n. 1. ,

nécessaire. Cet anonymat, cependant, ne HEBe pas commé une anomalie puisque ce n’est qu’à propos d’un second épisode, qui vient se greffer ‘sur le premier, que es Joe Re est nommé. | 29 Le reniement de Pierre (18,15-18.25- 27). — Le récit du reniement de Pierre est mêlé, par le quatrième évangile, à celui de la comparution de Jésus devant le grand-prêtre. Simon-Pierre

et un autre disciple suivent de loin Jésus qui

vient d’être arrêté. Cet autre disciple, connaissant le grand-prêtte ', entre dans la cour. Il en sort ensuite pour parler à la portière et faire entrer Pierre qui, sur une question à lui posée, déclare qu’il n’est pas un disciple ; Pierre se joint aux serviteurs qui ont allumé du feu et se chauffent (15-18). Le récit est interrompu en cet endroit par l’interrogatoire que le grandprêtre fait subir à Jésus, il reprend au verset 25 par la répétition, presque textuelle, du membre de phrase après lequel il avait été interrompu. Pierre répond négativement aux serviteurs qui lui demandent s’il n’est pas un disciple. Il répète son reniement quand un parent du serviteur blessé renouvelle la même LES (25-27).

1. C’est ce sens, et non celui de parent que le mot YYOGTOS a dans les LXX (IV Rois, 10, 11. Ps., 30, 12 ; 54, 4; 88,9. 19} et surtout dans Lc., 2,44 ; 28,49.

Ce récit doit être rapproché de celui qu’on trouve dans l’évangile de Marc (14,54.66-72). Pierre, qui suit Jésus de loin, entre dans la cour du grand-prêtre et s’assied près du feu pour se chauffer avec les serviteurs (54). Ici, comme dans le quatrième évangile, le récit est interrompu par ‘ la comparution de Jésus devant le grand-prêtre (55-65) avant laquelle aucun reniement n’a été rapporté. Pierre se trouve dans la cour et se

chauffe quand une servante lui dit : « Toi aussi

tu étais avec Jésus le Nazaréen ». Pierre le nie, puis il s’en va dehors, dans l’avant-cour, où, la servante insistant, il répète sa négation. Il y a,

ici, une certaine obseurité : la raison du déplace-

ment de Pierre n’est pas expliquée et il n’est pas indiqué comment, ayant changé de place, il se trouve toujours en présence des mêmes personnages. Un peu plus tard, les gens qui sont là disent à Pierre qu’il est galiléen. Une troisième fois, il renie son maître (66-72).

Ce récit est composé des mêmes éléments que celui de Jean, triple reniement et changement de lieu, mais l’enchaînement en est très défectueux. On a limpression que le narrateur sait qu’une des scènes de reniement a eu lieu à l’entrée de la cour et les autres ailleurs, mais qu’il ne se rend pas compte de la marche des événements. Tout est, au contraire, lié d’une

manière organique, simple et naturelle dans le récit du quatrième évangile. On est ainsi porté à y voir la forme originale d’une tradition qui ne serait parvenue à Marc que mutilée et presque méconnaissable !. Le quatrième évangile, en effet, a trop peu de souci de la cohérence et de l’enchaînement de ses récits pour qu’on puisse supposer, comme l’a admis Vœælter (Jesus am Oelberg, N. Theol. Tijdschr., 1915, p. 165.), qu’il ait inventé la disposition qui lui est propre afin de faire disparaître les obscurités du récit de Marc.

La personnalité du disciple anonyme ne présente, ici, aueun trait qui puisse rendre son historicité suspecte. Bien plus, l’idée d’un disciple de Jésus familier de la maison du grand-prêtre contredit: nettement la conception un peu schématique et abstraite que l’évangéliste se fait de l'opposition du judaïsme contre Jésus : on ne peut done y voir sa création.

La tradition doit avoir eu une certaine précision pour avoir pu conserver le souvenir des conditions dans lesquelles Pierre avait renié son maître et des circonstances dans lesquelles il avait pu entrer dans la cour du grand-prêtre.

1. MAURICE GOGUEL, Passion, p. 82. La supériorité du récit johannique est admise par Jon. Weiss, Das aelteste Evangelium, Gæœttingen, 1903, p. 3065.

Comment, cela étant, pourrait-elle n’avoir pas

conservé le nom du disciple qui l’y avait fait

entrer ? L’anonymat ne semble pas pouvoir être

expliqué autrement que par l'hypothèse de la suppression d’un nom propre qui se trouvait dans la source. Mais pourquoi l’anonymat a-t-il

paru nécessaire ? Si le fait qu’un disciple de

Jésus était un familier du grand-prêtre avait

paru scandaleux, n’aurait-il pas été complètement supprimé ? L’anonymat ne peut être.

expliqué que par des raisons d’ordre général, sur lesquelles nous aurons à revenir, et non par des raisons inhérentes au récit particulier où il

semble anormal.

30 Le disciple anonyme et Pierre au sépulcre

(20,2-10)!. — Marie-Madeleine étant venue au Ë

sépulere, le matin du troisième jour, et ayant trouvé la pierre ôtée, vient avertir Pierre et l’autre disciple. Ils accourent. Mais l’autre disciple, allant plus vite que Pierre, arrive le pre- :mier au sépulcre ; toutefois, il n’y pénètre pas.

1. Nous joignons cette péricope à celles où l'anonymat est complet, bien que le disciple soit désigné par les mots Toy. ÀXOV mabnrny dv évihe o ’Tnoods (20,2), parce qu’il n’y a pas l’expression habituelle &v ny4rx et qu’il n’est pas fait allusion au

dernier repas et, aussi, parce que la désignation comporte deux -

termes (l’autre disciple, celui que Jésus aimait) dont chacun se suffit ; ce qui paraît indiquer que l’un d’eux vient en surcharge.

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