‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 140 sur 192 · et 33-35). Ils ont une précision qui ne · texte numérisé non relu

et 33-35). Ils ont une précision qui ne

permet de les expliquer que par l’utilisation simultanée de deux récits parailèles. La substance de ce double récit se retrouve presque entière et sous une forme très voisine dans la

tradition synoptique. L'idée d’une mission don-

née par les Juifs de Jérusalem à des prêtres et à des lévites (1,19), ou bien par des pharisiens ou

à des PRoe (1,24), pour interroger Jean,

ne n'être qu’un embellissement du fait rapporté par Matthieu (3,7) que des pharisiens et des sadducéens se trouvaient parmi les auditeurs de Jean. ; |

La déclaration du précurseur, qu’il baptise d’eau mais qu'après lui vient un personnage dont il n’est pas digne de délier les sandales, est

certainement apparentée à la déclaration mes-

sianique que donnent les synoptiques (Mt.

ALL Med Lc-53816) et"qui, chez Lue, est motivée par l’idée attribuée aux Juifs que Jean pourrait bien être le Messie. La citation d’Esaïe, 40,3, dans Jn., 1,23, se retrouve dans les synoptiques (Mt., 3,3. Mc., 1,3. Le., 8,4). Le récit de la rencontre entre Jésus”et Jean-Baptiste, doriné . sous deux formes parallèles (1,29-32.33-36), est manifestement une transposition du récit synoptique du baptême où la vision de l'Esprit qui descend sur Jésus n’est plus, comme à l’origine,

386 Lors QUATRIÈNE ÉVANGILE 7

une révélation accordée à Jé ésus lui- -même, mais

‘un signe auquel Jean reconnaît celui à qui- il 2°

sert de précurseur. L'emploi du terme d’« agneau de Dieu» et l'expression «ôter le péché du monde»

confirment l’idée d’une élaboration théologique

qu’indiquait déjà la suppression de l’acte même

du baptême de Jésus.

Mais il y a, dans le récit ne deux éléments sans équivalent dans la tradition synoptique et dont, par conséquent, il convient de se demander si ce sont des créations de l’évanoéliste ou des éléments de la source que Îles auteurs des trois premiers évangiles ont écartés ou laissés de côté. Le premier se trouve au verset 28 : « Ceci se passait à Béthanie!, de l’autre côté du Jourdain ». Cette indication géographique, sans portée théologique, ne peut être expliquée que par un emprunt à la source ou par une addi-

. tion du narrateur désireux de localiser son récit

pour lui donner un caractère plus coneret. Cette dernière hypothèse ne doit pas être retenue, car on ne peut raisonnablement penser que l’évan-

1. La version syriaque ancienne (Sinaï et Cureton) a la leçon « Béthabara », qui est aussi donnée par Origène. Ce paraît être une conjecture suggérée par la difficulté que l’on éprouvait à identifier la localité nommée dans le texte. Si la leçon «Béthabara » était primitive, on comprendrait malaisément qu’on | ait pu lui substituer Béthanie, alors que l’'évangéliste citait une localité du même nom aux portes de Jérusalem.

| LES SOURGES fe L'ÉVANGILE | 88

géliste ait créé là difficulté qui résulte de l’existence, dans son récit, de deux localités du nom de Béthanie. La source devait donc nommer Béthanie, les synoptiques auront laissé tomber ce détail. Reed

Le second élément particulier à Jean est le dialogue rapporté dans les versets 20 et suiv., où. divérses hypothèses sont successivement envi--

sagées par les Juifs et écartées par Jean-Baptiste.

Si cet entrétien n’a pas d’équivalemt direct dans les trois premiers évangiles à propos de Jean-

Baptiste, on trouve cependant, en deux endroits de leur récit, un dialogue qui n’est pas sans pré-

senter avec celui qui nous occupe des. analogies assez frappantes. C’est, d’abord, l’épisode de la perplexité d’Hérode (Mt., 14,1-2. Mc., 6,14-16. Lc., 9,7-9), puis, celui de la confession de Pierre

(Mi., 16,138-14. Mo., 8,27-28. Le. 9,18-19). Dans

ces deux morceaux, les hypothèses que les Juifs émettent à propos de Jean, dans le quatrième évangile, sont envisagées au sujet de Jésus ; on se demande, en outre, s’il ne serait pas Jean- Baptiste ressuscité. C’est le même thème qui est

développé à propos des deux personnages. La ressemblance est telle que l’idée d’une parenté,

au moins indirecte, ne saurait être écartée. Mais

il est malaisé de déterminer si, dans la forme

originale, la tradition se rapportait à Jean-

Page 1