HAS
Ft
ER
388 EE a QUATRTÈME FN ANCILE k
Baptiste ou à Jésus. C’est cépendant vers la première de ces deux hypothèses que la balance semble devoir pencher. La substitution de Jean- Baptiste à Jésus est plus, difficile à concevoir que le processus inverse. Le dialogue pourrait donc représenter un élément primitif de la source laissé de côté par les synoptiques, parce que le même thème était, dans la tradition qu’ils sui-
vaient, déjà utilisé ailleurs au sujet de Jésus.
. Les observations qui précèdent permettent
de formuler une conclusion dont l’importance est déjà considérable, c’est que le tableau de. la rencontre entre Jésus et Jean-Baptiste par lequel le quatrième évangile ouvre son récit, ne. peut pas être expliqué uniquement par lutili-
sation des narrations synoptiques. Les doublets
du récit johannique indiquent que son auteur
a connu deux recensions parallèles de sa source. . T1 leur a emprunté deux éléments que les synop-
tiques ont laissé tomber : l’entretien-entre Jean- Baptiste et les Juifs et l’indication du lieu où Jean-Baptiste a rencontré Jésus.
30 Les vocations (1,37-51). — La vocation des premiers disciples de Jésus localisée en Galilée par les synoptiques est, dans le quatrième évangile, transportée en Pérée ! pour être placée tout
1. L’évangéliste ne paraît pas se préoccuper d'expliquer la présence, en Pérée, des Galiléens qu’appelle Jésus. ;
LES SOURGES DE L'ÉVANGILE 389 au début du ministère de Jésus, avant le com- mencement de son activité. Le récit johannique est une réduction du récit synoptique à ses éléments essentiels : tous les traits pittoresques sont effacés ; seules, sont retenues et mises en lumière les notions de témoignage et d’appel. Deux. détails propres au récit johannique doivent, sans doute, être ‘expliqués par des emprunts faits à des sources, ear ils n’ont aucune portée allégorique ou théologique. Ce sont l’indication de Bethsaïda comme la patrie d'André, de Pierre et de Philippe (1,44), et la mention de Nathanaël, En ce qui concerne ce dernier qui sera encore nommé 21,2, il faut noter que l’allusion à une scène qui s’est passée sous un figuier confirme l’hypothèse d’une source plus riche que le récit actuel. __ La dernière déclaration de Jésus à Nathanaël : « Vous verrez les cieux ouverts et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'Homme » (1, 51), si elle n’est pas un simple développement - allégorique sur la base de Genèse, 28,12, pourrait provenir d’une forme particulière de la tradition sur le baptême de Jésus.
40 Le miracle de Cana (2,1-12). — Le récit du miracle de Cana n’a aucun équivalent dans les
°390 Ya PLE QUATRIÈME EVAN ILE # Fo
synoptiques. La tradition à laquelle ce morceau est emprunté se caractérise par la mention de la ville de Cana, que les synoptiques paraissent
ignorer, et par le soin de l’auteur de mettre en
lumière les manifestations de Jésus en “les numérotant '. Le verset 12 relate un bref séjour à Capernaum. Il peut être rattaché à la source
ou bien être considéré comme un élément rédac-
tionnel.
59 La purification du Temple (2,13-22). — Nous avons déjà indiqué (p. 271 s.) les raisons qui nous font admettre que le récit johannique de la purification du Temple était originairement placé, comme le récit synoptique, à la veille de la Passion. On ne peut, cependant, le ramener entièrement aux récits synoptiques. La discussion avec les Juifs y est beaucoup mieux liée à l’acte de Jésus ; elle s’y présente sous une forme très différente (parole sur la destruction et la reconstruction du Temple). Accessoire-
ment, au moins, le quatrième évangile a dû
connaître une forme.de l’épisode plus ancienne que les récits des trois premiers évangiles.
6° La notice de 2,23-25. — La notice qui suit.
1. Le verset 4, qui interrompt assez malencontreusement la marche du récit, pourrait bien avoir été ajouté par l’évangéliste à sa source.
ve dd de la Pos du Temple a un caractère évidemment rédactionnel. C’est une remarque d’ensemble sur le premier séjour de
__ Jésus à Jérusalem. Aucun fait positif n’est
rapporté. Il se pose toutefois une question.
« Beaucoup, dit la notice, -crurent en son nom en voyant les miracles qu’il faisait. » Ces miracles qui n’ont pas été racontés sont-ils sous-entendus et comme impliqués dans la mention de l’activité de Jésus à Jérusalem ? Ou bien la notice qui nous occupe servait-elle originairement de ‘conclusion à une relation du premier séjour de Jésus à Jérusalem qui comportait plusieurs
récits de miracles ? Sans qu’il nous soit possible
d’ apporter de raison absolument décisive, nous avons l’impression que c’est vers la première de ces deux hypothèses qu'il faut pencher. Il semble, en effet, que ce soit le style, la langue et les idées de l’évangéliste que l’on rencontre dans la conclusion de 2,23-25 ! ; ses derniers mots, d’ailleurs, servent d’introduction au récit de l’entretien avec Nicodème.
79 Entretien avec Nicodème (3,1-21). — Ce récit a le caractère d’un développement théolo-
il, L'expression muoTeUerv elç To dvoux ne se retrouve que
dans deux passages qui appartiennent l’un et l’autre à l’évan-
géliste (1, 12 ; 3, 18). L’idée que les miracles engendrent la foi se rencontre dans la conclusion (20, 31).
ALLONS nt flot LE Li ne s ls (£ %# TS % je PRES Le 17%: et de
392 LE QUATRIÈME ÉVANGILE pat?
gique. La démarche de Nicodème lui sert tout au plus de prétexte’. 11 déborde le cadre dans lequel il paraît enfermé. L'auteur a-t-il emprunté à quelque tradition l’idée d’une question posée par Nicodème à Jésus ? Ou bien lui a-t-elle été sugsérée parce que, dans deux épisodes dont il a conservé le souvenir {7,50 ; 19,39), ce personnage avait pris à l’égard de Jésus une attitude plutôt bienveillante ? On ne saurait le décider, mais la question, à vrai dire, a peu d’importance *.
80 Seconde rencontre de Jésus avec Jean- Baptiste (3,22-4,3) (cf. MAURICE GOGUEL, J'ean- Baptiste, p. 34 s.). — Jésus ayant exercé son activité non loin du lieu où prêchait Jean- Baptiste, à Enon, près de Salem, les disciples de Jean se plaignent à leur maître des succès du nouveau venu. La réponse de Jean est formée
de deux éléments qui, nous l’avons déjà noté
(p. 273 s.), sont disparates. D’abord, le précur-
I. Parmi les multiples indices qui établissent que ce morceau : appartient à l’évangéliste, nous relèverons seulement les rapprochements suivants : 3, 11-38, 82. 3, 12-1, 50. 3,19-1, 5. 9.
2. Sur un point particulier, la dépendance à l'égard d’une tradition est vraisemblable. Il s’agit de la mention du Royaume de Dieu (3,3. 5), terme qui, en dehors de ce passage, ne se trouve dans le quatrième évangile que dans 18, 33-37. Il cor-
respond à une idée qui est en dehors des préoccupations de l’évangéliste (WEINEL, p. 50).
ae
MR Ce Es EE En à a Aer Ÿ Ë é - LES SOURCES DE L’ÉVANGILE . 398
seur déclare que le succès même de Jésus est la preuve de la mission divine qu’il a reçue (3,27- 30) ; puis il développe l’idée du témoignage céleste rendu au Christ et repoussé par les hommes (3,31-36). À la suite de l’incident, Jésus quitte la Judée pour retourner en Galilée (4,1-3). L'évangéliste a utilisé ici, en le retouchant et en
le surchargeant, un récit d’après lequel Jésus
avait d’abord exercé son activité à côté de Jean- Baptiste. Le succès avait couronné ses efforts et provoqué la jalousie des disciples de Jean, que leur maître s’efforce de calmer. Il se déclare prêt à s’effacer devant le nouveau prophète, dont la mission céleste lui paraît établie par le succès qui lui est donné d’en haut. Cette manière de présenter les faits contredit visiblement la tradition synoptique aussi bien que la tradition johannique qui s’accordent, l’une et l’autre, à présenter comme ayant un caractère a priori le témoignage rendu par Jean-Baptiste à Jésus. I1 nous paraît, à cause de cela, impossible de . regarder comme une création de l’évangéliste I: récit qu’il donne dans 3,22-4,3. Il y a là une tradition indépendante de celle qui a été utilisée dans les trois premiers évangiles et dans le premier chapitre du quatrième, indépendante et antérieure puisque les relations de Jean- Baptiste avec Jésus y sont sur le plan de lhis-
toire et pas encore sur celui de la dogmatique. "s
L’évangéliste, en incorporant cette tradition à
son récit, l’a remaniée de manière à l’harmoniser avec la tradition utilisée au chapitre 1, et surtout avec sa conception du témoignage rendu
par le précurseur au Messie. Il a procédé par
additions et non par une refonte complète. Cette circonstance nous permet de reconnaître encore
le caractère de la source qu’il a utilisée.
99 L’entretien avec la Samaritaine (4,4-42). — Il n’y a pas de raisons suffisantes pour contester l’unité du récit de l’entretien de Jésus avec la Samaritaine !, L’historicité de l’épisode est inconciliable avec l’ordre donné par Jésus aux apôtres d’éviter les villes des Samaritains (Mi., 10,5)°. Il y a, d’ailleurs, dans ce morceau, toute une série d’indices qui conduisent à l’attribuer à l’évangéliste. C’est, d’abord, le conflit entre le sens matériel et le sens spirituel, ce qui est un de ses procédés de prédilection. Il y a, de
plus, un parallélisme frappant entre les paroles sur l’eau vive et les déclarations sur le pain de.
vie dans le discours de 2 snagégue de Caper-