‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 151 sur 192 · LE U · texte numérisé non relu

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chapitre 5 et auxquelles il avait été encore fait allusion au début du chapitre 7.

Avec 8,12, commence un développement, ou plutôt une série de développements, d’un caractère passablement abstrait où se reconnaissent les idées et les procédés d’exposition et de discussion de l’évangéliste. Il y'a, d’abord, une déclaration sur Jésus, lumière du monde (8,12), qui provoque l’objection des pharisiens : « C’est toi qui te rends témoignage à toi-même, ton témoignage est donc sans valeur » (13). Dans sa réplique; Jésus invoque le témoignage du Père qui s’ajoute au sien (14-18) ; les Juifs ne comprennent pas et Jésus prend, en quelque sorte, acte de leur incapacité à saisir sa pensée (19). :

« Jésus dit ces paroles, ajoute le verset 20, dans le trésor alors qu’il enseignaït dans le Temple. Personne ne l’arrêta parce que son heure n’était pas encore venue ». La deuxième partie de ce verset doit être certainement mise au compte de l’évangéliste ; par contre, on hésite fortement

à attribuer la même origine à la première. Le

détail topographique qu’il contient est à rapprocher des autres indications du même ordre qu’on trouve dans l’évangile. Rien n’autorise à suspecter leur exactitude ; par leur précision, elles contrastent singulièrement avec l’ignorance de la situation générale de la: Palestine

LA

dont l’évangéliste fait preuve d’ordinaire. Ces détails, ne présentant aucun intérêt allégorique ou théologique, ne peuvent être compris que comme des emprunts faits par l’évangéliste à ses sources. Comme le contenu de 20° ne peut avoir été isolé, nous pouvons hypothétiquement le rattacher à la source dont l’évangéliste s’est. servi dans 7,1-14.

Une remarque comme celle qui nous occupe n’est à sa place qu’au commencement ou à la fin d’un développement. Il est, pour le moins, surprenant que l’enseignement de Jésus reprenne au verset 21 avec une formule d’introduction qui n’indique aucun changement ni au point de vue du lieu, ni à celui du moment ou des auditeurs. Si le caractère assez amorphe des développements propres au quatrième évangile n’empêchait de formuler des conclusions trop précises, on pourrait penser que le développe. ment des versets 21 et suivants a été ajouté après coup. Ce qu’a d’un peu étrange l’insertion du verset 20 pourrait simplement provenir de ce qu un fragment isolé de la source a été conservé ici. e

Le développement part d’une thèse qui avait été posée dans un morceau qui appartient en propre à l’évangéliste (7,38-34). « Je m’en vais, dit Jésus, vous me chercherez et vous mourrez

1 € 5 dans vos péchés parce que là où je vais vOus ne pouvez venir » (8,21). Les Juifs se demandent si Jésus n’aurait pas l'intention de se tuer. (22). La réplique de Jésus sur leur orgueil et leur incapacité de croire introduit à nouveau une discussion christologique (23-29). L’évangéliste remarque à la fin : « Comme il parlait ainsi, beaucoup crurent en lui » (30). Cette conclusion ne laisse pas que d’être surprenante et assez inattendue après qu’au verset 25 les Juifs n’ont pas compris que Jésus leur a parlé au nom de son Père, et qu’au verset 28 il a déclaré que les auditeurs ne comprendront pas quelle est son origine avant de l’avoir élevé, c’est-à-dire mis à mort. Il n’y a donc aucune cohérence entre le développement des versets 24 à 29 et la conclusion du verset 30. Il faut envisager l’attribution du verset 30 à la source dont la trace a été relevée au début du chapitre 7.

Les versets 31-59 donnent un nouveau développement de l’enseignement de Jésus. Il est présenté, sans doute à cause du verset 30, comme adressé à des Juifs qui avaient cru ; cependant, les tout premiers versets du développement mis à part, Jésus ne fait que prendre acte et, dans une certaine mesure, qu’ageraver le conflit entre lui et le judaïsme. À la fin de la

diseussion (59), les Juifs prennent des pierres

pour ie oies mais “à rÉUSSI à leur ‘échap- per. Comme il n’est pas question ici de l’heure de Jésus, on peut douter que cette conclusion vienne de l’évangéliste. Le geste des adversaires de Jésus pourrait bien avoir été emprunté à la source. |

Le chapitre 9, qui contient l’histoire de Paveu-

gle-né, présente une bomogénéité ! qui nous dispense de rechercher dans ce morceau des traces de remaniement ou d’incohérencé. Beaucoup de traits permettent dy reconnaître la manière de l’évangéliste et, par rene de Jui attribuer la rédaction de ce chapitre.

Le lien qui unit l’histoire de l’aveugle-né aux

morceaux qui précèdent et qui suivent est extrêmement ténu. Il n’y a pas liaison organique mais simple juxtaposition. FL H\iatentre;les chapitres 8 et 9, aucun lien chronologique, rien ne dit que ce soit au moment où il vient de

s'échapper du Temple que Jésus rencontre *

l’aveugle-né. Les discussions que provoque sa guérison ne sont pas reliées à celles du chapitre précédent. ;

L’allégérie du berger peut diféilement étre

reliée à l’épisode de l’aveugle-né, qu’elle suit

1, A la réserve toutefois des versets 18-24, dont nous : avons .

parlé p.237s.

pourtant sans aucune formule de transition.

Elle paraît s’adresser à des gens qui sont attachés à Jésus alors que, dans les dernières paroles du chapitre 9, ce sont des adversaires que vise

Jésus.

Ce qui a été dit de Éhistoire de l’aveugle-né pourrait presque, mutatis mutandis, être répété à propos de l’allégorie du berger (10,1-18), avec cette réserve toutefois qu’au lieu d’un développement librement composé, il y aurait une série de variations sur le thème d’une parole de Jésus ou d’un groupe de paroles conservé par la tradition’. Les indications sur l’impression produite par les paroles de Jésus (10,6. 19. 21) ont un caractère trop général pour que l’hypothèse d’une source soit nécessaire pour les expliquer. L’allusion faite par le verset 21 à la guérison de l’aveugle-né indique, d’ailleurs, l’intervention du rédacteur.

Le verset 22 du chapitre 10 retient tout de suite l'attention. Les scènes qui précèdent, peur 7,14, se sont déroulées à Jérusalem sans qu'aucun changement de lieu ait jamais été indiqué ; on lit : « C’était la fête de la Dédicace, à Jérusalem, c'était en hiver, et Jésus cireulait dans le Temple, sous le portique de Salomon »

1. Voir les observations présentées sur l'emploi des images dans le quatrième évangile, p. 258 s.

(0, 22). Cette phrase, qui ne continue pas le développement, ne peut être attribuée à l’évan-

géliste, mais doit provenir d’une source qui pourrait bien être la suite de celle que nous avons reconnue au début du chapitre 7. La scène ne

laisse pas de surprendre le lecteur qui est sous

l'impression des enseignements rapportés jusqu'ici. Les Juifs entourent Jésus et lui disent : « Jusques à quand nous tiendras-tu l’esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous ouverte-

ment » (24). Comment expliquer cette question

après les déclarations messianiques aussi préeises que nombreuses accumulées dans les chapitres qui précèdent ? Une question comme celle qui est mise ici dans la bouche des interlocuteurs de Jésus implique un enseignement dans lequel la messianité a été supposée, insinuée mais non directement et explicitement affirmée, un ensei-

gnement, en un mot, qui comportait sur ce

point une certaine obscurité, Un tel enseignement répond beaucoup mieux à la réalité historique que les affirmations messianiques incon-

ditionnées qui remplissent les discours du Christ

johannique. Ici encore, on discerne sans peine l’affleurement de la source. L’examen de la

: réponse de Jésus à la question qui lui est posée

eonfirme cette conclusion : « Je vous l’ai dit,

proclame Jésus, et vous ne croyez pas. Les

LES SOURCES DE L'ÉVANGILE an 427.

œuvres que je fais au nom de mon Père me ren-

dent témoignage mais vous ne croyez pas parce

que vous n’êtes pas de mes brebis » (25-26). La réponse est faite au point de vue de l’évangéliste alors que la question était formulée à un point de vue très différent. On trouve dans la réponse les notions caractéristiques de la pensée de Jean, celles des œuvres accomplies au nom du Père, du témoignage qu’elles rendent et de l’impuissance des Juifs à croire. La suite de la réponse (27-30) reprend et développe les idées déjà pré-. sentées dans l’allégorie du berger (10, 1-18), elle est donc à mettre aussi au . compte de l'évangéliste. : : |

La réponse de Jésus met le peuple en fureur ; on apporte des pierres pour le lapider (31). On reconnaît ici la main de l’évangéliste. Comment, en effet, concevoir que des gens rendus, par ce qu’ils ont entendu, assez furieux pour vouloir lapider celui qui les a scandalisés, s’in-

terrompent pour engager avec leur adversaire

une discussion théologique sur l'emploi du terme de «Fils de Dieu » ét conservent, malgré leur exaspération, assez de sang-froid pour suivre l’argumentation quelque peu subtile des versets 34 à 86. Ce que nous avons ici est l’écho des controverses que les contemporains; de l’évangéliste soutenaient contre leurs adversaires juifs

et, puisque le morceau 32-38 est ainsi à mettre au compte de l’évangéliste, il n’est pas douteux qu ta convienne d'attribuer la même origine au verset 31 qui. introduit le développement.et au verset 39 qui lui sert de conclusion,

Les versets 40-42 du chapitre 10 doivent être

regardés de près :. Jésus va de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean avait baptisé d’abord (Béthanie, 1.28) et il y demeure. Beaucoup de gens viennent à lui de Jérusalem. Ils croient en lui et déclarent que si Jean n’a pas fait de miracle, du moins tout ce qu’il a dit de Jésus se trouve vrai. Cette allusion au récit du

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