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la seconde partie du chapitre 7, une série d’in-
dices qui permettent de reconnaître la main de
l’évangéliste. Le développement est, au premier abord, déconcertant ; il abonde en répétitions, en incohérences, voire même en contradictions.
En entendant Jésus, quelques jérusalémites s’étonnent que celui qu’on voulait mettre à mort puisse ainsi parler en public. Les chefs, se demandent-ils, auraient-ils reconnu en lui le Christ ? Ce n’est pas possible car on sait d’où vient Jésus tandis qu’on ignorera d’où viendra le Christ (25-27). Jésus répond à cette objection que les Juifs ne peuvent savoir d’où il vient puisqu'il a son origine auprès du Père qu’ils ne connaissent pas (28-29). Là-dessus, on cherche à s’emparer de lui mais sans y parvenir parce que son heure n’est pas encore venue (30).
Quelques-uns, cependant, croient en Jésus mais les pharisiens envoient des agents pour l’arrêter (31-32). Suit une nouvelle déclaration de Jésus : « Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas ». Les Juifs ne saisissent pas le sens de ces paroles et se demandent s’il veut aller enseigner dans la diaspora (33-36).
Tout ce qui précède, depuis le verset 14, se place au milieu de la fête, le premier jour où Jésus se montre dans le Temple. A partir du verset 37, nous sommes au dernier jour de la fête
us invite ceux qui ont soif à à venir à Jui et à
boire, promettant que des fleuves d’eau vive jailliront de leur seim (37-38), ce que l’évangéliste rapporte à l'Esprit (39). En entendant cét
appel, les uns déclarent que Jésus est le Lro-
phète!, d’autres qu’il est le Christ. Mais on répond que le Christ ne viendra pas de Galilée mais de Bethléhem, la ville de David (40-42). Lè-dessus, le peuple se divise, quelques-uns veulent arrêter Jésus, personne cependant ne porte la main sur lui (43-44). Les versets suivants racontent comment les envoyés des pharisiens, à leur retour, expliquent qu’ils n’ont
pas arrêté Jésus parce que jamais homme n’a -
parlé comme lui (45-46). Furieux, les pharisiens tiennent conseil, l’un d’eux, Nicodème, observe que la Loi n’autorise pas à condamner un homme sans l’avoir entendu. On lui répond qu’un prophète ne saurait être suscité en Galilée (47-52). |
1. Le prophète pourrait être le précurseur du Messie (cf. Mc., 9, 11. et la croyance au retour d’Elie) ; toutefois, comme la remarque de 41-42 ne répond pas à l'hypothèse de Jésusprophète-précurseur, il vaut peut-être mieux penser que prophète était originairement ici synonyme de Messie et que le v. 41 a été ajouté par quelque copiste ou rédacteur qui, n’apeércevant pas le vrai sens du terme de prophète, aura été surpris de ne pas trouver exprimée ici l'hypothèse de la messianité de Jésus.
La dérnière partie du chapitre, depuis le verset 45, n’est évidemment pas à sa place. Il est inconcevable que les agents envoyés par les pharisiens au milieu de la fête (32) ne soient revenus sans avoir accompli leur mission que plusieurs jours plus tard (45). Originairement, les versets 32 et 45-52 devaient être reliés entre eux. Le verset 31, où l’admiration de la foule explique la mesure prise par les pharisiens, se rattache au même développement. On doit l’'attribuer à l’évangéliste à cause de l’idée que. les autorités ce sont les pharisiens et les prêtres, et aussi à cause de la mention de Nicodème. Le verset 30 ne fait pas partie du même développement, la tentative d’arrestation de Jésus qui y est rapportée faisant manifestement double emploi avec celle du verset 32. Ce verset 31 pourrait être rattaché à 21-24 où il est question de la guérison de l’impotent de Béthesda!.
Au développement qui va du verset 16 au
1. On ne saurait considérer comme une objection à cette attribution le fait qu’au verset 21, il est question d’une œuvre (£oyoy) et, au verset 31, de signes (snmeix). On ne peut, en effet, retenir la théorie de Wenpr (Das Johannesevangelium, p. 548.) d’après laquelle l’emploi des termes de Épyov et de 5y.ciov pourrait servir de critère pour la distinction des sources de l’évangile. Ces deux termes, en effet, ne correspondent pas à deux conceptions différentes du miracle mais à deux angles sous lesquels il peut être envisagé!
verset 32, se rattache, vent le morceau 45- 52, le fragment 33-36. Le verset 45 ne peut, en effet, avoir originairement suivi le verset 32, il suppose que les envoyés, avant de revenir auprès des pha-
- risiens, ont entendu parler Jésus. La suite du ver-
set 32 ne peut être cherchée aux versets 37 el suivants puisque la scène se place un autre jour, elle ne peut donc être trouvée qu'aux versets 83-36.
Si on admet ainsi que le développement qui
commence aux versets 16-24 se continue aux
versets 31-36 puis aux versets 45-52, il reste à expliquer l’origine des versets 25-80 et 37-44. Ces deux morceaux ne sont pas Pomogènes, ils se contredisent sur un point important. Les Juifs affirment, au verset 27, que, quand paraîtra
le Messie, nul ne saura d’où il vient, et, au verset
42, que le Messie viendra de Bethléhem, la ville de David. Cette dérnière idée n’est pas sans analogie avec la réponse faite à Nicodème au verset 52 qu’un prophète ne peut être suscité en Galilée. Le morceau 37-44 pourrait donc être
considéré comme une reprise du développement
primitif dans laquelle on pourrait voir une retouche de l’évangéliste lui-même.
Quant aux versets 25-80, on peut les com- . prendre comme une addition due à un rédacteur qui aura voulu relier les mesures prises contre Jésus à celles qui avaient été mentionnées au
LES SOURCES DE PSE nat 7 ;