MAS EN PTE QUATRIÈME ÉVANGILE PRET TR
der (8,59). De même la question posée à Jésus sur le véritable caractère de son enseignement (10,24) paraît inspirée par un véritable désir de s’instruire qu'ont les auditeurs et pourtant la conclusion de l'entretien. est qu’une fois de plus, on veut lapider Jésus (10,31). | On doit donc attribuer à une ‘source l’idée que, pendant sa retraite en Pérée, Jésus reste en contact avec les partisans qu’il a en Judée et 1 ’ainsi, bien que momentanément il se tienne à l’écart, il reste prêt à reprendre son action dès que les circonstances redeviendront favorables. L’attitude de Jésus en cette circonstance est de tous points analogue à celle que nous lui voyons prendre dans la source reproduite au début du chapitre 7, lorsqu'il estime que les circonstances ne sont pas favorables à une action publique en Judée. Cette idée de circonstances opportunes est en contradiction avec l’idée fondamentale de l’évangéliste sur l’opposition absolue à laquelle se heurte l’activité de Jésus. Nous serions donc disposé à retrouver derrière 10,40-42 un fragment de notre source sur l’activité jJérusalémite de Jésus.
Nous avons vu, plus haut (p. 327 s.), que l’histoire de la résurrection de Lazare (11,1-45) et la mention de sa retraite à Ephraïm (11,54) n’ont pas dû faire partie de la forme première de
l’évangile, : mais sont des morceaux ajoutés par l’évangéliste dans la revision de son œuvre.
Il convient d’examiner si les fragments 11,47-
53 et 55-57 ont la même origine ou s’ils ne’ser
trouvaient pas déjà dans la première forme de l’évangile et d’où ils viennent. Le morceau 11,47-58 raconte une réunion du sanhédrin mo-
tivée par l’émotion qu’a produite la résurrec-
tion de Lazare. Les Juifs craignent que la foule ne s’attache à Jésus à cause des miracles qu’il accomplit et que cela ne provoque une intervention des Romains. Caïphe, le grand-prêtre, CRE alors le sentiment qu'il vaut mieux qu’un seul homme périsse plutôt que tout le ‘peuple. L’évangéliste remarque que c’est en sa qualité de grand-prêtre qu’il prononce cette parole prophétique. Il ajoute que ce n’est pas pour le peuple juif seulement mais pour tous les enfants de Dieu que meurt Jésus. À partir de ce moment, les Juifs décident de le faire périr. Ii y a une relation certaine entre ce récit et celui par lequel s’ouvre, dans les synoptiques, l’histoire de la passion (M4., 26,1-5. Mc., 14,1-2. “Lc., 22,1-2), principalement sous la forme que lui donne Matthieu. Deux éléments particu- ‘ liers au récit de‘Jean peuvent difficilement être tenus pour primitifs. Le premier est le fait que la séance du sanhédrin est mise en relation avec
du grand-prêtre. Il est dit au verset 47 : « Cet homme fait beaucoup de miracles. » On ne voit pas bien comment cette expression pourrait être rapportée à la seule résurrection de Lazare.
Il pourrait y avoir eu iei une transformation du texte destinée à relier. l’épisode de la séance
du sanhédrin à l’histoire de Lazare. Il est même
difficile de regarder la parole du grand- prêtre
* comme un élément primitif de la tradition. Les
synoptiques ne l’ont eertainement pas trouvée dans leur source, sans quoi ils n ‘auraient pas
manqué de la reproduire. Il faut a] jouter que cette
parole a un caractère théologique très accentué et que le grand-prêtre, à qui elle est attribuée, est appelé Caïphe et non, comme ce semble
avoir été le cas dans la tradition. johannique primitive, Hanne!. ‘
Par contre, la crainte d’une intervention romaine pourrait bien être un élément de la tra-
dition primitive laissé de côté par les synoptiques. Jean Réville-(p. 225) et Loisy (p. 356) remarquent que cette idée contredit la manière
toute intérieure et spirituelle dont le quatrième
évangéliste conçoit la messianité de Jésus. L’argument à lui seul ne suffirait pas pour nous