‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 166 sur 192 · Des tentatives comme celles de BeyscaLac (Neutesta · texte numérisé non relu

Des tentatives comme celles de BeyscaLac (Neutesta

. mentliche Theologie, II?, Halle à. S., 1896, p. 414-479) ou de

FuLLiQUuET (La pensée religieuse dans le Nouveau Testament,

Paris, 1893, p. 437-500) pour expliquer la pensée johannique

par la psychologie de l’apôtre Jean, nous paraissent manquer de base critique.

non a ce qui tue tant 4 Re RO, ique au paulinisme, le sentiment d’une con- trainte, d’une prise de possession du RE

par une force à laqueHe il est Pa de

résister. L’âme de Jean était, si l’on peut s’expri-

mer ainsi, nn chrétienne, elle n’a eu,

pour arriver à la foi, à triompher d’aucun

obstacle. Il n° y a, en atoulis aucun indice que l’évangéliste ait dû vaincre un En

ra us niv note qui Me le sien. re La prédestination nationale des Juifs Ne E remplacée, chez lui, par la prédestination reli-

gieuse des élus. L’humanité se divise en deux

v CA

groupes bien distincts : les enfants de Dieu et. Fr |

les enfants du: diable. Le sentiment d’appartenir

à une élite est un des traits distinctifs de la piété johannique.”

La préoccupation missionnaire n’a pas une

grande place dans l’évangile. Jean ne s'adresse

qu'aux fidèles, il veut les amener à prendre

une conscience plus nette de leur foi et les pro- téger contre les objections de leurs adversaires.

Mais ces adversaires, il ne paraît pas chercher

à les gagner, il se borne à prendre acte ie leur incrédulité.

La piété johannique s’attache beaucoup plus à ce qu'est le Christ qu’à ce qu’il fait. Cela est marqué très nettement par la prépondérance des discours qui sont bien plus des exposés, en partie polémiques, de ce qu'est Jésus que des appels adressés au peuple ou des explications de l’œuvre du Christ. |

Les indications et les prescriptions relatives à la conduite des Chrétiens ont peu de: place dans le quatrième évangile. Il n’y a pas de morale johannique, ou plus exactement, toute la morale se réduit au commandement d’amour.

La piété johannique est, avant tout, une piété mystique dont toutes les expressions restent en deçà des expériences du fidèle (WEINEL, p. 581).: Elles gardent quelque chose d’incommunicable. Elles dépendent uniquement de Dieu. La rédemption du eroyan. est moins la conséquence d’un acte accompli dans le passé que la présence actuelle du Christ dans sa vie. Le fait que le Christ, manifesté dans l’humanité, reste l’intermédiaire indispensable de la communion avec Dieu empêche le mysticisme johannique de sombrer dans le panthéisme et sauvegarde son caractère éthique. Ce caractère apparaît aussi ‘dans le fait que le mysticisme johannique ne s'accompagne ni d’extase, ni d’ascétisme.

I1 peut senibler qu’il y ait une certaine con-

C alor à ds ii po très rigide d taines des formules dogmatiques qu'il Rio RE contradiction toutefois n ’est qu apparente. « Elle s’explique par le fait, que c’est sous lin- a + fluence de la polémique que ces formules ont | été employées ; elles apparaissent ainsi comme des machines de guerre dirigées contre les | enne- : a À mis de la foi. | | OR PS OP ERTE

\ fe w : NA . III. — LE CONTENU DE LA PENSÉE JOHANNIQUE 19 L’Evangile et l'Ancien Testament’

Û : 4 i han

Jean voit dans l'Evangile la réalisation dece qui était préfiguré dans l'Ancien Testament.

Si complète que soit la rupture avec le judaïsme, rien n’est plus étranger à la pensée de l’évangé- : liste que l’idée d’un désaveu du passé religieux a d'Israël : « Le salut vient des Juifs » (4,22) Le 00 Messie est « celui de qui Moïse et les prophètes ont écrit dans la Loi » {1,45. Cf. 1,49 : 5,46.47 du,

d'A: THomaAs, Das Alte Testament im Johannesevangelium, : | .Z. f. wiss. Th., 1880, p. 18-66, 171-223, 273-312 ; FRANKE,

LA Das Alte T'esiament bei Johannes, Gaœttingen, 1885 ; ‘A. FAURE, A Die alttestamentlichen Zitate im vierten Evangelium und die l Quellenscheidungshypothese, Z. N.T.W., XXI, 1922, p. 99- 121.

tre Le an a Testament Moïse a donné la Loi, mais c’est par Jésus Christ que x! sont \ venues la grâce et la vérité ( 17 je SR

20 La notion Dion .

Tout ce qui est définition ‘théorique de la = notion de Dieu reste singulièrement vague. Bien qu’une révélation de Dieu par la nature soit | 2 théoriquement possible, {1,4), l’homme n’en ayant pas profité, Dieu reste pratiquement

inaccessible (14 18 : 5,37 $. ; 6, 46 ; 17 25):

La notion de Dieu est inséparable dans le quatrième évangile de celle de révélation. Le Dieu révélé apparaît comme unique (5,44 SR : 17,3), comme possédant seul la vie (5,21.26 ; 6,57). Il est Esprit (4,24), ce qui fait de lui las source de toute action et de toute vie religieuses. # Il est constamment actif (5,17)°. La notion johannique de Dieu garde quelque. chose de

1. La déclaration de 10,8 ne vise pas les prophètes de l’An-, * cien Testament, mais seulement les prétendants messianiques, : et peut-être les prophètes et prédicateurs païens.

2. Cette idée qui contredit la conception juive de Dieuaun équivalent exact chez PHILON, Leg. Alleg., I, 3 (5).

ne A un contenu po ra Neut. TRISTE. 438): Avant d'indiquer quel « est son rôle, il convient d’ analyser la “conception

johannique du monde. ee

Jean a du monde, qu’il ne définit pas directe-

ee mnetion que le Christ ête le pate du RIRE (1,29) donne une première détermination : le monde est pécheur. Le péché. apparaît comme l’état des hommes avant l'apparition du Christ. On peut l’appeler latent ou passif pour l’opposer

péché n’ést pas précisée. On peut cependant induire des indications du prologue (1,6.9-10)

peut appeler la révélation naturelle du Logos à l’ humanité. à a

positive. Celle-ci existe, au contraire, dès qu’il

* * er: ar NS 44 d 80 Le monde, le péché, la chair, ténèbres et hunière; ne

\. | ment, une conception très pessimiste. Le monde . actuel sn Re à un autre monde ue est ce

au péché actif qui est le refus du salut offert par le Christ. La relation entre ces deux formes de

k que le péché latent résulte du rejet de ce qu’on

y a rejet de la révélation apportée par le Christ

Le péché latent n'implique pas de culpabilité

FD PALAU sur Si, (8, 17. 36 : 12 en Il ne. See pas la vie qui n’est un Sttrbut que de Dieu et. Rte de Christ (3,16.36 ; 5,24). Le monde est ténè- 5 bres, par là, il ‘s'oppose à AE lumière céleste 3 4108 (1,5; 3,19; 12,46) !. PR ee | A La chair qui, comme le péché et les (ténèbres, ge caractérise le monde, est moins une puissance :

mauvaise et: corrompue, comme chez Paul,

qu ‘un état d’ impuissance. Lu La ne sert de se à rien (6,63). Ce qui est né | à la vie véritable (3, 6. Cf. 1,18). L' identification. de la chair et du péché est exclue Dar le fait que le Logos est devenu chair (1,14) ‘et que cette chair donne la vie au monde (6,51 s.). |

. Le dualisme de Jean n’est ni fondamental, ni a irréductible. C’est la constatation d’un fait dont #P origine n’est pas recherchée.

EE 40 La christologie

Le Christ johannique est à la fois créateur, révélateur et rédempteur. Son rôle créateur est

1, L'opposition des ténèbres et de la lumière n’est pas figurée, c’est celle de deux mondes. L’un céleste, qui est d’essence lumineuse, l'autre terrestre, qui est ténèbres et mort. Cf. WErs

FH Ho Ich bin das Licht, p. 171 Se ‘

1 eu à $ 81. :

3 ‘naissance du Père et celle du Fils sont étroite- 4 la vie éternelle (17,3). RL A date )

(WEINEL, p. 587). La détermination de ce qu'est le Christ n’a d’intérêt et d’importance

… explique son rôle révélateur et rédempteur.

portance qu’il donne à sa personnalité céleste ne la fasse oublier. Il n’y a, chez lui, aucune . trace de la croyance à la naissance surnaturelle.. Disciples ‘et adversaires de Jésus s’accordent Rec pour voir en lui le fils de Joseph (1,45 ; 6, 42 ;

Pate pas. Le tite a la révélation. par 4 le Christ résulte de la position qu’il oceupe par D rapport à Dieu (6,46 ; 8,55 ; 17,25). Cette révélation est celle d’une personne (14, 9). La con-

La christologie johannique est SRE PTE ment la traduction d’une expérience religieuse À

que dans la mesure où la nature du Christ

L’évangéliste insiste beaucoup sur l’humanité ‘ du Christ‘, comme s’il voulait éviter que l’im-

ment associées (5,37 ; 8 ,19); et c’est dans cette double, mais unique connaissance, que consiste

“e LA

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