Sans parler du prologue 1,1.18' (où la lecon RE
« Moi et le Père nous sommes un » est commentée par les auditeurs de Jésus en ces termes : « Etant homme tu te fais Dieu »'. La conclusion du développement : « Comment dites-vous : tu blasphèmes, parce que je dis : je suis le Fils de Dieu ? » établit l’équivalence des trois formules « Moi et le Père nous sommes un », « Dieu » et « Fils de Dieu ». C’est donc dans un sens extrémement plein et riche que doit être entendu le ‘terme de « Fils de Dieu » qui semble bien être Pexpression de prédilection du quatrième évangéliste ?.
La notion de la filialité divine s’exprime notamment par l’emploi des termes de « Père » et de « Mon Père ». La relation entre Jésus et Dieu n'est pas seulement d’ordre’ moral, elle
1. La suite de la discussion montre que l’évangéliste argumente contre les Juifs qui reprochaient aux Chrétiens de donner à Jésus le titre de Dieu.
2. BousseT, Kyr. Chr., p. 156 s. Le terme de « Fils » se rencontre (soit sous la forme pleine « Fils de Dieu », soit sous la forme équivalente « Fils du Très Haut », soit sous la forme absolue « Fils ») 30 fois dans le quatrième évangile, 30 fois aussi dans les synoptiques qui représentent une longueur 8 fois 1 /2 plus grande, Il est 4 fois plus fréquent chez Jean que chez Paul. L’emploi du terme de « Fils » est 4 fois 1 /2 plus fréquent dans les deux premières épîtres de Jean que dans l’évangile, ce qui tient à ce que les épîtres ont un caractère exclusivement théologique, tandis que l’évangile est, pour la forme au moins, mi-théologique mi-historique.
munion Re arte et? Far ER ; consistant dans l’amour réciproque et dans limitation du Père par le Fils. L’insistance avec ss laquelle l’évangéliste revient sans cesse sur cet ordre d’idées prouve que nous avons affaire ici à une des notions fondamentales de sa pensée, ou, mieux, à une des données essentielles de son expérience religieuse (1,18 ; 5,21 ; 10,88 ete)... La même place revient au Père ee au Fils dans ee QE piété et dans le culte des fidèles (5,28 ; 12,44; | 2/18:20 ; 14, 1.9) (Bousser, Kyr. Chr., p.157). UC est sur le terrain religieux que s’est dévelop- pée cette conception, puisque tantôt l'unité du - Père et du Fils est expliquée par un amour du Père antérieur à la création et, par conséquent,
indépendant de l’œuvre accomplie par le Christ (3,34 s.; 5,20 ; 17,23.24) et que tantôt, au contraire, elle apparaît comme une conséquence de
l’obéissance du Christ (10,17).
Wetter! a proposé une explication qui peut se concilier avec celle qui vient d’être indiquée. Il part de l’idée que la notion du « Fils de Dieu » n’est pas spécifiquement chrétienne mais qu’elle .