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dans le milieu où il vivait. Il se pourrait cepen-
dant que ce disciple fût un personnage purement
idéal. En tout cas, il est sans rapport quelconque avec un apôtre et spécialement avec Jean, fils de
Zébédée. Ce que l’évangile lui-même-nous révèle.
sur son auteur est résumé par Loisy dans la for-
mule suivante : « C’est un croyant qui ne semble pas avoir le moindre souvenir personnel de ce . qu'ont été la vie, l’enseignement et la mort de
Jésus. C’est un théologien aussi étranger que | Sernq
possible à toute préoccupation historique, au souci de ce qui est matière de fait, qui n’éprouve
pas le moindre scrupule à adapter la tradition à
sa doctrine. Cet évangéliste n’est qu’un témoin
spirituel » (p. 129). C’est sans doute au commencement du second sièele qu’il a écrit.
Des idées de Réville et de Loisy on peut rap-
procher celles de Wrede (Charakter und Ten-
denz des Johannesevangeliums, Tübingen, 1903, reprod. dans Vorträge und Studien, Tübingen,
1907, p. 178-231), de Jülicher (Æinl., 1906), de
Heitmüller (Schriften, 1906, * 1918) et d’autres. Malgré des différences qui ne sont pas négligeables et les points de vue assez divers auxquels
se placent ces critiques, ils aboutissent à un cer- tain nombre de conclusions identiques. Ce consensus des critiques libéraux et indépendants au début
du xx® siècle, porte sur les points suivants : s 4
19 La lies extérieure sur Eee L sans valeur. Elle est le résultat d’un travail fait
a posteriori pour justifier l’autorité du livre.
20 L’évangile n’émane ni directement ni indirectement d’un témoin oculaire. Il ne provient donc pas de l’apôtre Jean.
80 Les préoccupations de lévangéliste et son inspiration ne sont pas d° ordre historique et bio-
graphique mais d'ordre apologétique, didactique et théologique. 1
49 T’auteur a utilisé la oi ARR en en usant très librement à son égard et en
l’adaptant à ses besoins. 5° Les déviations que son récit présente par
rapport à cette tradition sont le résultat de cette adaptation et ne résultent pas de l’emploi d’une
ou de plusieurs sources particulières.
60 Les discours du Christ johannique expriment la pensée de l’évangéliste.
pour la Vie de Jésus une source qui puisse être
7° Le quatrième évangile n’est done pas
utilisée conjointement avec les. synoptiques,
encore moins une source qui doive leur être pré-
RiGrée: - | <
C’est contre ce bloc que l’apologétique faite
porter son effort au commencement du xxe® siè-
cle. Elle ne produit pas, à cette époque, d'œuvre
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bien considérable. Le commentaire de Bernhard”
Weiss dans sa dernière édition, celui de Zahn qui devait paraître un peu plus tard, le chapitre de Paul Feine dans son Introduction (Einleitung in das Neue Testament, Leipzig, 1913, p. 173 s.) ne font, en somme, que confirmer des positions déjà prises. Dans l’abondante littérature pro-
voquée par l’ouvrage de Loisy, on ne peut guère citer que les travaux de Lepin (L'origine du
guairième évangile, Paris, 1907 ; La valeur historique du quatrième évangile, Paris, 1910) qui
aient, au point de vue scientifique, un peu plus a 11
de valeur que le décret du 16 décembre 1903 par lequel le Saint-Office condamna le Quatrième évangile de Loisy en même temps que diverses œuvres antérieures du même auteur ‘.
L'ouvrage du Père Calmes (L’évangile selon Saint Jean, Paris, 1904, 2e édit. réduite, Paris, 1906) ne doit pas être confondu avec cette litté-
rature de circonstance vouée à un rapide et com-
plet oubli. Un tel livre ne serait plus possible