‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 17 sur 192 · PS TT NAS EU SP · texte numérisé non relu

PS TT NAS EU SP

Je d

Abe PMU QUATRTÈNE ÉVANGILE

B Was (Bin 4. d'N. TE Beclie 189 EU Jesu*, Berlin, 1902, Evangelium Johannis, dans

le Commentaire de Meyer, 11°, 1902): insiste

aussi sur ce que la vie et l’enseignement de Jésus

sont vus par Jean sous un angle très spécial et

sur ce que, dans les discours, la pensée du dis-:

ciple est mélangée à celle du maître. Grau écrit .

que les souvenirs de Jean sont différents de sou-

venirs historiques et qu'ils sont plus élevés

(Entwickelungsgeschichte des neutestamentlichen

-Schrifttums, Gutersloh, 1871, 11, p. 382). Bey-

schlag (Zur johanneischen Frage, Halle, 1875 ; cf. Leben Jesu, Halle, 1885-1886, 1893 ;: Neutestamentliche Theologie, Halle, 1891, * 1896}

admet que l’évangile est conçu d’un point de

vue idéal et que Jean s’est attaché à l'esprit plus qu’à la lettre de l’enseignement de son maître. Resch (Ausserkanonische Paralleltexten zu

den Evangelien, IV, Paralleltexte zu Johannes,

1. Sur le caractère subjectif des discours, voir encore B. Weiss, Die Reden Jesu im Johannesevangelium, Siudierstube, 1909, p. 563-579, 628-639, 688-691 ; P. EwarDp, Die subjektive Form der johanneischen Christusreden, N. k. Z., 1908, p: 824- : 858. Par contre, la pleine authenticité des discours est soute-

nue par H. Meyer (Les discours du quatrième évangile sont-ils ‘.

des discours historiques de Jésus ? Thèse, Montauban, 1872) et par WerzeL (Die geschichtliche Glaubwürdigkeit der im Evan-

gelium Johannis enthaltenen Reden Jesu, N.k.2Z., 1903, p. UE 692, 809-842). et

Lips 1896, D: U.. XIV, 2): pense que Jean a écrit son évangile vers 70 pour compléter les synoptiques, mais qu'il a composé dans une sorte d’extase qui le rendait incapable de distin-

-guer entre ses souvenirs et ses visions. Loofs, | enfin (Die Auferstehungsberichte und ihr Wert, Tübingen, 1898, p. 83 s.) pense que l’ évangéliste a écrit si longtemps après les événements qu’il . voulait raconter que ses souvenirs n'étaient qu très nets. pe

Quelques auteurs ont cru ne pouvoir défendre l'authenticité de lévangile qu’en s’écartant des vues traditionnelles. Parmi ceux-là, il suffira de nommer H. Delff (Die Geschichte des Rabbi Jesu von Nazareth, Leipzig, 1889 ; Das vierte Evangelium, Husum, 1890)! qui pense que l’évangile primitif, défiguré actuellement par des inter- polations, était une œuvre purement palestinienne composée par un certain prêtre Jean, -membre d’une riche famille sacerdotale de Jérusalem.

Les pages qui précèdent laisseront, sans x

doute, l’impression que, dans la dernière partie

du xixe® siècle, la critique johannique a donné

+ seulement le spectacle de son impuissance. Pour-

tant les premières années du xx° siècle ont vu

CINE): HOLTZMANN, Pen Delff und das vierte Evange- is Se

ee f. wiss. Th., XXVI 2, 1893, p. 503-507.

nn.

paraître sur le Aro Sn plusieurs

‘œuvres d’ensemble qui synthétisent les résul-

tats de la critique du xix® siècle et en dressent en quelque sorte le bilan. Nous voulons parler

er

principalement des travaux de Jean Réville et

de Loisy.

Jean Réville n’a pas cessé, pendant toute sa carrière scientifique, de s’occuper du quatrième

évangile *. Il n’y a, selon lui, rien à espérer de l'étude de la tradition. La manière très lente.

dont l’autorité apostolique du quatrième évan-

gile à été reconnue exelut sa composition au

grand jour par le dernier survivant du cercle apostolique.

Au point de vue des idées, l’étude de l’évan-

gile révèle un contact direct entre la pensée johannique et la philosophie judéo-alexandrine. Le Christ du quatrième évangile est le Logos incarné. Les particularités du récit johannique

ne doivent pas être expliquées par des traditions historiques inconnues des synoptiques, ce sont

des adaptations et des déformations allégoriques

des faits. On ne peut donc tirer du quatrième

1. Le Logos d’après Philon d'Alexandrie, Genève, 1877 ; La doctrine du Logos dans la quatrième évangile et dans les œuvres de Philon, Paris, 1881 ; Le quatrième évangile, son origine et sa

valeur historique (Biblioth. de V'Ec. des Htes Et., Sc.’rel.,t. XIV), Paris, 1901, ? 1902.

rs

évangile aucun renseignement historique. C’est un livre sur Jésus et non une histoire de Jésus.

Le dilemme synoptiques-quatrième évangile doit

être résolu dans un sens entièrement favorable aux trois premiers évangiles. Dans le récit johannique, le plan tout entier de la vie de Jésus est bouleversé. Un drame abstrait est substitué à une histoire réelle. s$ Le chapitre 21 a été ajouté après coup pour rattacher l’évangile à l’apôtre Jean que l’on a cru reconnaître dans la déclaration de 19, 85. Jean Réville pense que le quatrième évangile a

. dû être écrit entre 100 et 125.

Le commentaire qu’Alfred Loisy, encore prêtre à ce moment-là, fit paraître en 1903 (Le quatrième évangile, Paris, 1903, sur la seconde édition de cet ouvrage, voir plus loin, p. 62 s.), marque, au jugement de H.-J. Holtzmann (Theol. Litzg., 1904, col. 405), une étape importante dans la voie jalonnée par les travaux de Baur, de Strauss, d’Hilgenfeld et de Keim. Pour Loisy,. la. question d’auteur est secondaire, ce qui importe c’est le caractère même du livre. L’examen de la tradition ne conduit à aucune conclusion certaine. Il y a eu probablement substitution de Jean l’apôtre à Jean l’Ancien qui vécut à Ephèse et portait le titre de disciple du Seigneur. Et même la composition de l’évangile par

LE QUATRIÈME

ce Jéan l’Ancien ne peut êhie répare comme

étant au-dessus de toute contestation.

Si la critique n’a pas abouti à des résultats qui s'imposent, deux points, cependant, peuvent, d’après. Loisy, être considérés comme acquis : c’est que la question d’historicité prime le question d’authenticité et que l'intérêt didactique domine la préoccupation historique. Quant au

- fond, l’évangéliste, pour rendre l’idée du Christ

plus intelligible à la pensée grecque, a réalisé une synthèse entre l’enseignement apostolique et la doctrine du Logos. Très différent des synoptiques, le quatrième évangile ne prétend pas combler les lacunes qu’ils présentent mais se superpose à eux comme une philosophie religieuse et mystique qui fournit l’explication transcendante de leur contenu. La majeure partie des récits johanniques repose sur la tradition synoptique ; là où ils semblent s’en écarter, il n’y a pas lieu, malgré la précision apparente de certains détails, de supposer l’utilisation de traditions particulières, il n’y a qu’élaboration doctrinale des matériaux synoptiques. Si la préoccupation alégorique pénètre ainsi les moindres détails de l’histoire, c’est que l’évangile est, avant jou une allégorie du Logos.

Le rédacteur du chapitre 21 a identifié l’auteur de l’évangile à un personnage bien connu

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