HernRict, Die Hermesmystik, p.33 s
2. WETTER, Ich bin das Licht, p. 177 s. ; REITZENSTEIN, Die Gôüttin Psyche in der hellenistischen und frühchrislichen Lileratur, Heidelberg, 1917 (Sitzber. d. Heid. Ak. d. Wiss. Ph-Hist. KI., 1917, 10.)
40 Les Odes de Salomon
Harnack ! reconnaît les idées les plus caractéristiques de la théologie johannique dans les Odes de Salomon, non séulement dans ce qu'il en considère comme les parties chrétiennes mais dans ce qui en est, pour lui, le fond juif. Il y aurait donc eu, dans le monde juif, un cercle de mystiques dont les idées et les sentiments auraient préparé le quatrième évangile. L’hypothèse sur laquelle s’appuie Harnack, celle d’un document chrétien remanié par un interpolateur chrétien, se heurte à trois objections principales qui sont l’incontestable unité de pensée et.
d'inspiration du recueil, son caractère lyrique qui ne comportait pas de développement logique rigide et, enfin, la fiction qui, mettant les Odes sous le nom de Salomon, obligeait à n’y introduire les idées spécifiquement chrétiennes que sous une forme enveloppée. Si les Odes sont un document chrétien homogène, elles ne peuvent dater que d’une époque relativement récente, ainsi que le prouve la forme évoluée sous laquelle l’idée de la naissance surnaturelle s’y rencontre
1. HARNACK, Ein jüdisch-christlicher Psalmbuch aus den ersten Jahrhunderten, Leipzig, 1910 (T. U., Dritte Reihe, V. 4), p: 118 5., cf. p. V. Sur les affinités entre la ue, johannique et la Puce des Odes, voir BERT, p.755.
# LA PENSÉE RELIGIEUSE DE L'ÉVANGILE 525 (Ode 19,6-10). Dans ces conditions, s’il y a, coimme cela paraît probable, une parenté entre
le quatrième évangile et les Odes, la dépendance doit être du côté des Odes.
VI. — LA PLACE DE LA THÉOLOGIE JOHANNIQUE DANS L’ÉVOLUTION DU CHRISTIANISME PRIMITIF
19 La théologie johannique et l’enseignement de Jésus
Rappelons les différences que nous avons * signalées entre Jésus et le quatrième évangéliste, à propos de l’eschatologie (p. 502 s.). Nous verrons plus loin (p. 540), que Jean a eu, à l’égard du judaïsme, une toute: autre attitude que celle de Jésus. Une troisième différence a trait à l’attitude à l’égard des pécheurs. Si une certaine prédestination est impliquée dans la notion des appelés et des élus, l’essence même de l'Evangile de Jésus est l’appel des pécheurs à la repentance. Au contraire, la notion du Sauveur des pécheurs est étrangère à la pensée johannique’. C’est pour ses brebis seulement
1. HOLTZMANN, Neut. Th., II, p. 522 ; Bousser, Kyr. Chr., p. 183. VostTE (R. P., 1917, p. 587 s.) tente d’atténuer la portée
que parle et qu’agit le Christ dans le quatrième évangilé. Seuls, les enfants de lumière peuvent venir à lui (3,9). Ceci a pour conséquence un rétrécissement très sensible de l’amour chrétien qui est restreint aux frères (13,34; 15,12.17.
WELLHAUSEN, p. 112, n. 2; WEINEL, p. 107).
20 La théologie johannique et le paulinisme*
Nous avons vu (p. 476) que le johannisme suppose le triomphe de l’universalisme paulinien. La notion de l’Esprit dépend aussi très nettement de la conception paulinienne (MaAu- RICE GOGUEL, Not. Esprit; p. 157 s.). Il n’est plus question, dans le quatrième évangile, des phénomènes pneumatiques qui ont occupé tant de place dans la vie du christianisme primitif et, si le paulinisme n’était pas là pour servir d’intermédiaire, on en serait réduit à se demander comment le mot d’esprit peut dosigner à la fois la source des phénomènes de glossolalie et
de ce fait en disant que ce qui manque dans le quatrième évangile, ce n’est pas la doctrine synoptique de la repentance et du pardon des péchés, mais la terminologie de cette doctrine.
1. JÜriCHER, p. 356 ; BoussEer, Kyr. Chr., p. 180. Malgré certains contacts d’idées, mais non d’expression (p. ex. entre Jn., 8, 43 et Rom. 6, 16 ; Jn., 3, 13 et Rom., 10, 6 ; Jn., 12, 38 et Rom., 10, 16), on ne peut considérer comme établi que le quatrième évangéliste ait connu les épîtres de Paul.
d’extase et le Paraclet johannique. Paul a connu les phénomènes pneumatiques ; il a vu en eux la démonstration du christianisme, il les a considérés comme la manifestation d’une: vie nouvelle en relation avec le Christ glorifié, L'identification paulinienne du Christ et de PEsprit est supposée par la pensée johannique. Elle a servi de point de départ à l’évangéliste dans sa recherche d’une formule qui traduise le rapport étroit entre le Christ et l'Esprit. Dans son essai d'exprimer cette idée, on reconnaît une tentative pour maintenir la conclusion de Paul sans suivre le chemin qui l’y avait conduit.
80 La théologie johannique et Ignace (v. p. 1145.)
L’idée de l’incarnation se trouve chez Ignace comme chez Jean, mais accentuée dans le sens de la divinisation du Christ, puisque ce n’est pas le Logos mais Dieu qui s’incarne (Eph., 7,2 ; 19,8). D’autre part, Ignace présente, sur les origines du Logos émergeant du Silence (Magn., 8,2), une spéculation totalement étrangère au johannisme et déjà proche du gnosticisme.
Il n’y a pas lieu, par contre, pour établir la postériorité de la conception d’Ignace, de tenir compte de la notion de la naissance surnaturelle (Eph., 7,2 ; 19,1) qui est étrangère à la pensée
johannique car il n’est pas certain que, sur ce point, il y ait une évolution plus avancée et non simplement la combinaison de deux explications christologiques différentes.