‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 182 sur 192 · Des conceptions analogues se rencontrent chez certains · texte numérisé non relu

Des conceptions analogues se rencontrent chez certains

gnostiques (Marcus, Evangile d’Eve, Pistis Sophia), cf. WETTER, Verherrlich., p.79.

Il ne faut pas exagérer la portée de ces analogies. Ce qu’il y a de spécifique et d’original chez Jean, ce n’est pas l’idée de la divinisation de l’homme mais l'affirmation qu’elle ne peut être réalisée que par le Christ. En second liéu, l’idée de la communion avee Dieu réalisée par la voie de la connaissance a, dans l'Ancien Testament, des racines plus directes que celles que l’on pourrait trouver dans la religion égyptienne (Ps., 91,14 s.: 185,5, 139. Jérém., 4,22 : 9,14. Es., 1,3). Assurément, la pensée johannique va plus loin que celle de lAncien Testament.

L'idée de l’unité du Père et du Fils et du Fils seul intermédiaire qui conduit au Père est irréductible au judaïsme, mais cette idée est plus étrangère encore à la prière d’Astrampsychos. Là, l’homme se fond à la divinité par la connaissance directe qu’il a d’elle. Dans le quatrième évangile, c’est le Christ qui conduit l’homme à la communion avec Dieu. Les deux conceptions sont donc bien distinctes malgré lanalogie et la parenté de leurs formules.

La notion de la glorification (13,31-32) permet de faire des constatations analogues. Un Papyrus de Londres (121,510 s.), dit : « Dame Isis, Némésis, Adrasteia, aux noms multiples, glorifie-moi comme j'ai glorifié le nom de ton fils Horus ». Il y a, comme dans le quatrième

évangile, exacte correspondance entre la glori- fication. du myste et celle de la divinité par lui (WETTER, Verherrlich., p. 42). Cette glorification du fidèle est conçue par la théologie égyptienne d’une manière extrêmement réaliste. Dans un texte du grand papyrus magique de Paris, le myste déclare avoir reçu « une nature semblable à la nature divine (isoôeoc ouai) » (REITZENS- TEIN, Die hellenistischen Mysterienreligionen ?, Leipzig, Berlin, 1920, p. 31.74). Ici encore, sans nier l'influence accessoire possible des formules égyptiennes, il faut rappeler que la pensée johannique a des antécédents plus directs dans l’Ancien Testament (1. Sam., 2,30. Ps., : 86,12 ; 91,15).

39 L'influence du mysticisme hellénistique

Le mysticisme johannique appartient au grand courant du mystivisme hellénistique (WEINEL, p. 584) !. Dans le johannisme, comme dans le mysticisme hermétique, la notion du Logos joue un rôle capital?. L’influence exercée

1. Sur l’influence de la notion grecque des Fils de Dieu, voir p. 4865.

2. KRegs, Der Logos als Heiland im ersten Jahrhundert, Freiburg i. B., 1910. Cf. LEBRETON, Les théories du Logos au

début de l'ère chrétienne, Paris, 1906, (Extrait des Etudes, t. CIV'), s

de part et d’autres par les idées alexandrines suffit pour rendre compte de ce fait t,

On peut admettre que la notion johannique de: la lumière. a été influencée par l’antique conception d’après laquelle l’âme, d’essence lumineuse, tend à s’affranchir de la matière à laquelle.elle est unie pour revenir à sa source première”. Norden (Agn. Th., p. 298 s.) a montré que la formule « Je suis la lumière » (8,12) exprime un thème courant du mysticisme hellénistique. Paul paraît le viser dans Rom., 2,19.20. Il est possible que les disciples de Jean- Baptiste l’aient développé à propos de leur maître (1,8 cf. BALDENSPERGER, Prol., p. 11). On le rencontre, enfin, dans le Poimandres (1,6 : « Cette lumière c’est moi, Noûs, ton Dieu »). De cela, on peut conclure, avec Wetter, que la formule sur la Tumière était arrêtée avant que Jean l’ait appliquée à Jésus (Ich bin das Licht, p. 197), et que ce que l’helléniste ou le Juif disait de son dieu ou du Messie qu’il attendait, Jean le dit de Jésus et dans un sens exclusif (p. 179).

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