‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 21 sur 192 · DE LA QUESTION DES SOURCES · texte numérisé non relu

DE LA QUESTION DES SOURCES

Les polémiques, vieillés de plus d’un demisiècle, sur la tradition relative à l’évangile ont.

1. Il faut encore mentionner les travaux apologétiques de Jo. HAUSSLEITER, Zwei apostolische Zeugen für das Johan- . nesevangelium, München, 1904 ; Die vier Evangelien, München, 1906. Pour lui, le quatrième évangile, écrit peu après la des- truction de Jérusalem, rapporte le témoignage, ‘commun du groupe apostolique. Le chapitre 21 est l’œuvre de Philippe et: d'André qui attestent la composition de l’évangile par ts Ë

“continué au début: 4 XXe ide sans que les

positions antérieures aient été sensiblement

modifiées. Tandis que Heitmüller, Bauer (3€ éd. du'H;-.C.,;: 10; 1); Bacon: (The fourth Gospel in Research and Debate, London, 1910), et d’autres prenaient à l’égard de la tradition une attitude assez réservée, les conservateurs, Zahn par exemple, maintenaient leur point de vue. Lewis

{The Irenaeus testimony to the jourth Gospel, Chi-

cago, 1908) et Dom Chapmann (John the Presbyter and the fourth Gospel, Oxford, 1911) défen- daient la valeur de la tradition, W. Larfeld (Die

beiden Johannes von Ephesus, München, 1914)

soutenait que Papias avait connu le quatrième évangile et qu’il l'avait connu comme l'œuvre de l’apôtre Jean.

Le problème de la critique externe sérait resté stationnaire si Wellhausen et Schwartz ! n'avaient fait valoir une tradition, de nature à

Jean. V.-H. STANTON (The Gospels as historical documenis, Part. III, The fourth Gospel, Cambridge, 1920) adopte une position très proche de celle de Calmes. La tradition ne lui

parait pas prouver l’origine johannique de l’évangile. Il le :

croit composé par un disciple de l’apôtre Jean, d’après la tra- - dition qu’il tenait de son maître. |

é e WELLHAUSEN, Das Evangelium Marci, Berlin, 1903, p. 90 ; SCHWARTZ, Ueber den Tod der Sühne Zebedaei, Abh. der. kônigl. Ges. der Wiss. zu Goeitingen, Phil.-Hist. KI., N.F., VI, 1904, p.55. =

LE QUATRIÈME

mettre définitivement fin à toute discussion sur

l’apôtre Jean en tant qu’auteur de l’évangile. C’est celle d’après laquelle lapôtre Jean aurait péri martyr en même. temps que son frère Jacques, c’est-à-dire en 44 (Voir plus loin,

À propos des travaux relatifs à la tradition, il faut encore mentionner l’hypothèse de Voelter (Mater Dolorosa und der Lieblingsjünger des Johannesevangeliums, Strassburg, 1906), d’après laquelle le disciple bien-aimé serait dans les vingt premiers chapitres Jean Marc ct seulement æ

dans le chapitre 21 Jean d’Ephèse.

En ce qui concerne l’analyse de la pensée johannique, le débat reste ouvert sur l’impor-

‘tance plus ou moins grande de l’élément hellénique ; il n’est pas sans intérêt de noter que

Wellhausen (Das Evangelium Johannis, Berlin, 1908, p. 123) a soutenu que bien que dépassant le judaïsme, le quatrième évangile s’était formé sur le terrain juif et qu’une opinion toute semblable à été défendue par Ed. Meyer (Ursprung und Anfänge des Christentums, I, Stuttgart, Berlin, 1921, p. 314 s.). ,

Un facteur nouveau, pour l’étude de cé pro blème, a été fourni par la découverte, il y a une quinzaine d’années, des Odes de Salomon, dans lesquelles on trouve un mysticisme qui n’est pas

Te x à +

3 sans anologie avec cd a quatrième évangile ?. En sens opposé, utilisant en partie les travaux de Reïtzenstein et de Norden, un théologien suédois, Wetter (Voir l'indication de ses œuvres, p. 11), a soutenu qu’il y avait une relation étroite-entre la pensée johannique et le mystjcisme hellénistique. PA :

Ce sont une série d’observations philologiques qui servent de base à la théorie présentée par C.-F. Burney qui, dans un ouvrage récent, intitulé The aramaïc Origin of the fourth Gospel (Oxford, 1922), croit pouvoir soutenir que le quatrième évangile est le traduction d’un ori- ginal araméen composé à à Antioche entre 75 et 80. Son auteur ne serait pas l’apôtre Jean mais un disciple jérusalémite de Jésus qui portait le même nom et qui avait assisté au dernier repas.

“#5 AVIII: — LA NOUVELLE‘ PHASE DU PROBLÈME JOHANNIQUE ; ; LA COMPOSITION DE L'ÉVANGILE

Les années 1907-1908 marqueront une date .

dans l’histoire de la critique johannique. C’est à ÉkCe. 1. ALBERTZ, Die neuentdeckten Oden Salomos und die johanonen Schrifion des Neuen T'estaments, Deutsch-Evangelisch,

1910 ; ATOS The newly discovered Odes of Solomon and. > 0

‘ee moment-là qu’à la suite des travaux de

Schwartz et de Wellhausen, le problème de la composition de l’évangile passe au premier plan des préoceupations de la critique.

Les désharmonies et les incohérences du récit johannique qui servent de point de départ aux

recherches de ces savants n’avaient pas échappé …

à l’aftention des critiques, mais on les avait ae soit par la négligence du narrateur,

__ soit parfois par des causes tout extérieures et

fortuites comme la perte ou le déplacement de quelques feuillets dans un très ancien exemplaire du livre ‘. Après avoir eu une certaine vogue, les

hypothèses de cet ordre paraissent maintenant

abandonnées et Spitta, l’un des critiques qui

. avaient le plus fait pour les accréditer, a renoncé

à chercher dans cette voie l’explication des faits constatés (Das Johannesevangelium als Quelle der Geschichte Jesu, Goettingen, 1910).

their bearing on the problem of the fourth Gospel, The Expository Times, 1910, WaBnirz (Un psautier judéo-chrétien du premier siècle, Revue de théologie et de questions religieuses, 1910, p.867) a cru trouver dans les Odes un argument en ‘faveur de l'authenticité de l’évangile.

1. SPITTA, Unordnungen im Texie des vierten TAN. Zur Gesch. u. Lit. des Urchr., I, Goettingen, 1898, p. 155-204;

H.-J, HoLTZMANN, Unoränungen und Umordnungen im vier-

ten Evangelium, Z. N.T. W., III, 1902, p. 50 s. ; F.:W. Lewis, Disarrangements in-the fourth Gospel Cambridge, 1910, etc.

CN

L'idée de rte dans le oo évan-

gile des documents dont la fusion aurait donné naissance au livre que nous possédons n’est pas

nouvelle. Elle a été émise, il y a plus d’un siècle,

par Eckermann et par Ammon (Voir p. 19). Plus

tard, Weisse (Die evangelische Geschichte, Leip-

zig, 1838 ; Die Evangelienfrage, Leipzig, 1856) a distingué le prologue et les discours qui auraient

été rédigés par l’apôtre et les récits qu’un de ses

disciples aurait ajoutés après sa mort en s’inspirant des souvenirs qu’il avait gardés de son enseignement. Alexander Schweizer (Das Evan-

gelium Johannis nach seinem innern Werth und

seiner Bedeutung für das Leben Jesu kritisch untersucht, Leipzig, 1841) a cru les récits galiléens ajoutés après coup. Renan, au contraire,

pensait qu’en écartant les discours on pouvait

trouver un récit excellent et c’est lui qu’il a mis à la base de-sa Vie de Jésus. Wendt (Die Lehre

4 - Jesu, I, Goettingen, 1886, p. 215 s. ; Das Johan- mesevangelium, Goettingen, 1900 ; Die Schichten

im vierten Evangelium, Goettingen, 1911) s'était rapproché du point de vue de Weisse. Entre temps, des théories diverses avaient été proposées par Delff (Das vierte Evangelium, ein

authentischer Bericht über Jesus van Nazareth,

Husum, 1890 ; Noch einmal das vierte Evanñge- Lium und seine. Authenticität, St. u. Kr., 1892,

p. 72-104) et par d’autres, mais ce qui É caractérise à

toutes ces hypothèses, ainsi que l’obsérve Jülicher (Einl., p. 354), c’est qu’elles ne sont que des essais de conciliation entre les thèses de l’authenticité et de l’inauthenticité et qu’elles

sont inspirées par des impressions subjectives.

Wellhausen et Schwartz, quel que soit d’ail-

leurs le jugement définitif que lon porte sur

leurs théories, ont bien mis en lumière la nature du problème qu’il s’agit de résoudre et insisté

sur la nécessité d'appliquer une méthode uniquement littéraire. Ils partent du fait qu'il y a

dans le-quatrième évangile une série d’obscuri-

tés, d’incohérences et de contradictions qui

établissent que l’évangile n’est pas une œuvre homogène, mais qu’il a dû subir un travail assez complexe de remaniement, de rédaction et d’interpolation. En prenant comme point de départ de l’analyse les points où l’on remar-

que des sutures ou des contradictions manifes-.

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