‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 23 sur 192 · CR · texte numérisé non relu

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tes, on He Pis cils, essayer de retrouver le fil de la narration primitive et reconnaître les diverses modifications qu’elle a subies.

Wellhausen part de la relation étroite qu’il croit constater entre 14,31 et 18,1 et qui lui paraît imposer l’élimination de la majeure partie des discours des adieux. Le passage 7,8-4 lui semble aussi caractéristique parce qu’il suppose .que Jésus n’a pas encore quitté la Galilée à un moment où plusieurs voyages à Jérusalem ont - déjà été rapportés.

L’incohérence du quatrième évangile ne peut, selon Wellhausen, être expliquée par l’hypothèse de matériaux divers transmis et collectionnés sans plan préconçu. Certains récits, en effet, émergent du chaos de la narration et constituent, en son sein, comme une ossature. Ils permettent de reconnaître le caractère original

d’une Grundschrift qui n’a pas été intégrale- ment conservée et qui a reçu des additions successives. Wellhausen ne croit pas possible de délimiter rigoureusement ce qui appartient à la Grundschrift et ce qui lui a été ajouté !. Ce qui

‘ 1. Il semble que, dans la suite, le scepticisme de Wellhausen n’ait fait que s’accentuer, quant à la possibilité d’aboutir à une analyse littéraire définitive de l’évangile. [1 nous écrivait,

à propos de notre étude sur les sources du récit johannique de la passion : « Auf das Positive lege ich selber kein Gewicht ; nur

LE QUATRIÈME nt

potes d’ ailleurs, à son avis, c’est x duuée de la Grundschrift (qu’il désigne par la lettre A) et.

“ td des additions (qui sont désignées par la lettre B),

une caractéristique générale. Le document A est la création d’une personnalité vigoureuse, une œuvre littéraire au sens plein du mot. I’auteur connaît et utilise le récit de Merc mais très à librement. Le rédacteur, ou plutôt l’ensemble des rédacteurs désignés par la lettre B, ont uti-

lisé aussi les évangiles de Matthieu et de Luc SE: |

ajouté à la narration jchanaique primitive une série de morceaux empruntés aux synoptiques afin de la rapprocher davantage du type courant de narration évangélique. Ils ont transporté en Judée le théâtre principal de l’activité de Jésus et introduit tout un système chronologique nou- ‘veau par les voyages qu'ils font faire à Jésus à Poceasion des diverses fêtes. Enfin, c’est à cette couche secondaire qu’appartiennent les discours. Schwartz, lui aussi, admet qu'au point de départ de la formation du quatrième évangile, il

das steht mir fest, dass von CRÉES de keine Rede sein kann, sondern nur von nachträglichen Ergänzungen und Bearbeituñngen » (12-38-1910). A propos du livre de Wendt, il écrivait dans la Th. Lit:g., 1911, col, 747 s. : « Der Ariadnefaden ist noch nicht gefunden und ob er je gefunden werden wird, wenn nicht ein glücklicher Zufall eintritt, lässt sich vielleicht bezweifeln:.»

y a une Grundschrift. Son auteur était un poète | dramatique d’une grande puissance et d’une grande originalité. Créateur génial, il mne:s’est $ nullement corisidéré comme lié par la tradition, SU 22 sa seule préoccupation ayant été d’entonner, en , lPhonneur de son Dieu, un chant tout nouveau. Dans la Grundschrift, les poursuites contre Jésus étaient motivées par la résurrection de Lazare et c'était Pilate qui en prenait l’initiative. Ce poème qui ne peut pas appartenir à la période primitive doit cependant avoir été composé à une date assez ancienne, sans quoi il:n’aurait pas pu prendre à l’égard de la tradition. évangélique la liberté que-nous voyons qu il a prise.

Cette Grundschrift était une œuvre beaucoup | trop originale et présentait, avec les synoptiques, -un contraste beaucoup trop vioient pour qu’elle. ait pu être conservée telle quelle dans l’Église, c’est ce qui explique l'intervention de deux écrivains pôstérieurs que Schwartz appelle l’un le rédacteur (Bearbeiter), l’autre l’interpolateur, qui ont travaillé dans le même sens, faisant perdre à l’évengile primitif son originalité et par là le rapprochant des synoptiques et le rendant utilisable pour are en l’adaptant à ses:

besoins. . | l

On le voit, sur les points essentiels. il y a

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accord entre Schwartz et Wellhausen. Il con-

vient de noter que de leur théorie résulte une confirmation explicite de la thèse libérale. sur : l’absence de valeur historique-indépendante des

données proprement johanniques puisque les particularités du quatrième évangile ne s’expli-

quent pas par l’utilisation d’une tradition parti-

culière.

C’est à des vues en somme semblables à celles de Wellhausen et de Schwartz que Loisy s’est.

rallié dans la seconde édition de son commen-

taire (1921). Dans sa première édition il avait accepté tout au plus la possibilité de quelques suppléments dans les vingt premiers chapitres et avait considéré que ces vingt chapitres .avaient pu ne pas être écrits d’un seul jet

(p. 145). Cependant, pour l'essentiel, il avait maintenu le caractère homogène de l’évangile et avait expliqué par des déformations allégoriques les particularités de sa narration telles que, par exemple, la date assignée à la mort de Jésus. Dans la seconde édition, la composition de l’évangile lui apparaît comme beaucoup moins homogène. Lui aussi croit qu’on ne peut reconstruire à coup sûr les étapes de la composition littéraire. Il se borne à esquisser les grandes

lignes du développement. Loisy considère cemme

indubitable le fait d’une rédaction composite

Cm OTRE DU PROBLÈME JOHANNIQUE

de Fenes pi se prononce Le l’hypothèse d’une compilation de documents anté—.

rieurs, contre l’idée d’une tradition johannique. distincte de la tradition synoptique et pour lPidée d’un recueil original progressivement enrichi de suppléments et retouché de manière * à prendre la forme qui l’a fait recevoir dans le canon évangélique. L’écrit primitif n’apparaît pas à Loisy — et c’est là certainement une heureuse correction des systèmes de Schwartz et de Wellhausen — comme un récit suivi et fortement charpenté, mais comme un recueil qui, n’était peut-être pas destiné à la publicité et

qui était formé de méditations sur le thème du

Christ, de sa manifestation, de son enseigne- “nent; Le travail rédactionnel a eu pour premier

objet de rapprocher l’évangile du type tradi--

tionnel représenté par les synoptiques. Il à eu ensuite pour effet de retoucher sérieusement le cadre chronologique en donnant au ministère de Jésus une durée de trois ans et demi à cause de la portée messianique de ce chiffre, et en don-

nant 49 ans au Christ pour le faire entrer dans

sa gloire au terme de sa septième semaine d’années. Le cadre ainsi constitué a été, tant bien

que mal, rempli par des os études

| additions ainsi que par un LcCpEeene plus

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considérable donné au récit du ministère jérusalémite. L’évangile johannique ainsi rappro-

ché de la tradition synoptique a pu être agréé

par l'Eglise. Il a conservé quelque chose de son

esprit mystique mais a dû sacrifier, en une cer“. taine mesure, sa transcendance et sa simplicité doctrinales. En même temps une fiction, à propos de laquelle Loisy croit qu’il faut bien parler de fraude littéraire, a procuré à l’évangile un. auteur considérable et QUE ainsi à le faire accepter.

Les théories de Schwartz et de Wellbausen reçurent un accueil assez différent suivant les critiques”. Les uns lui opposèrent une fin de nonrecevoir. Zahn, après avoir examiné les théories proposées, déclara n’y avoir trouvé aucun atome. de vérité nouvelle (Das Johannesevangelium unter den Haenden seiner neuesten Kritiken, Leipzig, 1911, p. 83). Gregory, dans une étude un peu superficielle (Wellhausen und Johannes, Leipzig, 1910) et Bernhard Weiss, dans un travail plus approfondi (Das Johannesevangelium als einheitliches Werk geschichtlich erklärt, Berlin, 1912),

1. STANTON (111, p. 44,78, 380) rejette l'hypothèse du caractère composite de l’évangile et explique les incohérences qu’on y a signalées par le fait d’une rédaction relâchée. Il admet,

toutefois, la présence, dans le livre, d’additions ue par un éditeur. ‘ |

leur opposèrent des réfutations absolues. Clemen, dans une étude consciencieuse et érudite (Die Entstehkung des Johannesevangeliums, Halle, 1912), concluait dans le mêmesens.

Divers critiques firent cependant, aux idées

de Wellhausen et de Schwartz, un accueil beau-

coup plus favorable. L'un des premiers fut Johannes, Weiss. Dès 1908 (Die Aufgaben der neutestamentlichen Wissenschaft der Gegenwart, Goettingen, 1908), il se déclarait convaincu que la période de réserve, en ce qui concerne la critique littéraire et la distinction des sources, serait bientôt terminée (p. 35). Depuis longtemps,

‘ disait-il, il doutait de l’unité de la « robe sans

couture » et depuis une quinzaine d’années, distinguait, dans son enseignement académique, entre un écrit fondamental et des remaniements.

À la couche secondaire appartiendrait, en dehors

- du chapitre 21, tout ce qui concérne le disciple bien-aimé. L’évangile primitif serait, d’après Weiss, purement palestinien et on pourrait y

voir l’œuvre de Jean Marc, le second évangile :

étant, d’après lui, à attribuer à un Marc romain

(p. 85-89, cf. Literaturgeschichte des Neuen Testaments, R. G. G., III, col. 2199).

. De son côté, Harnack (Dogmengeschichte, ge Tübingen, 1909, p. 108 s.) déclarait que l’unité - de l’évangile ne devait pas être entendue dans

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