I. — LE CADRE CHRONOLOGIQUE
Le cadre du récit johannique est marqué par.
une série d'indications relatives à des fêtes qui motivent les voyages de Jésus de Galilée en Judée. Après le prologue en Pérée (1, 19-51), Jésus vient à Cana où il accomplit son premier miracle, puis il passe quelques jours à Capernaum (2,1-12). À ce moment, une fête de
ée É Pâque, la première de celles qui seront mention-
nées dans l’évangile, est proche (2, 13) et Jésus | se rend à Jérusalem. C’est à ce moment que se” place l’épisode de la purification du Temple (2,14-25) et l’entretien avec Nicodème (3,1-21). L’évangéliste ne donne pas un récit complet de
W Æ, Ps Sn.
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ce que Jésus fait à ce moment-là à Jérusalem puisque, un peu plus loin (4,45), se rencontre une allusion à des miracles qui ne sont pas racontés. De Jérusalem, Jésus se rend au bord du Jourdain, auprès de Jean-Baptiste (3, 22). Aucune indication n’est donnée sur la durée de ce séjour mais, comme Jésus fait à cet endroit plus de disciples que Jean-Baptiste (4,1), on ne peut imaginer qu’il ne fasse que d'y passer.
De Judée, Jésus retourne en Galilée en traversant la Samarie. Les deux jours qu’il passe à Sychar (4,40.43) viennent s’ajouter au temps très court exigé par le voyage '. Arrivé en
1. Quelques interprètes ont cru trouver une indication | chronologique dans 4,35 où Jésus dit à ses disciples : « Vous dites : il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ». Un certain nombre d’interprètes (B. Weiss, p. 178 ; O. HOLTZMANN p- 114. 150 ; ZAHN, D. 253 : Casparr, Chronologisch-geographische Einleitung in das Leben Jesu Christi, Hamburg, 1869, - p. 108) pensent qu’il y a là une indication chronologique qui se rapporterait à décembre-janvier. JEAN RÉVILLE (p. 152) voit plutôt dans la parole de Jésus une allusion à un proverbe. Il la rapproche de M4., 9,37. Le., 10,2. Loisy (p. 188) objecte que l’introduetion n’indique pas que la parole visée soit un proverbe ; d’ailleurs, ajoute-t-il, un délai de quatre mois ne suffirait pas entre les semailles et la moisson ( Cf. BAUER, p. 48). Loisy et Bauer renoncent cependant à toute tentative de tirer de notre passage un renseignement positif. Malgré leurs obser- . vations, nous serions plutôt porté à voir, dans le passage considéré, ‘une allusion à un proverbe, l'introduction « vous dites » devant être comprise dans le sens de « vous avez l'habitude de dire », puisque rien n’indique que les disciples de
Galilée (4, 43- me: Ter à Cana où il opère la guérison du fils de l'officier royal de Capernaum (4,46-54). Aucun autre épisode n’est rapporté pour ce séjour en Galée. C'ést,
de nouveau, une fête qui motive le départ pour
Jérusalem (5,1), mais il n’est pas dit de quelle fête il s’agit. À ce moment, Jésus guérit limpotent de Béthesda (5,1-47) puis, sans qu’un voyage soit mentionné, il se trouve sur la rive est du lac de Gennésareth. C’est là qu’il accomplit le miracle de la multiplication des pains
Jésus se préoccupent des conditions dans lesquelles va se faire la moisson, ensuite à cause de l’analogie avec Mt., 9,37. Le, 10,2 et du fait que dans 4,37 se trouve un autre proverbe où il est question de semeur et de moissonneur (cf. BAUER, p. 48) le sens du proverbe serait « vous dites : il y a encore bien le ‘temps, pourtant le moment décisif est beaucoup plus proche que vous ne le pensez ». €
1. Le texte de 5,1 est incertain. Il se présente sous les formes suivantes : (1) àv opt Tov ‘Ioudaiwv (À. B. D. W. 6.); A) les manuscrits N. C. L. W. À. 1.33 ont ñ É0pTT ; (IT) Aa à coptTn Tv aüuoy; (IV) 131a à éootTn h sxnvornyiæ. Les trois leçons IT, III, IV paraissent résulter de tentatives faites pour diminuer le vague de la leçon I. Avec le texte II, IRÉNÉE et EuSfBE, dans l’antiquité, Lors (p. 383 s.) et CALMES (p. 217) entendent la fête de Pâque comme étant la plus importante du calendrier juif, mais, quand le quatrième évangéliste parle de la Pâque, il s'exprime en général avec plus de précision. Les lecteurs de l’évangile paraissant peu familiers avec les usages juifs, on ne peut supposer que le rédacteurait pu se contenter de simples indications qu’auraient seuls comprises ceux qui étaient bien au courant du calendrier juif. Adoptant
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(6,1-21), suivi, le lendemain, d’un discours prononcé dans la synagogue de Capernaum (6,22- 71). Une incidente, placée d’une manière un peu singulière au début du récit, précise à quelle
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époque il se rapporte. « La Pâque, la fête des
Juifs, était proche » (6,4)! L’évangéliste n’explique pas pour quelle raison Jésus ne se rend
le même texte II, ZAHN ( p- 270 s.) le rapproche de la formule employée dans 7,2 (ñ £ootn Toy Touôx{ov*à cxnvonnyia) et pense qu’il s’agit de la fête des Tabernacles. L’analogie entre les deux passages nous paraît toute extérieure et, dans 7,2, les mots % cxnvorry!{a sont trop essentiels pour qu’il soit légitime d’en faire abstraction et de se servir de 7,2 pour interpréter 5,1. Avec le texte I, GoDEeT (LI, p. 396 s.), B. Weiss (p. 193 s.) et d’autres pensent à la fête de Pourim au mois d’Adar ( mars) parce qu’elle leur paraît s’intercaler heureusement entre les mois de décembre-janvier, qui seraient visés dans 4,35 et la Pâque de 6,4. Mais, sans parler de ce que l'interprétation supposée de 4,35 a de très hypothétique. le système de Godet
. et B. Weiss suppose, ce qui est précisément en question, à ‘ savoir qu'il y a dans le quatrième évangile un système chronologique cohérent. CAsPARI (Chron.-geogr. Eïnl., p. 112 s.) pense à la fête des expiations au mois de Tischri (octobre). Son système soulève les mêmes difficultés que celui de Godet et de B. Weiss. Nous croyons plus sûr d’adopter le texte I et
. de reconnaître, comme le fait par exemple J. RÉvILLE (p. 159), qu’il est impossible de dire à quelle fête pense l’évangéliste. 1. Ce verset manque dans 850. Cyr. Orig. Ir., il est marqué d’obélisques dans 472. HorT (WESTcoTT-HorT, N. 1'., II, * Appendix, p. 76 s.) le considère comme suspect, mais sa suppression peut avoir été suggérée, à la fois par la place peu naturelle qu’il oceupe et par le désir de réduire la différence de chronologie entre les synoptiques et le quatrième évangile.
pas à ele pour 14 | fête, comme il semi
| supposer que c'était sa coutume. “ x Le séjour de Jésus en Galilée dure au moins
depuis l’époque de la fête de Pàque jusqu'à
celle des Tabernacles, donc de mars-avril (ou
plus tôt, puisque le moment du retour de Jésus
2 de Judée n’est pas mentionné) jusqu’au mois de septembre-octobre. Jésus arrive à Jérusalem à au milieu de la fête (7,14). Il y enseigne principaa) lement le dernier jour de la fête (7,37). Les dis-
cours et les discussions rapportés dans cette partie de l’évangile et la, guérison de l’aveugle-né . (9,1 s.) s’échelonnent depuis la fête des Tabernaclés (septembre-octobre) jusqu’à celle de la - Dédicace (décembre) (10,22). La retraite en . Pérée (10,40-42) et la retraite à Ephraïm (11,54- ‘æ 57) (séparées seulement par la venue de Jésus #4 à Béthanie pour la résurrection | de Lazare, 11,1-58, quine semble pas devoir être placée longtemps avant la fête de Pâques) remplissent tout l'intervalle entre la Dédicace et la Pâque, c’est-à-dire entre décembre ét mars-avril. Avec 12,1 commence l’histoire de la passion.
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