‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 97 sur 192 · Il faut remarquer que ‘quand l’évangéliste répète une · texte numérisé non relu

Il faut remarquer que ‘quand l’évangéliste répète une

proposition déjà énoncée par lui, quand, par exemple, il rappelle une parole de Jésus déjà donnée, il a soin d’en varier la forme comme s’il tenait à éviter la monotonie. ABBOTT, Gr mar, p. 4035., 426 s.

n’est pas répétée, mais FR due.

autre proposition qui, en des termes différents, exprime la même idée. Aïnsi, dans 8,16 s. & « Dieu a tant aimé le monde qu’il 2 donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne, périsse pas, mais ait la vie éternelle » » (cf. 3,86 ; 5,24).

L'emploi du parallélisme. et de le RS dans lé quatrième évangile paraît présenter un double caractère. Il a une affinité incontestable avec les procédés dialectiques analysés plus haut et qui sont en relat tion étroite avec le caractère . du mysticisme contemplatif de l’évaagéliste. Il répète les mêmes affirmations parce qu’il se com-

plaît dans la méditation des mêmes vérités. La

répétition est la démarche naturelle d’un esprit qui se plaît à revenir à la vérité qui s’est imposée à lui et à s’y arrêter. Mais cette observation n’épuise pas le caractère de la répétition, du parallélisme, de l'opposition et de l’antithèse johanniques. Ces procédés sont en rapport non seulement avec l’essence de la pensée mais encore avec son mode d'expression. Il faut penser, ici, au parallélisme des membres qui est le trait caractéristique de la poésie hébraïque. Il est incontestable que, dans certaines parties au moins du quatrième évangile, il y a un rythme

duction. Il suffit de lire, par exemple, le prologue ou les discours des adieux, notamment la prière ER ue du chapitre 17, pour s’en convaincre |

On ne sit, au premier abord, comment earac-

tériser le style johannique car il produit, tour à tour et en même temps, une série d’impres-

sions contradictoires. On peut le juger simple et naturel ou, au contraire, y trouver un art. raffiné. Il est aussi bien sublime et délicat que

monotone et lent. Tantôt on le juge riche et

- nuancé, tantôt presque indigent tant au point de vue du vocabulaire qu’à celui des moyens

d’expression. On a soutenu que la langue johan-

nique était très proche du grec classique et on

1. Dans la première édition de son commentaire, Loisy n’admettait le caractère rythmique que pour le prologue. Dans

la seconde édition et dans la traduction du N. T. (Paris, 1922), il l’admet pour d’autres parties encore, sans cependant définir

la nature exacte du rythme et les critères auxquels on pourrait le reconnaître. Une étude complète de cette question reste à faire, Il se pourrait que les études récentes sur ce point (celles que nous avons citées, I, p. 8, n. 1, et D.-H. Müzrer, Ueber die poetische Form der Reden des Herrn im Johannesevangelium, Wien, 1908 ; Das Johannesevangelium im Lichte der

. Strophentheorie, Wien, 1909), aient donné au fait du rythme “un caractère trop général.

| ct un ee trop nets pour ne pas être PE voulus. Le fait est sensible, même dans une tra-

a pu due aussi qu’un HR grec très. léger 4 couvrait seul et couvrait mal un fond sémitique. : “# A quelques exceptions près, les images sont rares et pauvres dans le quatrième évangile.

Dans la première épître qui lui est rattachée par un lien très étroit, on n’en trouve aucune. Dans l’évangile, il y en a une douzaine qui présentent des caractères assez divers. Quelquesunes sont plutôt des symboles et des allégories

que des images, ainsi « le Temple détruit et

rebâti en trois jours » (2,19), « la nouvelle naissance » (3,3 s.), «le Fils de l'Homme élevé comme le serpent d’airain » (3,14), « l’eau vive » (4,7 s.,. 7, 37 s.), « le pain de vie » (6,32). Quelques-unes ont des analogies si nettes avec des images qu’on trouve dans les synoptiques qu’on peut, sans hésiter, les attribuer aux sources de l’évangile, telles sont l’image de l’époux et de l’ami de l’époux (3, 29 cf. Mc., 2, 19) et celle de la moisson (4, 35 s. cf. Mt., 9, 87). Une « le grain de froment qui meurt » (12, 24) se retrouve chez Paul (1 Cor., 15, 36) et pourrait lui avoir été empruntée à moins que Jean et Paul n'aient, l’un et l’autre, pris l’image dans une source antérieure qui pourrait être la tradition d’une parole de Jésus. Il reste un petit nombre d'images, «l’esprit et le vent » (3,8), « ma nourriture est de faire

la volonté de celui qui m’a envoyé » (4,84), «le bon. berger » (10,15. ), « marchez pendant que

vous avez la lumière » (12, 35), « le cep et les sarments » (15, 1 s.). Elles sont si belles et contrastent tellement avec la monotonie et la couleur

un peu terne du style johannique, qu’on est porté à. douter qu elles puissent avoir été créées ” par l’évangéliste. Elles doivent avoir été empruntées à des sources. Il n’est pas inconcevable que l’origine de plusieurs d’entre elles, au

moins, remonte à Jésus.

Avec son indigence d’expression, avec sa cons-

truction inorganique, avec sa pauvreté en ima-

ges et son extrême monotonie, le style johannique fait une impression de simplicité et de

profondeur, de grandeur sublime et de poésie. Cela tient, pour la plus grande part, à ce que ce style n’est que le vêtement très simple et pres-

que transparent d’une pensée mystique très

haute. Toute préoccupation littéraire est étran-

gère à l’évangéliste. L’impression produite sur

les lecteurs est due, toute entière, à la pensée elle-même, nullement à l’action de la langue ou

du style.

C’est cette extrême simplicité qui explique

Jes jugements contradictoires portés sur la langue de l’évangile. B. Weiss (Einl., p. 562,) l’a

jugée très proche de celle des récits de l’Ancien

+. Testament, tandis que Deissmann ‘ et, après lui, Wellhausen (p. 145), y ont vu un langage plus | proche du grec classique que celui des synoptiques. Wellhausen (p. 146) nous paraît avoir heureusement caractérisé le style du quatrième

: | évangile. « La langue johannique, dit-il, se distingue par sa grave solennité. Elle s ’écarte, par +3 là, de la langue populaire de Marc, aussi bien “à 5 que de la langue un peu littéraire de Luc et se 2e rapproche de celle du Code Sacerdotal dans le

Pentateuque. La solennité du style biblique est imitée dans la parataxe, mais la liberté de la disposition des mots, liberté qui n’est pas conforme au style biblique, trahit l’imitation. Les affirmations des discours ont parfois une forme ci qui rappelle celle des oracles. Parfois, elles ne sont variées — et cela lasse un peu — que par leur forme tantôt affirmative et tantôt négative. D 7 Les paraboles sont rares. C’est en vain que l’on à cherche de la variété, des images, une forme poé- | tique saisissante, un coloris varié. La langue est remarquablement pauvre, ce sont les mêmes mots et les mêmes idées qui reviennent sans cesse ». Par sa solennité et son caractère un

1. Licht vom Osten ?-*, Tübingen, 1909, p. 94 s. Voir en particulier le rapprochement que fait Deissmann entre le style johannique et celui d’un texte liturgique se rapportant au culte d’Isis.

Mob r ppelle le . ME | par sa simplicité et son absence de recherche.’ cllefsce rapproche du style de la narration populaire s grecque. Le styie johannique représente ainsi une combinaison originale qui ne peut entière- - ment être rapportée à ni à l’ hébraïsme niàl hellé- + 1 nisme.

LUE . - 2. x

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