‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 104 sur 127 · DT SAVE RS PET AT · texte numérisé non relu

DT SAVE RS PET AT

nous est rien dit d’une participation de sa part à

+ net conjecturale. De plus « on ne: comprend

pas pourquoi le rédacteur, s’il avait trouvé dans sa source quelque chose qu'il ne voulait pasrepro- % duire, n d'aurait pas Rem à une A suppres- 4 sion.

Le narrateur se départit encore de l'extrême sobriété qui caractérise cette partie du récit pour “5 raconter les adieux de Paul aux Anciens d'Ephèse qu'il fait venir à Milet. IL explique que Paul mé | s'arrête pas à Ephèse en lui attribuant le désir ; d’être à Jérusalem pour la Pentecôte. Il est difficile de penser que l'indication ait pu être donnée) dans la source sous cette forme très sommaire. Il y était peut-être expliqué que Paul désirait être à Jérusalem au moment de la fête pour s'y rencontrer avec les chefs de l'Eglise judéo-chré-. tienne qui devaient y revenir à ce moment-là. Ce que Paul dit dans l’épitre aux Galates (4, 10. cf. Col., 2,16) des temps et des fètes rend bien difficite d'admettre qu'il ait pu attacher une importance quelconque à se trouver à Jérusalem pour k°°5 Pentecôte (Wexpr, p.329). De plus, comme rien ne ee vient entraver le voyage de Paul, il y a lieu dé penser que ses projets se sont réalisés, or ilne

la célébration de la Pentecôte juive.

La rencontre de Paul à ‘Milet avec les: Anciens

SDL se n’est ti à l'apôtre mais à été motivé par l’'embarquement ou le débarquement de marchandises, cela n’aurait pas pris plus. de temps à Paul d'aller lui-même à Ephèse au lieu d'en faire venir les Anciens. Loisy (p- 769) pense que la source parlait de la venue à Milet des délégués des églises d’Asie porteurs de la col- . Iecte et que le rédacteur a substitué à ce détail la rencontre de Paul avec les Anciens. Nous eroirions plutôt que les Actes placent à Milet la rencontre de Paul avet les Anciens pour ne pas con- tredire une tradition d’après laquelle Paul ne serait plus revenu à Ephèse après son. départ pour Corinthe. Il n’est pas douteux en effet que le discours mis dans la bouche de l’apôtre ne soit une composition du rédacteur. Il trahit chez Paul un me he sentiment si net du sort qui l'attend à Jérusalem que c’en est une prophétie à peine voilée (Loisy,

p. 714), or nous savons par l’épître aux Romains qu’au moment où il se dirigeait vers Jérusalem Paul avait si peu le sentiment d’être arrivé au terme de sa carrière qu'il formait des projets pour l’évangélisation de l'Occident. L'attribution du discours de Milet au rédacteur est en outre recommandée par le fait que ce discours rentre évidemment dans un plan systématique d’après le-

: ‘un dschms missionnaire adressé ‘aux païens Athènes: 1 A un discours adressé aux ch

obèurs den avoir JE même ‘origine.

__ Dans la suite du récit de voyage, la prophét -des chrétiens de Tyr(21, 4?) pourrait bien êt une addition du rédacteur. Elle fait double em . ploi avec celle d’Agabus donnée un peu plus loin et surtout cette sombre prédiction reste sans effet. Il n'est rien dit de l’impression qu elle produi sur Paul et il n'y est plus fait aucune allusion a é Done du ge des MOREL ke RME

l’un Sd See Loisy (p. 785) pense que il sadiCRtIOn que donne 21,9 sur ses sept filles vierges et prophétesses devait être l'amorce d’une prophétie qu'elles auraient faite sur la destinée de l’apôtre, prophétie qui aurait été supprimée pour laisser place à celle d’ Agabus. Cette explication ne nous, paraît pas s'imposer, car le détail relatif aux Le filles de Philippe peut avoir fait partie de la tra dition et avoir été recueilli pour caractériser par cn un trait connu la physionomie du personnage qu'il Ro en scène.

blet d un s épisode an ie ee sélé et

Fe À “qui se produit à Antioche à la veille d’un départ É gs de:Paul pour Jérusalem, (42,27 s.) L'épisode d’An- : tioche, nous l’avons vu ', n’est pas historique mais

on ne peut déterminer si le narrateur l’a créé de J toutes pièces ou s’il s’est borné à dédoubler un fait

qui s'était réellement passé à un autre moment et

en un autre endroit, fait qui serait précisément

celui dont nousexaminons la relation. Le dédouble-

menf serait un procédé qui répondrait assez bien he aux habitudes du rédacteur des Actes *. Cependant il y a une grave objection à faire à l’historicité de l’épisode c’est que la prophétie d'Agabus . Suppose un séjour d’une certaine durée fait par

cet arrêt avec la hâte qu'avait l'apôtre d'arriver à Jérusalem ? On peut dire, sans doute, que la foi. navigation a pu être heureuse, que Paul a pu gagner quelques jours sur ses prévisions et en profiter pour s'arrêter à Césarée, ou bien encore que désireux de ne pas trop es son séjour à Jérusalem, il n’a pas voulu y arriver plus tôt

ns Voir p. 22 * ÿ 2. Comparer le dédoublement du récit de la mission des Hel-

lénistes (8,4 et 11,19) et celui du voyage de Paul à Jérusalem (11-12 et 15).

Paul à Césarée et qu’il est difficile de concilier

| Césarée jusqu’à la veille de L . hypothèses sont fort plausibles; encore faudraitil qu'elles fussent justifiées par quelque chose dans le texte. Le narrateur qui avait parlé de

la hâte de Paul ne pouvait se dispenser de dire r

pourquoi, parvenu à Césarée, il ne paraît plus pressé d'arriver à Jérusalem. II y a donc lieu

d'attribuer le morceau considéré ‘au rédacteur |

(Lorss, p. 787).

- Peut- être toutefois la prophétie d'Agabus to ES Ÿ remplacé un élément primitif du récit. Lafin de

l'épisode est en effet rédigée à la première per- ne

sonne, alors que l’endroit où on la rencontre est 48 trop éloigné du dernier emploi de la première .

personne dans la source pour que le rédacteur ait dû employer cette personne pour souder son addi- tion au texte’ primitif. On pourrait dès lors se demander si la prophétie d’Agabus n'aurait pas pris la place d'un développement où — originairement

__Jes fidèles de Césarée qui devaient connaître les

dispositions des chrétiens et des Juifs de Jérusalem, eninstruisaient Paul et l’avertissaient des dan-

gers auxquels il s’exposait en montant à la ville

sainte. (Cf. Lorsy, p. 788.) Ce qui tendrait à confirmer cette hypothèse c ’estque les fidèles de Césarée non seulement accompagnent Paul à Jérusalem mais encore ont soin de lui assurer un logis en

ÿ ant gner par Mnason qui gera de l’héberger (27, 15-1 à n’était donc nullement certain aux yeux desc

accueilleraient bien l’apôtre. Le texte occidental a voilé cette trace que le rédacteur des Actes a laissé subsister des véritables dispositions des chrétiens de Jérusalem à l’égard de Paul et il a

__ fait de Mnason l’hôte qui avait reçu Paul dans

: quelque village entre Césarée et Jérusalem. TL, — Paur a JÉRUSALEM, SON ARRESTATION, SON PROCÈS, 27, 17-26,32.

- À leur arrivée à Jérusalem Paul et ses compa- gnons sont bien accueillis par les frères (21,17). C'est là, probablement, une simple transition. On ne peut en effet, supposer que la question des re-

vant superflu. Ensuite est rapportée une rencontre

qui eut lieu le lendemain entre Paul et ses compa-

gnons d'une part, Jacques et tous les Anciens de

l'autre. Ceux-ci, après avoir entendu le récit de

l'œuvre accomplie par Paul parmi les païens, lui

+ disent qu'il ya à Jérusalem, des milliers de Juifs

tiens de Césarée que les fidèles de Jérusalem.

lations de Paul avec l'Eglise de Jérusalem ait été immédiatement réglée, ce qui rendrait le récit sui-

Les pas paie sa. one en aussi

conseille-t-on à l’apôtre de donner une preuve de son loyalisme juif, en acceptant de se joindre, à quatre frères pour accomplir un vœu de nazie. Quant aux païens qui ont cru, on leur demande seulement de s’abstenir des choses sacrifiées, du sang, des viandes étouffées et de la porneia, c’es à-dire, sans doute, des unions à des degrés prohibés par la Loi juive (2 21, 18:25)

Il y a, nous semble-t-il, des raisons absolument décisives pour ne pas voir dans ce petit morceau un élément rédactionnel. Nous y trouvons en effet une série d'idées qui sont en complète contradiction avec les vues du rédacteur et qui, par suite,nesauraient lui être attribuées. Notons, par exemple, la prévention des judéo-chrétiens contre Paul. En second lieu tandis que, d’après le rédacteur, Paul n'a de difficultés à craindre que de la part des Juifs,nous voyons ici que la situation des chrétiens sortis du paganisme n’est pas réglée. On communique à Paul un règlement promulgué à ce sujet et qui est précisément celui auquel lui-même est censé avoir souscrit lors de la conférence de Jérusalem. Jamais le rédacteur n'aurait imaginé pareille chose. Nous sômmes donc certainement ici en présence d’un morceau qui vient de la source.

Page 1