LT ES ES ÉPÎTRES PAULINIENNES
autre ville de la province ses ennemis n ‘auraient pas manqué de l’y atteindre.
Les chrétiens de Bérée accompagnèrent Paul jusqu’à Athènest. S'ils le conduisirent jusque-là ce fut sans doute parce que Paul était malade et hors d’état de voyager seul (p. 130 s.).
Au moment où les frères de Bérée quittèrent Paul à Athènes, il les chargea, racontent les Actes, de donner à Silas et à Timothée l’ordre de le rejoindre au plus tôt (17,15). Les Actes ne disent pas qu'ils aient suivi ces instructions. D’après leur récit, c’est seulement à Corinthe qu'ils retrouvèrent Paul (18, 5). Il est cependant établi par 1 Thess., 3,1, qu’au moins Timothée vint à Athènes®. Il ne dut pas rester longtemps
1. Le voyage se serait fait par mer d’après la leçon du : ms. D. Le texte oriental qui paraît devoir être préféré ne précise pas ; l'itinéraire suivi.
2. Jon. Weiss (Urchr., p. 216) admet qu’il y a ici une lacune dans le récit des Actes.
3. K. Lake (Earl. Ep., p. 74) pense que Silas et Timothée ont rejoint Paul à Athènes et que de là ils furent envoyés, Timothée à Thessalonique et Silas à Philippes. Von DogscaürTz (Thess., p. 15) pense que d'Athènes Paul a fait dire par les gens de Bérée, à Timothée d’aller à Thessalonique et à Silas d’aller dans une autre ville de Macédoine ou de rester à - Bérée. Ceci nous paraît contredit par Actes, 17,15. VÔLTER (Stud. aus d. Wurttemberg, 1882, p. 140-170 cité par von DosscaüTz, p. 15 n. 1) et quelques autres critiques supposent qu’au début de son séjour à Corinthe, Paul serait revenu à Athènes avec le dessein qu’il ne put réaliser de retourner en
auprès de l’apôtre puisque celui-ci, dans son anxiété d’avoir des nouvelles de Thessalonique, l’envoya en Macédoine!. Silas avait sans
Macédoine et que c’est alors qu’il aurait envoyé Timothée à ‘Thessalonique. Cette hypothèse d’un second séjour à Athènes est arbitraire et superflue. JüricHer (Einl., p. 44), ZAHN, (Einl., I, p. 154), von Sopen (Urchr. Lilgsch., p. 16) et Jou. Weiss (Urchr., p. 216) pensent que Silas vint aussi avec Timothée à Athènes où il serait resté après le départ de l’apôtre pour attendre Timothée à qui un rendez-vous aurait été
donné à Athènes, ou bien qu’il l’auraitrejointen Macédoine pour
revenir avec lui à Corinthe (dans Actes, 18,5, il y aurait une petite RhpLéAion puisque Timothée seul serait venu de Macédoine). On s'appuie sur le pluriel dont Paul se sert dans 1 Thess, 3,1-2. Mais cette interprétation se heurte au fait que, si Paul avait eu avec lui Silas, il aurait difficilement pu employer l’expression « être abandonné seul à Athènes ». HADORN (Die Abfassung der Thessalonicherbriefe in der Zeit der dritten Missionsreise des Paulus, Gütersloh, 1919, p. 20) estime illégitime de supposer une erreur dans les Actes dont le récit, bien que présentant des lacunes, est pour lui homogène et exempt de contradictions. Il pense (p. 83) que ce fut au cours du troisième voyage que Paul envoya Timothée d'Athènes à Thessalonique. Nous ne pouvons avoir dans le témoignage des Actes autant de confiance que Hadorn. Il y aurait d’ail- - leurs, sur ce point, dans leur récit une lacune plutôt qu’une contradiction puisque nous admettons que Timothée rejoignit effectivement Paul à Athènes. Il nous paraît d’autre part impossible d’admettre la théorie de Hadorn sur la composition des épîtres aux Thessaloniciens (voir p. 308 s.). Notons seulement ici que le second séjour de Paul à Athènes n’est nullement indiqué dans le récit des Actes.
1. Il ne semble pas que Paul ait envoyé par Timothée une lettre aux lhessaloniciens. Sans cela l’apôtre n'aurait pas eu de raison de revenir dans 1, 2,17-3,6 sur ses relations avec eux depuis les origines cf. Jüricmer Einl., p. 48.
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doute jugé à propos de ne pas quitter la Macédoine mais d’y poursuivre seul l’œuvre commencée en collaboration avec Paul.
Du séjour de Paul à Athènes, nous ne savons rien de précis. Les Actes parlent seulement de conversations sur la place publique et dans la synagogue et d’un discours prononcé à l’Aréopage (17, 16-34). Nous avons vu (Intr., IIT, p. 267-270) que cet épisode ne peut être retenu. Les Actes ne parlent d’ailleurs pas de la constitution d’une Église à Athènes mais seulement de la conversion de quelques personnes isolées. Il semble donc que le séjour à Athènes ait été, dans la vie de Paul, une période d'inactivité au moins. relative, ce qui s’accorde bien avec l'hypothèse
1. Même la conversion de quelques individus doit être rejetée comme non historique puisque, dans Z Cor., 16,15, Paul nomme Stéphanas comme les prémices c’est-à-direcomme le premier converti de l’Achaïe. Ramsay (The firstfruits of Achaia dans The Bearing of recent Discovery on the: Trustworthness of the New Testamen®, London, 1915, p. 384- 411) a bien montré que les tentatives faites pour sauver lhistoricité de la notice d’ Actes, 17,34 en soutenant qu’Athènes ne faisait pas administrativement partie de l’Achaïe manquent de fondement. Lui-même, cependant, maintient l’historicité de cette notice en disant que, si Paul a pu nommer Stéphanas * comme le premier converti de l’Achaïe, c’est qu’il n’y avait pas eu, à Athènes, d’Église constituée. Cette explication ne peut être admise puisque ce n’est nullement comme membre d’une: Église mais à titre individuel que Stéphanas est nommé dans I Cor., 16,15.
d'une maladie de l’apôtre à ce moment-là, hypothèse rendue très plausible par les fatigues. que Paul avait supportées en Macédoine et les mauvais traitements qu’il:y avait subis.
Au printemps de 50, sans doute (p. 99 s.)l Paul partit d'Athènes pour Corinthe. Fut-i, déterminé à ce changement de résidence par le désir de quitter une ville où les circonstances ne lui avaient pas permis d’exercer utilement son apostolat, et où il n’y avait peut-être pas les conditions nécessaires pour une œuvre d’évangélisation ? Ou bien espérait-il trouver dans une grande ville commerçante comme Corinthe plus de facilités pour gagner sa vie ? La première chose que nous sachions sur le séjour de Paul à Corinthe c’est qu'il y exerça son métier de fabricant de tentes avec Aquilas et Priscille (18,1-3), ce qui peut être considéré: comme favorable à cette dernière hypothèse.
Il semble bien qu’à son arrivée à Corinthe Paul n'ait pas eu l'intention d’entreprendre une œuvre missionnaire suivie mais qu'il ait seulement voulu attendre de pouvoir retourner en Macédoine en utilisant jusque-là pour prêcher l'Évangile, les occasions que lui offrait le culte hebdomadaire de la synagogue. C’est ce que paraît indiquer le passage Actes, 18,5 qui mentionne l’arrivée de Silas et de Timothée venant
‘de Macédoine. A ce moment-là, Fr qui avaitenfin, par ses collaborateurs, les nouvelles qu'il attendait, écrivit aux Thessaloniciens la première des lettres. que nous ayons de lui *.