‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 115 sur 154 · I. — L'ÉGLISE DE THESSALONIQUE APRÈS LE DÉPART DE PAUL · texte numérisé non relu

I. — L'ÉGLISE DE THESSALONIQUE APRÈS LE DÉPART DE PAUL

Les nouvelles que Paul reçut par l’intermédiaire de Timothée qui, sans doute, ne s'était

1. Principaux travaux et commentaires (Voir la bibliographie donnée par BORNEMANN (Meyer, X$5-6, p. 1-7): Commentaires : A. ScHAEFER, Münster, 1890; P.-W. Scamtepez (H. C. II, 1), 1891, 21892 ; FINDLAY (Cambridge Bible), London, 1891 ; (Cambridge Greek Testament), London, 1904; F. Fu Theologischer Kommentar zu den Saone bn fen Her- . born, 1894; BorNEMANN (Meyer, X5-6, 1894); JOHANNES, Dillingen, 1898 ; WoHLENBERG (ZAHN, X11), 1903 ; MiziGAN, St Pauls Epistels to the Thessalonicians, London, 1908; LuExeN (Schr., 1906, 113 1917, p. 5-30); von DogscaüTz (Meyer, X?), 1909 ; Diserrus (Hdb. LIETZMANN, 111,2), 1911 ; FRAME (Int. crit. Comm.) 1912; VosTÉ, Rome, Paris, 1917. Études diverses : Lipsrus, Ueber Zweck und Veranlassung des ersten Thessalonicherbriefs, St. u. Kr., 1854, p. 905-934; -P. ScamioT, Der erste Thessalonicher brief nebst einem Exkurs über den zweiten gleichnamigen Brief, Berlin, 1885; VON SODEN,

Der erste Thessalonicherbrief, St. u. Kr., 1885, p. 263-310 ; À :

KzôPper, Der zweite Brief ah die Thessalonicher, Th. St. u, Sk. aus Ostpreussen, II, 1888; DE FAYE, De vera indole epis.

- tularum Pauli ad Thessalonicienses, Parisiis, 1892; F. ZIm.

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pas arrêté longtemps à Thessalonique’, étaient bonnes (J, 3,6). C’est avec joie que l’apôtre parle du témoignage rendu par Timothée à l'amour des Thessaloniciens, au souvenir qu'ils gardent de lui, au désir qu'ils ont de le revoir . (1, 3,6). Paul résume l'impression que lui laissent les nouvelles qui lui ont été apportées en disant que les Thessaloniciens sont son espérance, sa joie et sa couronne de gloire (J, 2,19), qu'il a été consolé et que maintenant il vit parce qu'il a appris qu'ils restent debout (J, 3,7-8). Cependant, il y avait quelques ombres au tableau.

Timothée avait remarqué certaines lacunes. dans le développement des Thessaloniciens, certaines tendances dont l’épanouissement pouvait n'être pas sans danger. Il fallait porter remède à ce que Paul appelle les « lacunes de la foi » des Thessaloniciens (7, 3,10). En ce qui concerne l'amour du prochain, ils n'ont pas besoin de l’enseignement de Paul ayant reçu celui de Dieu lui-même (7, 4,9). Leur zèle non

mer, Der Text der Thessalonicherbriefe, Quedlinburg, 1893 ;. CLEMEN, Paulus und die Gemeinde von Thessalonike, N. k. Z.. 1896, p. 139-164; Askwitx, Introduction to Thessalonicians: Epistels, London, 1902; Haporn, Die Abfassung der Thessalonicherbriefe auf der dritten Missionsreise des Paulus, Gütersloh, 1919.

1. Cela résulte, du fait que dans 1,3,2,iln’ya aucune allusion à une activité que Timothée aurait exercée à Thessalonique.

plus et leur attachement à l'Évangile n’ont pas besoin d'être réchauffés.

Pour déterminer les points sur lesquels les Thessaloniciens avaient besoin des enseignements de l’apôtre, il suffit de passer en revue les principaux développements de l’épître et d'analyser les préoccupations qui les ont dictés!.

Lake (Eat Ep., p.89: cf. Driserrüs, p. 23 s.) a cru reconnaître dans quelques passages (1, 3,12 ; 5,11. 15) des exhortations à l’unité qui indiqueraient que l'Église était divisée’, mais ces conseils paraissent trop généraux pour qu’on puisse attribuer à Paul le désir de combattre des divisions ou même des commencements de divisions. Il suffit pour s’en convaincre de comparer le ton de ces passages à celui du début de la première épître aux Corinthiens où Paul traite de la question des partis.

1. En notant toutefois, comme Digerrus (p. 15) le fait avec peut-être trop d’insistance, que certains morceaux ne sont que des exhortations générales. Paul peut aussi, au moment où il écrit aux Thessaloniciens, subir l'influence du spectacle qu’il a sous les yeux. L’exhortation contre l’immoralité (1, 4,2 s.) pourrait ainsi s’expliquer, en partie, par la répulsion inspirée à l’apôtre par les mœurs corinthiennes.

2. Nous reviendrons plus loïn, à propos de l’explication donnée par Harnack de la seconde épître, sur l’hypothèse d’ure opposition entre judéo-chrétiens et pagano-chrétiens à Thessalonique.

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L'importance de la première partie de l’épître, où Paul présente une apologie de sa personne et de son ministère à Thessalonique, donne à penser que son rôle et particulièrement “les conditions de son départ de Thessalonique étaient présentés par certains sous un jour assez fâcheux. Ce n'étaient, sans doute, pas des membres de l'Église qui propageaient ces calomnies, puisque Paul réfute seulement des accusations sans prendre à partie ceux qui les répandaient. Ceux-ci doivent être cherchés en dehors de l’Église, soit parmi les Juifst, soit parmi les païens?, Choisir entre les deux hypothèses ne paraît pas possible. Il se pourrait aussi que Paul n’ait pas su exactement quels étaient ceux qui le combattaient à Thessalonique. Mais, étant donnée l'importance du développement consacré à cette question, il ne semble pas que l’on puisse lui prêter un caractère général sans relation avec la situation de l’Église à laquelle il s’adresse. L’apôtre, éloigné de Thessalonique, pouvait craindre que les calomnies répandues contre lui ne trou-

1. SABATIER, art. Thessaloniciens, Enc. de LICHTENBERGER, XII, p. 123 ; Jüricner, Einl., p. 45; MorFaTT, 1n{rod., p. 68.

2. V. SopEN, St u. Kr., 1885, p. 302, 306 s.; SCHMIEDEL, p. 5; Zan, Einl., I, p. 156; CLEMEN, II, p. 181.

3. Comme le font SpiTraA (Zur Gesch., I, p. 113 ss von Dogscaürz (p. 107) et DiBELIUS (p. 8).

blassent les fidèles et il n’est pas nécessaire

de supposer que Timothée lui avait appris qu'il en était bien ainsi. Il n’y a, en tout cas, rien qui indique ou qui permette de supposer que l’autorité de l’apôtre ait été ébranlée ou qu’on ait cherché à lui opposer celle d’autres prédicateurs de l'Évangile. Paul ne développe ni * même n’esquisse aucune théorie de l’apostolat comme celle qu’il présentera au début de la première épître aux Corinthiens. On n’est donc pas en droit de mettre l’apologie de Paul dans la première épître aux Thessaloniciens en relation avec la crise corinthienne, comme le fait Hadorn (p. 36-48), et de tirer de Ià un argument pour soutenir que c'est au moment de la crise corinthienne que Paul a écrit les -épîtres aux Thessaloniciens.

Pour réfuter les accusations répandues sur son compte, Paul rappelle quelle a été sa conduite à Thessalonique, il fait valoir son désintéressement et montre qu'il n’a nullement abandonné la jeune Église puisque, deux fois au moins, il a voulu revenir auprès d’elle mais en a été empêché par Satan: (J, 2,18). L'apôtre rappelle encore qu'il n’a cherché à à Thessalonique ni à plaire aux hommes, ni à les flatter et que, dans

1. Les Thessaloniciens devaient savoir à quels obstacles Paul fait allusion.

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