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II. — ANALYSE DE LA PREMIÈRE ÉPÎTRE

La première épître aux Th2ssaloniciens est, au point de vue de la forme, une des plus harmonieuses qu’ait écrites Paul. La pensée très simple s’y déroule paisiblement, sans heurt et sans à coup, comme il y en a lorsque l’apôtre, quand il écrit aux Galates par exemple, est secoué par une violente émotion ou bien quand il se trouve, comme quand il éerit aux Corinthiens, en présence d’une situation complexe, qu'il doit répondre à des besoins divers et faire face à des adversaires qu’il devine de plusieurs côtés à la fois.

La situation de l’Église de Thessalonique telle qu’elle apparaît à Paul est simple et claire.

L’apôtre se sent en parfaite communion avec ses lecteurs. On le constate par le fait que quatorze fois il les appelle. « frères », que cinq fois il dit : « comme vous savez» et trois fois : «comme aussi vous le faites ».

Cependant l’épître est écrite avec émotion :

quatre fois (1,2; 2,12; 3,11; 5,23), lapôtre passe tout naturellement du ton épistolaire à la prière.

L’épître se divise en deux parties dont la première est apologétique (1,2-3,13) et la seconde parénétique (4,1-5,22).

La salutation initiale (1,1), dans laquelle Silas et Timothée sont nommés à côté de Paul est de forme très simple. L'auteur n’y prend pas le titre d’apôtre et on n’y trouve pas les développements qui caractérisent notamment les salutations des épîtres aux Galates ou aux Romains qui remplissent respectivement 5 et 7 versets.

La première partie s'ouvre par l’action de grâces (1,2-10) qui forme un des éléments réguliers des débuts des épîtres, et qui dévie tout naturellement en apologie personnelle ; l'apôtre rappelle la manière dont l'Évangile a été accueilli par les Thessaloniciens. La puissance et l'Esprit de Dieu ont agi parmi eux et ils ont accueilli le message qui leur était porté

s’est partout répandue.

L’allusion àla fondation de l’Église permet à Paul d'introduire, en évoquant ses souvenirs, une apologie du rôle qu’il a joué à Thessalo-

de telle manière qu'ils sont devenus un exemple pour les autres Églises et que leur renommée

nique. C’est après avoir été maltraité à Phi-

lippes qu’il est arrivé, il a prêché l'Évangile au milieu de beaucoup de difficultés et de luttes, mais avec fidélité, sans user d'artifices pour plaire aux hommes. Il n’a eu aucun motif intéressé. Bien plus, alors qu'il aurait eu le droit, en sa qualité d’apôtre, d’être à charge aux Thessaloniciens, il a travaillé nuit et jour de ses mains pour gagner sa vie. Il a eu pour tous les fidèles la sollicitude d’un père (2,1-12). Quant aux Thessaloniciens, ils ont reçu sa prédication pour ce qu’elle était en effet, à savoir pour la parole de Dieu. Elle a produit parmi eux des fruits qui se sont manifestés

lors des persécutions qu’ils ont eu à supporter

L’apôtre obligé de quitter Thessalonique et privé pour un temps de ceux qui sont comme ses enfants a, par deux fois, tenté de revenir auprès d'eux, mais Satan s’y est opposé. Il s’est alors

décidé à rester seul à Athènes et à envoyer

Timothée à Thessalonique. La mission qu'il

lui a confiée n'avait pas seulement pour objet de rapporter des nouvelles à l’apôtre, mais encore d’affermir les fidèles afin que les tribulations ne les ébranlent pas (2,17-3,6).

Les nouvelles rapportées par Timothée ont

rempli l’apôtre de joie: Timothée a rendu témoignage à la foi et au zèle des Thessaloniciens et dit à Paul quel souvenir on gardait de lui à Thessalonique. De ces nouvelles, Paul rend

grâces à Dieu ; il lui demande de pouvoir bientôt

retourner auprès des Thessaloniciens (3,6-13).

L’exhortation qui constitue la seconde partie 1

de l’épître porte sur divers points.

Une brève introduction présente les enseignements de l’apôtre comme le rappel de ceux

que les Thessaloniciens ont déjà reçus et mis en pratique (4,1-2) puis vient une exhortation à la sainteté (4,3-8):. Le devoir de l'amour fraternel est seulement mentionné (4,9-10°), les Thessaloniciens n'ayant pas besoin de recevoir d'enseignements à ce sujet. L'apôtre les invite à la tranquillité et au travail qui doit assurer aux membres de l'Église une vie paisible et digne vis-à-vis des gens du dehors (4,10?-12). Le 1

Le développement de 4,13-18 traite du sort

1. Sur les deux interprétations possibles de ce morceau voir p. 294 n. 1. : ;

És":

des chrétiens morts avant le retour du Christ. Il ne faut pas s’affliger sur eux, car, lorsque le Seigneur paraîtra, ils ressusciteront pour se joindre aux fidèles encore en vie et être enlevés avec eux, dans les airs, à la rencontre du Seigneur. di

Le sécond développement (5,1-11) est relatif «au temps et au moment ». Paul rappelle que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit et surprendra les hommes comme les douleurs sürprennent la femme enceinte. Il tire de cette idée une exhortation à la vigilance.

, Les derniers conseils de l’épître se rapportent. à la vie de la communauté. Les fidèles doivent avoir des égards pour ceux qui les président et travaillent au milieu d'eux (5,12-13) ; il faut reprendre les indisciplinés, exhorter et soutenir les faibles, avoir de la patience envers tous, ne pas rendre le mal pour le mal mais s’efforcer de faire du bien à tous, être constamment dans la joie et prier sans cesse (5,14-17). Une série de conseils, simplement juxtaposés les uns aux autres, clôt cette partie de l’épître 3. ils sont relatifs à l’action de grâce, à l'Esprit, à la prophétie, à l’épreuve qu'il faut faire de toute chose, à l’obligation de s'abstenir de ce qui a même l’apparence du mal (5,18-22).

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