Comme il le fait dans Z Cor
324 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
Les développements eschatologiques des deux épîtres sont, au moins, fort différents, la première disant que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit, sans qu'il soit possible d’en calculer ou d'en prévoir le moment, la seconde développant l’idée qu’il ne pourra venir tant que certains signes avant-coureurs ne seront pas réalisés. C’est aller trop loin que de parler de contradiction, comme le fait Holtzmann (Z. N. T. W., II, 1901, p. 97). La conciliation théorique des deux développements est aisée. La parousie peut être imminente, sans que, pour cela, les faits qui doivent la précéder et constituer comme les premiers actes du drame final, se soient déjà produits. L'ignorance du temps et du moment peut porter sur l’instant où le drame se déclanchera et non sur l’enchaînement de ses éléments constitutifs. Le même homme peut parfaitement, suivant les dispositions de ceux à qui il s'adresse, les exhorter à la vigilance en disant que la parousie vient comme un voleur dans la nuit ou chercher à les calmer en leur disant : « Elle n’est pas encore là ». Mais, s’il n’y a ainsi aucune contradiction réelle entre les enseignements des deux épîtres, les deux développements supposent chez leurs lecteurs non seulement un degré différent d'initiation à l’apocalyptique mais
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encore des dispositions presque opposées (HAR- NACK, p. 569).
Les situations que révèlent les deux épîtres n’ont donc aucune relation directe et, en ce qui concerne l’eschatologie, elles sont même très ditférentes. Sans doute, on pourrait concevoir que, sous l’action de causes qu’il ne serait peut-être pas difficile d’imaginer!, la situation ait changé dans l’Église de Thessalonique. Il suffirait alors, pour résoudre ce qui ne serait qu’une contradiction apparente, d'admettre un intervalle de quelque importance entre les deux épîtres. Mais c’est une hypothèse à laquelle on ne peut recourir à cause des relations littéraires très particulières que présentent entre eux les documents considérés.
La parenté littéraire est telle entre les deux épîtres, que certaines parties des évangiles mises à part, on n’en trouve de semblable entre aucun autre groupe de deux livres du Nouveau Testament, pas même entre les épîtres aux Colossiens et aux Éphésiens qu’on a pu cependant appeler des épîtres jumelles. C’est ce qui a été mis en lumière par Wrede, d’une manière qui peut être regardée comme définitive, quel que soit d’ailleurs le jugement que l’on porte sur
1. On pourrait songer, par exemple, à un enseignement donné à Thessalonique par quelque prophète. à