I. — LES ÉPÎTRES DE PAU
Les épîtres de Paul sont un des documents les plus précieux de l’histoire du christianisme primitif, c’est le seul qui soit direct et qu’on puisse dater avec quelque exactitude. Les épîtres ont donc une importance capitale, à la fois pour l'histoire du christianisme et pour celle de l’apôtre. Elles nous permettent de reconstituer, non pas sans lacunes, mais, pour ce qu’elles
pr : Ua ;, s ET 2e LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
nous révèlent, avec une suffisante précision, l'histoire de la vie et de l’activité de Paul et, "4 d'autre ‘part, nous font saisir sa psychologieet apercevoir quelque chose au moins du bouilz lonnement de sentiments et d'idées qui fut le ressort de son œuvre, la source et l'explication de son activité de missionnaire, de conducteur d'Églises, de polémiste, d'écrivain, de théolo- gien et de penseur. Au Pour aborder dans de bonnes conditions l’in-
/ me terprétation des épîtres, 1l convient de se rendre
«4 un compte aussi exact que possible de ce qu’elles 1 __ sont, de leur caractère propre, des conditions | dans lesquelles elles ont été composées, de celles
aussi dans lesquelles elles sont parvenues jus- | . qu'à nous. M * On lit dans le Canon de Muratori que ce que contiennent les épîtres de Paul, comme aussi les lettres aux sept Églises de l’Apocalÿypse, ne Lit s'adresse pas exclusivement aux Églises dont re Je nom figure dans la salutation de chaque épitre, mais que « ce que l’apôtre dit, ille dità ‘À tous » (omnibus dicil, 1.59), puisqu'il n’y a qu’une + seule Église répandue sur toute la terre (1. 55- sg
148 57): Cette conception a prévalu. L'interprétation traditionnelle a couramment fait abs- "e LUE j 1. On rencontre la même idée chez TERTULLIEN, Contra À Pi, Marcionem, V, 17. Cf. ZAHN, G. K., I, p. 2745. À pi at | s . n ! d %
riaux tout élaborés d’un système théologique.
Ainsi s'explique l'influence profonde que le
paulinisme a eue sur le développement de la pensée chrétienne et que caractérisent des noms comme ceux de saint Augustin et de Luther.
Mais cette action du paulinisme ne s’est exercée
qu'au détriment de la véritable. intelligence
de la personne et de l’œuvre de l’apôtre. Un personnage un peu conventionnel, un Docteur de l’Église a été substitué à une homme vivant. Des lettres jaillies spontanément d’une personnalité bouillonnante et frémissante dont elles traduisent les émotions, les enthousiasmes, les indignations, les colères ont été transformées en traités de dogmatique ou en encycliques et interprétées à la manière d’un code. On a voulu y trouver la solution de problèmes qui ne se posaient pas au temps de l’apôtret. Dans cette manière de considérer la littérature paulinienne, il y avait sans doute une erreur de perspective si