C’est ainsi qu’au xvure siècle, un certain Sim. FELIx
soutint devant la Faculté de Théologie de Munich une thèse sur ce sujet : Disputatio theologica utrum S. Paulus fuerit
Lutheranus ? Monachii, 1618.
traction des conditions dans lesquelles les épîtres avaient été composées, pour les consi- . dérer comme des collections de sentences et. d’oracles où la dogmatique peut puiser les maté-
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38 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
grossière qu’on n'est plus guère, au xx° siècle, exposé à en commettre de semblable. Il n’est pas moins nécessaire de fixer avec précision l'angle sous lequel il convient d'envisager les lettres de Paul.
Comme les Évangiles et les Actes, les épîtres n’appartiennent pas à un genre littéraire antérieurement constitué avec ses règles bien définies. L’épître, telle que Paul en a usé, est, à bien des égards, une création originale.
Un critique qui, depuis un quart de siècle environ, a exercé une profonde influence sur l'interprétation du christianisme primitif, Deissmann s’est attaché, dans une série de pubiications, à en fixer le caractère!. L'erreur tradi-
1. Prolegomena zu den biblischen Briefen und Episteln, dans Bibelstudien, Marburg, 1895, p. 187-252; art. Epistolary Literature, E. B., II, col. 1323-1329 ; Licht vom Osten, Tübingen, 1908, 21909, p. 100-175; Paulus, Eine kullur- und religionsgeschichtliche Skizze, Tübingen, 1911, p.55. Cf. déjà OveEr- BECK, Ueber die Anfänge der patristischen Literatur, Historische Zeitschrift, XLVIII, N. F., XII, 1882, p. 429 s. Sur les réserves qu’appelle la théorie de Deissmann voir NORDEN, Antike Kunstprosa?, Leipzig, 1909, p. 492 s.; Von WiLra- Mowirz-MorLLenporr, Die griechische Literatur des Altertums dans Die Kultur des Gegenwart, I, 8, Leipzig, 1905, p. 157 s.; Heimricr, Der literarische Charakter der neutestamentlichen Schriften, p. 70 s.; WeNDLAND, Die urchristlichen Literaturformen?, Tübingen, 1912 (L1ETZMANN, Hdb. z. INT 1,3), p. 3435. ; Jon. Weiss, art. Literaturgeschichte des Neuen Testaments, R. G. G., III, col. 2201-2208; Urchr., p. 303 se
tionnelle commise dans l'interprétation des.
lettres de Paul a été, selon lui, qu’on y a toujours vu des œuvres littéraires alors qu’elles n’en sont pas. Les traiter ainsi c’est, suivant son expression, cueillir des fleurs pour les dessécher dans un herbier. Comme l’a justement noté Bousset {Th. Litzg., 1897, col. 358), les épîtres de Paul doivent être comprisés comme des effusions du cœur et non comme des œuvres didactiques.
Tout texte mis par écrit ne constitue pas nécessairement une œuvre littéraire. Il n’y a littérature que là où il y a œuvre composée dans une forme esthétique définie en vue du public ou d’un public particulier. Les lettres ne répondent pas à cette définition, elles n’ont rien de littéraire ; elles suppléent à la conversation rendue impossible par l'éloignement, Elles sont l’équivalent d’une conversation dans laquelle l'écriture remplace la parole comme moyen d'expression. Elles ne visent pas le public mais ceux-là seuls à qui elles sont adressées. Leur contenu est aussi complexe et divers que la vie. Même si, au cours des siècles, certaines formules se sont constituées et ont été à la fin couramment employées, elles ne déterminent en rien l'essence de la lettre. Enfin, dernier trait qui n’est pas sans importance, la lettre
est essentiellement éphémère : née de circons-