‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 132 sur 154 · Contrairement à l’opinion de WENDT (Apgsch., p · texte numérisé non relu

Contrairement à l’opinion de WENDT (Apgsch., p

Ds oi

, Les Actes racontent que, peu après l’arrivée % de ses compagnons, Paul rompit avec la Synagogue et s’établit dans une maison voisine qui appartenait au prosélyte Titus Justust. La rupture avec la synagogue ne paraît cependant pas avoir été complète. On ne comprendrait pas, sans cela, la scène qui se déroule devant le tribunal de Gallion peu avant le départ de Paul. L'établissement dans la maison de Titus Justus | pourrait avoir correspondu seulement à une phase du développement de l’œuvre de Paul à . Corinthe?. Les Actes mentionnent la conversion É de beaucoup de Corinthiens, entre autres celle de Crispus, le chef de la synagogue, que Paul baptisa lui-même (7, 1,14). > … Un seul épisode du séjour de Paul à Corinthe est raconté avec quelque ampleur, c’est la comparution de l’apôtre devant le tribunal de Gallion où les Juifs l’accusent de prêcher une manière de vivre qui est contraire à la Loi, qui pense qu'à l’arrivée de Silas et de Timothée, Paul cessa de travailler pour se consacrer entièrement à la prédication de

- l'Évangile. \ ri DU

1. L’épître aux Romains (16,23) nomme Gaius le personnage : .qui donnait l’hospitalité à l’Église. On a supposé que son nom complet était Gaius Titus Justus. ws

2, Il semble cependant qu’à un moment qui doit, à peu près, correspondre à celui de la séparation d'avec la synagogue, Paul s’est trouvé en danger à Corinthe, c’est ce qu’indique la vision rapportée par Actes, 18,9-10. qui sert à le rassurer.

" te , = d Le L ; s L [A d

c'est-à-dire de se livrer à une e propagande reli- ;

gieuse qui ne peut se réclamer du judaïsme.

L’accusation était habile, car, si Gallion l'avait accueillie et reconnue fondée, la prédication de

Paul serait tombée sous le coup de la loi romaine et l’apôtre aurait dû être reconnu coupable du

crime de lèse-majesté, Mais Gallion ne vit dans le conflit entre Paul et les Juifs qu’une diver- -gence d’interprétation sur quelques points de la Loi et il refusa de s'intéresser à une question aussi subtile. Il renvoya les plaignants. Peu après cependant, Paul quitta Corinthe, il. VI

était resté dix-huit moiss.

Les épîtres aux Corinthiens donnent, sous

la forme d’allusions et d’évocations de souvenirs,

Se ue ge de es sur

comme son .. PRE si 4’ FA Y re aussi travaillé ce n’avait été que sur le fondement posé.par lui (7, 3,6.10). Il est le seul père des

Corinthiens (1, 4,14 s.) et leur Église est le

sceau, c’est-à-dire la preuve vivante de son

apostolat (1,192). SA

1. Cette durée doit être celle de tout le séjour de Paul à -Corinthe et non seulement, comme le texte autoriserait peut-

. être à le comprendre, celle de son Lenseisnement dans la maison de Titus Justus. ; 2. Les collaborateurs que Paul eut à Corinthe, Aquilas et

Priscille (Rom., 16,3), Silas et Timothée (LI, 1,19) lui furent

Re]

344 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

Les dispositions dans lesquelles Paul avait abordé le travail d’évangélisation à Corinthe sont caractérisées dans 1 Cor., 2,1 s.1 Sous l'impression des épreuves par lesquelles il venait de passer et peut-être aussi de l’état de faiblesse et de maladie dans lequel il se trouvait (p.130 5.), Paul a systématiquement renoncé, à Corinthe, aux arguments dialectiques et aux démonstrations rationnelles qui, sans doute, n'ont jamais formé l'essentiel de sa prédication mais dont il peut avoir usé en d’autres circonstances. A Corinthe, Paul a voulu laisser agir uniquement la puissance de l'Évangile, il s’est complètement effacé derrière le message qu'il apportait et ce message il le résume dans la Da ie « Jésus Christ crucifié ».

Ce caractère exclusif de la prédication corinthienne ne doit Cependant pas être exagéré.

donc subordonnés. On pourrait aussi supposer que l’apôtre les avait spécialement employés à répandre l'Évangile autour de Corinthe, Nous savons par Rom., 16,1 qu’il y avait une Église à Cenchrées ; Stéphanas est appelé (I, 16,15) prémice non de Corinthe, mais de l’Achaïe. Les Églises d’Achaïe sont aussi nommées dans 11 Thess., 1,4 et dans II Cor., 1,1, mais peut-être cette dernière mention n’est-elle pas primitive.

1. La fréquence avec laquelle le mot « vous » revient dans ces quelques versets, donne à penser que l’apôtre n’y caractérise pas sa prédication en général, mais, d’une manière particulière, sa prédication à Corinthe.

« Aux parfaits, dit l’apôtre, nous préchons une

sagesse » (1, 2,6) et, s’il ajoute qu'il n’a pu parler aux Corinthiens comme à des êtres spirituels et qu’il a dû s'adresser à eux comme

à des êtres charnels et à des enfants qu’il faut

nourrir de lait et non d’aliments solides (3,1 s.), cela ne veut pas dire que la croix, en même temps que le salut ne soit pas la suprême sagesse, cela veut dire seulement que cette idée n’a pas été, à Corinthe, au centre de son che Mens et de ses préoccupations.

La prédication du Christ crucifié n’a pas été l’unique objet de l’enseignement de Paul aux Corinthiens puisque les épîtres nous montrent les fidèles instruits sur d’autres points encore. Ainsi, à propos de l’enseignement relatif à la mort et à la résurrection de Jésus, Paul emploie la formule «selon les Écritures » (1, 15,3-4), ce qui suppose tout un enseignement qui avait montré dans l'Évangile le couronnement de l’Ancien Testament. Quand on pense que cet enseignement avait été donné à une Église composée en majorité d’anciens païens, on voit la place qu’il a dû occuper dans la prédication de l’apôtre?.

Fi s’agit ici de plénitude de développement spirituel et

intellectuel, non de perfection morale.

Page 1