Principaux commentaires : B. Weiss, Berlin
21892; KziôPpper, Gotha, 1893; Haupr (Meyer, 71902);
VincenT (Int. Cr. Comm.), 1897 ; EwALD (ZAHN), 1908; LUE-
KEN (Schr., 11, 383-402); DiBeLIUS (LIETZMANN, Handb.),
Études diverses. P.-W. Scamipr, Neutestamentliche Hyper- Fra
kritik an den jüngsten Angriff gegen die Echtheit des Philipper-
briefs auf ihre Methode hin untersucht nebst eine Erklärung des
Briefes, Berlin, 1880 ; VOELTER, Zwei Briefe an die Philipper, : T. T., 1892, p. 10-44, 117-146 ; H. Lasco, Vincula Sanctorum, . é Ein Beitrag zur Erklärung der Gefangenschajts briefe des Apostels Paulus, Berlin, 1900 ; VAN MANEN, art. Philippians, E. B., 111, 3703-3710 ; B.-W. RoBINSON, An Ephesian Impri-
Az8ErTz, Ueber die Abjassung des Philipperbriefs des Paulus zu Ephesus, St. u. Kr., 1910, p. 551-594 ; Maurice GoGuELz, La
date et le lieu de composition de l’épttre aux Philippiens, R. HR
t. LXVI (1912), p. 330-342; K. Lake, The critical Problems of the Epistel to the Philippians, Expositor, 1914, p. 481-493;
G. Bai, The epistle to the Philippians,a reply, Expositor,
1914, p. 143-154 ; B.-W. BacoN, Again the Ephesian impri- ; ar: 24
LiGHTFO0TS8, London, 1885; Lrpsius (H. C., II, 2), 1891,
L'ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS!
I: — LA SITUATION DE PAUL D'APRÈS L'ÉPÎTRE £ Au moment où Paul écrivait aux Philippiens, 2
il était prisonnier (1,7.13.14.17). Quelqués
SD
370 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
auteurs pensent à sa captivité de Césaréet, la plupart à la captivité romaine?. Depuis une quinzaine d'années on a aussi envisagé l’hypothèse d’une captivité éphésienne®.
Les partisans de l’hypothèse romaine invoquent en sa faveur les passages de l’épître dans lesquels sont nommés le prétoire (1,13)
sonnement of Paul, Expositor, 1915, p. 235-242; M. Joss. The epistle of Captivity where were they written ? Expositor, 1915, p. 289-314; WiINSTANLEY, Pauline Letters from ar Ephesian Prison, Expositor 1915, p. 481-496; V. WEBER, Probleme des Philipperbriefs, Theol. Revue, 1915, p. 437-443 ; P. FEINE, Die Abfassung des Philipperbriefs in Ephesus, Gütersloh, 1916; H. CopPreTERrs, Saint Paul fut-il captif & Éphèse pendant son troisième voyage apostolique ? RABAT p. 404-418; C.-R. Bowen, Are Pauls Prison Letters from Ephesus, Am. journ. of theol., 1920. Sur l’histoire du problème,
- FEINE, p. 75.
1. Reuss, Ép. paul., II, p. 275 s.; SABATIER, art. Philippiens, Enc. LICHTENBERGER, X, p. 569 s.; SprTra, Z. Gesch., 1, 1p. 93825etc:
2. RENAN, L’Antéchrist, Paris, 1873, p. 5 s.; HILGENFELD, Einl., p. 333; HoLTzMAnN, Einl., p. 267; PFLEIDERER, Urchr., I, p. 176; Lipsrus, p. 210 s.; HauPT, p. 90 ; ZAHN, Eïnl., I, p. 382 ; EwaLp, p. 2-10; WenDLAND, Urchr. Literf., p. 364. |
3. DEISSMANN, L. v. O2, p. 172 ; ALBERTZ, MAURICE GOGUEL,, Lake, FEINE (voir p. 369, n. 1). L'idée de la composition de l’épître aux Philippiens avant les épîtres aux Corinthiens semble avoir été présentée, pour la première fois, par OEDER, Observatio exegetico-critica de tempore et loco scriptarum epistolarum Pauli apostoli ad Philippenses et Corinthios, Ausserlesene fheologische Bibliothek, 58, Leipzig, 1731, p. 985-999.
et les gens de la maison de César (4,22): TI convient, avant tout, d'examiner quelle est la portée de ces deux textes.
« Il a été connu, écrit Paul, à 6 +5 rou- Tuplo xal Toi howmoïs mäsuw, Que j'étais prisonnier à cause du Christ » (1,13). Deux interprétations du terme de prétoire sont, a priori, possibles. On peut l’entendre comme se rapportant à un bâtiment ou à ceux qui l’habitent et y exercent leur fonction. La première interprétation? doit être écartée à cause de la juxta- : position au terme de prétoire des mots « et à tous les autres ». Pris dans le sens de la désignation collective d’un groupe de personnes, prétoire pourrait ou bien être rapporté d’une manière générale à ceux qui habitent le palais
1. Joux. Weiss (Urchr., p. 294, n. 1) considère encore ces textes comme décisifs.
2. Elle est admise par Lrpsrus (p. 219) qui pense à la caserne prétorienne près de la porte Viminalis à Rome. Prétoire comme nom de lieu peut désigner un palais de gouverneur. Il suffit de citer des textes comme Mc., 15,16. Jn., 18, 28.33 ; 19,9. Actes, 23,35 pour justifier l’emploi de ce mot dans ce sens. SPITTA (Z. Gesch., I, p. 33) et O. HoLTzmanN (Th. Lizg., 1890, c. 177) qui prennent prétoire pour un nom de lieu, pensent au prétoire.-d’Hérode où Paul fut emprisonné à Césarée (Actes, 23,35). Notons pour mémoire qu’à Éphèse, où siégeait ‘un proconsul, il devait y avoir un prétoire.
3. ZAAN, Etnl., I, p. 390: Ewazp, p. 7,17 s.; HAUPT, p. 91; ALBERTZ, Pp. 576.
372 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
d'un gouverneur, plus spécialement d’après Mommsen (Sitzber. Berl. Akad., 1895, p. 498, n. 1), aux autorités judiciaires et à leurs auxiliaires, ou bien être entendu de soldats préto- ‘riens. Avec la première interprétation, il est évident qu’il n’y a dans notre texte rien de décisif en faveur soit de Rome, soit d’une province. Il en est de même avec la seconde interprétation car il y avait des détachements de prétoriens dans les provinces et nous savons en particulier, par une inscription funéraire publiée par Wood (Discoveries at Ephesus, London, 1877, App., 7, n° 2, p. 4), que la septième cohorte prétorienne ou un détachement de cette cohorte était stationné à Éphèse. Il n’est donc pas exact qu'il y ait, comme le dit Haupt (p. 90), dans la mention du prétoire un argument décisif en
faveur de Rome. On peut même aller plus loin
et dire qu'à moins d’attribuer à Paul une exagération littéraire vraiment excessive, on ne peut considérer comme vraisemblable que son affaire ait pu être connue des quelque 9.000 soldats prétoriens qui tenaient garnison à Rome (ALBERTZ,-p. 070: FEINE, D 09)
Le passage relatif aux gens de la maison de César n’est pas plus décisif. « Tous les saints vous saluent, écrit Paul, surtout ceux de la
maison de César » (4, 22). Il ne paraît pas possible |
L'ÉPÎTRE AUX PHILJPPIENS 972
d'entendre la maison de César dans le sens de la famille impériale. Il serait surprenant que, si des membres de la famille de l’empereur, s'étaient convertis à l'Évangile dès le temps de Paul, ce fait n’ait laissé aucune tracet. Il faut entendre maison de César dans le sens de serviteurs, esclaves et affranchis de l’empereur’. Les propriétés et les intérêts que la maison impériale avait en dehors de Rome* justifient amplement la présence d’esclaves et d’affranchis impériaux dans les provinces. Mais nous n’en sommes pas réduit ici à des conjectures, si vraisemblables qu’elles puissent être. Tacite (Ann., XIIT, 1, cf. 33) parle d’un chevalier P. Celer, et d’un affranchi impérial, Hilius, rei familiaris principis (il s’agit de Néron) in Asia impositi. Diverses inscriptions attestent
1. La mention que fait Tacite (Ann., XIII, 32) d’une accu- - sation de superstitio externa portée contre Pomponia Graecina rend bien peu vraisemblable l'indifférence qui aurait accueilli la conversion de grands personnages au christianisme.
2. F&INE (p. 89 s.) a réuni une série de textes qui prouvent que domus Caesaris pouvait être pris dans ce sens par ex. CRD ANT 6508ESS-:NTACTTE Ari. 01, 0, XII, M HET MO QUE
3. Ramsay, The historical Geography of Asia Minor, London, 1890, p. 173 s.; HirscureLp, Der Grundbesitz der rômis, chen Kaiser in den ersten drei Jahrhunderten, Kleine Schriften- Berlin, 1913, p. 516 s,
374 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
la présence d'esclaves et d’affranchis impériaux dans les provinces! et notamment à Éphèse?. La mention des esclaves impériaux ne constitue donc pas, plus que celle du prétoire, une preuve de l’origine romaine de l’épître aux Philippiens®.
La manière dont Paul s’exprime sur l’impression produite sur le prétoire et en dehors indique qu’un changement a dû, depuis peu, se produire dans sa situation. Les Philippiens le connaissent puisque l’apôtre ne juge pas nécessaire de leur en parler, mais ils ignorent encore quelles en ont été les conséquences, aussi bien pour l’apôtre que pour la cause qu'il sert. Beaucoup d’exégètest pensent que ce changement doit être le transfert de Paul de la
1. À Péttau en Styrie, C. I. L., I111,4038 ; à Narbonne, CNT. Le, "XII, 4449
2. C. I. L., III, 6081, 6082. C. T. Newron, The Collection of ancient Greek Inscriptions in the British Museum, II, 2:by. L. E. Hicxs Oxford, 1890, n° DCLIV, p. 256; Woop, Discovery at Ephesus, app. 7, n° 17, p. 14, n°20, p. 18.
3. Lisco (Vincula Sanctorum, p. 41, cité par ALBERTZ, p. 578 n. 1) va plus loin et reconnaît dans cette salutation particulière un indice favorable à l’origine éphésienne. Il pense qu'il y avait des relations particulières entre les Philippiens et les esclaves impériaux ; elles résulteraient, selon lui, de ce que ces esclaves, appelés à circuler entre Éphèse et Rome, avaient eu l’occasion de passer par Philippes et peut-être d'assurer la correspondance entre Paul et les Philippiens.