‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 37 sur 154 · III. — LE SÉJOUR DE PAUL À CORINTHE · texte numérisé non relu

III. — LE SÉJOUR DE PAUL À CORINTHE

Paul a séjourné à Corinthe pendant un an et demi. Le témoignage des Actes est formel sur ce point (18,11). Deux indications permettent de déterminer à quel moment, se place ce séjour. A Corinthe, Paul trouve un Juif du Pont, Aquilas et Priscille sa femme qui venaient d’arriver

1. Caspari (Chron.-geogr. Einl., p. 42) avait déjà pensé que la conversion de Paul devait être rapprochée de la mort de Jésus beaucoup plus qu’on nele fait d'ordinaire. Il avait proposé de la fixer à l’automne de l’an 30, Jésus étant mort au printemps de la même année. On a adopté pour la conversion de Paul les dates suivantes : 29 (O0. HoLTzMANN), pas avant 30 (WELLHAUSEN), 30 (HARNACK, KELLNER,NETELER), 31 au plus tard (Lors), 31 (CLEMEN), 31 ou 34 (Bacon), 31-32 (BARTLET Mac GIFFERT), 832 (GILBERT, Ramsay [25 janvier], Süskinp), 33 ou 35 (HOENNICKE), 34 (BORNEMANN, CORNELY, LIGHTFOOT, V. Weser), 34 ou 35 (LIETzMANN), 35 ou 32 (BELSER), 35: (JücicHer, KEIM, SABATIER, B. Weiss, WENDT, ZAHN), 35-36 (TURNER), 36 (BrAssac, FINDLAY, PRAT), 36-37 (STEIN- MANN), 37 (FARRAR), 38 (ANGER, RENAN), 39 (MAG-NEILE), 40 (STÜLTING).

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d'Italie parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de quitter Rome (Actes, 18,2), Paul s'associe à eux parce qu’il pratiquait le même métier. Son arrivée à Corinthe doit donc se placer peu de temps après l’édit de Claude contre les Juifs:. D'autre part les Actes racontent que le départ de Paul de Corinthe a été déterminé par une plainte que les Juifs déposent contre lui devant le tribunal de Gallion, procurateur d’Achaïe? (18,12-18).

Que peut-on tirer de ces deux notices?

L’historien Paul Orose (+ 418) met l’édit contre les Juifs la neuvième année de Claude, soit entre le 25 janvier 49 et le 24 janvier 50%. Il se réfère à un texte de Josèphe que nous n’avons pas. Il peut donc ou avoir connu un fragment de l’historien juif qui n’est pas parvenu jusqu’à nous, ou bien avoir puisé à quelque autre source et commis une erreur dans sa référence. C’est ainsi que Harnack (Chron. Berechn.,

1. L’historicité de cet édit, cependant attesté par SUÉTONE, (Vita Claudii, 25, 4 s.), est contestée par J. Jusrer (Les Juifs dans l'Empire romain, Paris, 1914, T1, p.. 171, n. 2). Les raisons qu’il invoque ne semblent pas décisives. <

2. Nous avons indiqué (Zntrod., III, p. 274 s.) les raisons qui nous permettent de faire état de ce récit malgré l’opinion de, Lorsy (R. H. L. R., 1911, p. 142 s.; Actes des Apôtres,, p. 698 s.) qui y voit une fiction apologétique.

3.Hist., VII, 6,15. Annoejusdem nono, expulsos per Claudium Urbe Judaeos, Josephus refert.

p. 675) a conjecturé que le renseignement en . Question avait été emprunté par Orose à Julius Africanus. Oscar Holtzmann (Neut. Zeitgesch., p. 127) a observé — et ceci fait apparaître le renseignement donné par Orose sous un jour assez favorable — que jusqu’en 44, Claude s’est montré bienveillant dans sa politique à l’égard des Juifs maïs que, de 44 à 50, il paraît avoir été, à leur égard, dans d’autres dispositions. C’est donc entre 44 et 50 que lédit contre les Juifs se comprend le mieux.

On peut donc, jusqu'à preuve du contraire, tenir pour fondée la date de 49 qu’Orose donne comme celle de l’édit contre les Juifs. En tenant compte du délai nécessaire pour l’application de l’édit et pour le voyage d'Italie à Corinthe, Aquilas et Priscille pourraient avoir débarqué à Corinthe au commencement de 50. Paul y serait arrivé peu après:

La date du proconsulat de Gallion est fixée par une inscription de Delphes! malheureu-

1. Elle a été publiée par BourGuET, De rebus delphicis imperatoriae aetatis capita duo, Montepessulano, 1905, p. 63. Des photographies de l'inscription sont données dans DEISSMANN, Paulus et dans R. B., 1913, p. 36-37. Pour la bibliographie, voir notre Essai sur la chronologie paulinienne, R. H. R., t. LXV, 1912, p. 285. Nous citerons seulement ici les deux études de Bagur, Le proconsul Gallion et Saint Paul, R. H.L.R., 1911, p. 139-142 et de DErssmanN, Paulus, p. 159-177.

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sement mutilée qui contient une lettre de Claude aux Delphiens et dans laquelle Gallion est mentionné comme proconsul.

Le début de ce texte est ainsi Conçu :

Tiééelios Kaabdos Klaïo[xp Zebzor]ès Tsouavrxés1] [dnuxeyrxñs Soul cias [1à 18° abroxpitws +] ns sfarrp tlatpidloc] . . . et un pi plus loin on lit (1. 5-6) : ; [Acürtes Los]

og FaXkiwv 8 efihos] vou malt év0S]rares [rte 'Ayalac].

Gallion était donc proconsul au moment où ce texte fut écrit. La’date n’est fournie que par ce détail que Claude porte pour la XXVI® fois le titre d’imperator (l'indication relative au pouvoir tribunicien est une restitution conjecturale). La XXVIe acclamation impériale est certainement antérieure au 1e août 52, date de l'inauguration de l’Aqua Claudia (FRONTIN, de aquis, 1, 13), au moment de laquelle Claude est imperator, XXVIT (CL -VT,1256).

Depuis quand portait-il ce titre? Dans une inscription de la ville de Kys en Carie (Bull. Corresp. hellén., XI, 1887, p. 306 s.), Claude est à la fois tribun pour la XIIe fois et imperator XXVI. Cette inscription est postérieure au

1. DEISSMANN (Paulus, p. 166) propose d’ajouter ici apyLEpE Ve HLÉYLOTOç.

25 janvier 52 (date à laquelle Claude commence la douzième année de son tribunat) et antérieure au 17 août 52 (date à laquelle il porte le titre d’imperator XXVIT). Mais de là ne ressort pas directement la date à laquelle Claude a reçu la XXVIe acclamation impériale. S'il

en porte le titre dans la première moitié de 52

rien ne prouve qu’il ne l’ait pas déjà reçu en 51. L'hypothèse est cependant peu vraisemblable, car à l’année 51 se rapportent céjà les XXITe, XXIIIe, XXIVe et peut-être XXVEe acclamations’. L'histoire militaire de l’année 52 sem-

ble appeler au moins deux acclamations impé-

riales. Il est infiniment probable que la XXVIS tombe en 52 et, comme les opérations militaires commençaient au printemps, elle date vraisemblablement du second trimestre de cette année (BaBuT, R.H.L.R 1911, p. 141). Gallion a donc été, sans doute, proconsul en 52, on peut même dire au printemps de 52.

Mais ici, il importe de serrer la question de plus près. Les gouverneurs de provinces n’entraient pas en fonctions au 1 janvier mais au printemps. Dès lors, le fait que Gallion était proconsul au printemps de 52 est susceptible d’une double interprétation.

1. LieBenAM, Fasti Consülares Imperii Romani, Bonn, 1909 (Kleine Texte, n° 41-43), p. 104.1

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Gallion a été proconsul ou bien du printemps de 51 à celui de 521, ou bien du printemps de 52 à celui de 532. Mommsen® indique comme terme normal du changement des magistrats provinciaux la date du 1e7 juillet, mais il ne s’agit là que d’une date théorique. Chaque magistrat entrait en fonctions dès son arrivée dans sa province et conservait ses pouvoirs jusqu’à la venue de son successeur. En 25, Tibère avait décidé que les nouveaux magistrats devraient quitter Rome avant le 1er juin (Dion, 57,14). En 42, Claude avait fixé la date du 1er avril (Diow, 60,11) à laquelle il substitua, l’année suivante, celle du 13 avril (Dion, 60,17). Cette disposition était encore en vigueur au début du proconsulat de Gallion, son entrée en fonctions doit donc être fixée au début de mai.

Ÿ a-t-il quelque indication qui permette de conjecturer si la lettre de Claude a été écrite au début ou à la fin du proconsulat de Gallion? La seconde hypothèse a pour elle que la mention de Gallion, dans une lettre par laquelle

1. C’est l'interprétation de BABUT, CLEMEN, JALABERT, Ramsay, etc.

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