A TAN
mates (III, 52), défendant le mariage contre ceux
qui en contestaient la légitimité, citait l'exemple des apôtres mariés et disait : « Paul n’hésite pas,
dans une de ses épîtres (Phil., 4,3), à saluer sa femme. Il ne l’a pas emmenée avec lui pour ne
pas être entravé dans son ministère (J. Cor., 9,9) » (cf. ORIGÈNE, Comm. in ep. ad Rom., 1,1). Il se pourrait que la tradition qu’attestent le
pseudo-Ignace, Clément et Origène ait dû son
origine au désir que l’on avait de mettre en parallèle les apôtres Pierre et Paul. Comme le premier avait été marié, on pensait que le second avait dû l’être aussi et, partant de cette idée, on n'avait pas eu de peine à la justifier par des textes du Nouveau Testament. On a cru
trouver un argument en faveur du mariage
de Paul dans Z Cor., 9,5 où Paul déclare renoncer à emmener une femme avec lui aux frais des Églises. Mais, si Paul avait été marié, aurait-il parlé de sa femme d’une manière aussi indéterminée, n’aurait-il pas employé ici un adjectif possessif ? Le passage considéré, loin d'être favorable à l’hypothèse du mariage de
Paul, indique plutôt, croyons-nous, que Paul
n’était pas marié quand il l’a écrit.
Le passage Phil, 4,3 est moins probant encore. Paul s’adresse à un personnage qu’il appelle yvfse oÿvbuye. Certains Pères et plus
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tard des interprètes comme Renan!, ont entendu ces mots dans le sens de «chère épouse ». On pourrait objecter avec Krenkel (p. 33) que le texte porte le masculin yvécz et non le féminin yvéaux. Mais il vaut mieux ne pas insister sur cet argument Car il serait concevable que le masculin ait été substitué au féminin à un moment où l’on n'aurait plus compris le sens véritable du texte. Il reste cependant que l’interprétation de cu: dans le sens d’épouse n’est ni la seule qui puisse être envisagée, ni la plus naturelle. Sile nom propre Xivvyss n’est pas fréquent, il est cependant attesté (ZAHN, Einl., #, p. 37/6). A défaut de nom propre, le sens de « compagnon, associé». conviendrait admirablement.
Certains auteurs? ont cru qu’au moment où il écrivait la première épître aux Corinthiens,
1. Renan (Sé. P., p. 148) suppose que Paul avait épousé à Philippes Lydie, la marchande de pourpre et que c’est à elle que s’adresse Phil., 4,3. On ne comprendrait pas, remarquet-il, sans cela, qu’elle ne soit pas nommée dans l’épître aux Philippiens. Maïs si Lydie se trouvait encore à Philippes au moment de la rédaction de l’épître, on pourrait admettre qu’elle est comprise dans ceux que Paul appelle « ses coklaborateurs dont les noms sont écrits dans le livre de vie » (4,3).
2. Dans l'antiquité Mernoprus (Symposion, III, 12) au xvi® siècle LUTHER (cf. textes cités par KRENKEL, p. 27),. au xix® siècle, Ewazp (Die Sendschreiben des
Apostels Paulus, Goettingen, 1857, p. ea HAUSRATH (Neut. . Zeitgesch., II?, p. 427 s.).
Paul était veuf. Cela résulterait, selon eux, de Î Cor., 7,8: « À ceux qui ne sont pas mariés IFRS et aux veuves (yhou<)', je dis qu'il est bon pour eux de demeurer dans l’état où je suis moi-même. » On ne voit pas de quel droit on ferait porter la comparaison sur le second seulement des deux termes employés et non sur ce qu'ils contiennent de commun, à savoir l’idée d’un état de non-mariage. Il y a plus: au versel1, Paulformule le principe absolu qu'il vaut mieux pour l’homme «ne pas toucher à une femme »; au verset 7, il reprend la même idée, en disant qu’il voudrait « que tous les hommes fussent comme lui, mais que chacun a reçu de Dieu un charisme particulier ». Ceci suppose que certains hommes seulement ont reçu de Dieu le 1622 Eyrozzélas qui leur permet de renoncer entièrement au mariage. L’apôtre se considère certainement comme possédant ce <harisme puisqu'ilse propose en modèle ; comment aurait-il pu le faire s’il était, ou s’il avait été marié? (KRENKEL, p. 45).
Il est vrai que l’apôtre a employé un certain nombre d’images empruntées à la vie conjugale et à la famille et qu'il en a parfois parlé