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Diaspora et l’eschatologie palestinienne éclate quand on compare J Cor., 15 avec l'apocalypse johannique.

Ces notions qui s'expliquent par l’origine de Paul n’épuisent pas l’idée que nous pouvons nous faire de l’apôtre au moment où s’achevait sa formation théologique. La comparaison des tableaux que tracent de la théologie juive F. Weber et Bousset: avec les éléments juifs qu’on trouve dans la pensée de l’apôtre permettrait de se faire une idée de la théologie du rabbin Saul. Des éléments essentiels de sa pensée ont certainement été fixés avant sa conversion: par exemple ses doctrines de Dieu et du péché, sa christologie et son eschatologie.

En même temps qu'il approfondissait sa connaissance du système religieux du judaïsme, Paul, suivant la coutume des rabbins, apprenait un métier manuel? ; il continua à l'exercer lorsqu'il fut devenu prédicateur de l'Évangile et lui dut de pouvoir se vanter de n'être à charge à personne. Le livre des Actes (18,3) dit que son

1. F. Weser, Jüdische Theologie, Leïpzig, 1897 ; BoussET, Die-Religion des Judentums, Berlin, 1903.

2, Scuürer, Gesch., II, p. 318. L'obligation d’un métier pour les rabbins qui n’avaient pas de fortune personnelle, résultait du principe de la gratuité de leurs fonctions. Il semble d’ailleurs que ce principe n'ait été rigoureusement observé que pour les fonctions judiciaires.

métier était celui de cxnvorcuéet, Ceci peut être

et a été compris en deux sens différents. Les uns

croient que Paul fabriquait de ces grossières étoffes en poils de chèvres auxquelles la Cilicie a donné son nom et dont T'arse était un important centre de commerce. À l'appui de cette interprétation, on fait valoir que Paul aurait pu

apprendre sonmétier dans sa ville natale, auprès

de son père qui l’aurait aussi exercé. D’autres se représentent Paul, non comme un tisserand, mais Comme un bourrelier qui découpait et assemblait les tentes. C’est en ce sens que des Pères de l’Église comme Chrysostome et Theodoret et la Peschitto (PREUSCHEN, Apg..

p. 111) ont entendu le terme de « faiseur de tentes ».

Aussi la plupart des critiques tendent-ils

1. MEYER (Urspr. u. Anf., III, p. 308) estime que le père de Paul était déjà fabricant de tentes. I1 paraît arbitraire d'établir, comme le fait BônLia (Geistesk., p. 133 n. 4), une relation entre le métier de Paul et l’image qu’il emploie dans II Cor., 5,13.

2. C’est l'interprétation traditionnelle encore suivie par RENAN (SE. P., p. 8,11 n. 1; Les Ap., p. 168) et DEISSMANN, (Paulus, p. 35:s.).

8. NESTLE, St Paul’s handicraft, Journ of bibl. Lit., 1892, p. 205 s.; Paulus als Riemenschneider, Z. N. T. W., XI, 1910, p. 241. ZamN (R. E., XV, p. 705.) a fait remarquer que les auteurs anciens rangent les fabricants de tentes parmi les ouvriers du cuir.

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actuellement à se représenter Paul non comme un tisserand mais comme un bourrelier’.

Quoi qu'il en soit, il est certain que le métier de Paul était rude. Le travail n’était pas pour lui un délassement ou une jouissance de snob, mais une dure et pénible nécessité. .

En faisant l'apprentissage d’un métier, Paul s'était conformé aux habitudes des rabbins.

Ceux-ci se mariaient généralement de bonne heure. Paul les imita-t-il aussi sur ce point? ?

Dans l’ancienne Église, un passage de la recension interpolée de l’épître d’Ignace aux Philadelphiens (ch. 4) suppose Paul marié comme Pierre. L'auteur de ce texte est plein de

respect pour l’apôtre, cependant il le dit marié

alors que le célibat représente pour lui un plus haut degré de perfection. On peut donc supposer qu’il connaissait une tradition d'après laquelle l'apôtre était marié. On retrouve cette tradition chez Clément d'Alexandrie qui, dans les Sfro-

1. Nesrce, art. cit; WENDT, Apgsch., p. 263 ; HOLTZMANN, H. C., 1,2, p. 114; PREUSCHEN, Handwôürt., c. 1023 ; KNoPrF, Schr., III, p. 99; Probl. d. Paulusjorsch., p. 10. J. Weiss (Urchr., p. 135) ne se prononce pas entre les deux interprétations. ;

3. Sur les controverses qui eurent lieu à ce sujet au xvr° siècle et sur le rôle qu’y jouèrent les préoccupations confessionnelles, comme sur la question du mariage de Paul en général voir KRENKEL, p. 265.

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