MAURICE GoGuEL, L’'Eucharistie, p. 172 s
monde nouveau, établit le règne de Dieu en anéantissant ses ennemis et en rétablissant Israël dans la gloire et dans la puissance dont il n'aurait jamais dû être dépouillé:, Pour Paul, sans doute, la forme extérieure du jugement est maintenue mais le salut est réalisé par une transformation de la nature humaine (7 Cor., 15,51) et du cosmos (Rom., 8,21). L'essentiel . €st de devenir «une nouvelle créature » (II Cor., 5,17. Gal., 6,15), ce qui est réalisé, en principe, quand l’homme a reçu le gage de l'Esprit ou qu’il est «en Christ » ou « dans le Seigneur »2.
Il y a là des éléments de la pensée paulinienne qui trahissent nettement une influence hellénique. Comment s’est-elle exercée ? L’hypothèse d'emprunts directs faits, soit pendant la jeunesse de l’apôtre, soit plus tard, n’est justifiée par rien et d’ailleurs très invraisemblable. Il s’agit de notions et surtout d’une manière de poser le problème religieux qui ont, dans le paulinisme, un rôle si fondamental qu’on ne peut les considérer comme des éléments adventices. Il faut reconnaître que, tout en admettant comme très vraisemblable que l’influence .de l’hellénisme s’est exercée pendant
1. Voir par ex. Scaürer, Gesch., II, p. 503, 533 s,; Bous- SET, Rel. d. Jud., p. 245 s. 2. Voir là-dessus REITZENSTEIN, Hel!, Mysterrel.
SUP TEEN
1 Fer va . LES ÉPÎTRES PAU
la jeunesse de Paul, nous ne sommes pas en état de dire dans quelles conditions elle a agit. En pareille matière, la constatation d’analogies, même d’analogies très précises, ne permet pas de conclure à un rapport de dépendance? car l’analogie entre deux systèmes de pensée peut avoir des origines très lointaines. F. Cumont, par exemple, estime que, pour expliquer la parenté du christianisme et des mystères orientaux, il faudrait remonter presque toujours au-delà de l’empire romain jusqu'à l'Orient hellénistique et faire intervenir la
pénétration d'idées orientales à la fois dans
l’hellénisme et dans le judaïsme plus ou moins orthodoxe des communautés de la Diaspora (RAR OT DUR 0) APR
C'est donc une parenté très complexe que
1. On pourrait se demander si tout contact de Paul avec la religion des mystères, n’est pas exclu par le passage I Thess., 4,13, où Paul oppose les chrétiens aux autres hommes qui n’ont
pas d’espérance, alors que c’est précisément l'espérance de
l’immortalité et du salut qu’attestent les mystères. Mais, pour, bien saisir la portée de la déclaration de 7 Thess., 4,13, il faut
‘remarquer que Paul ne fait pas de différence entre Juifs et
païens. Le mot espérance n’a pas chez lui le sens d’aspiration mais celui de certitude (Cf. par ex., I Cor., 15-19) et il n’admet pas qu’il puisse y avoir d’assurance du salut en dehors de la foi à la résurrection du Christ (cf. I Cor., 15,17).
2. CumonrT, Les religions orientales dans le paganisme romain?, Paris, 1909, p. xiv ; Loïsv, Les myst., p. 857.
V'apôtre Paul et l'hellénisme. Le judaïsme de Tarse qui, dans une certaine mesure, pourrait avoir eu déjà un caractère syncrétiste, a dû servir d’intermédiaire. Il semble en tout cas que ce doit être à l’époque de la jeunesse et de la formation de l’apôtre que l’action directe ou indirecte de Haies s’est exercée sur lui.