‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 80 sur 154 · FE. — LES DÉBUTS DE L'APOSTOLAT · texte numérisé non relu

FE. — LES DÉBUTS DE L'APOSTOLAT

Paul n’a jamais parlé d’un appel à l’apostolat

qu'il aurait reçu postérieurement à sa conversion. Dans l’épître aux Galates, il établit un lien

étroit entre sa vocation à la foi chrétienne et sa

vocation à la mission, spécialement à la mission parmi les païens. C’est parce qu'il voulait se servir de lui pour porter l'Évangile aux païens que Dieu Jui a révélé son Fils (Gal., 1,16). Il ne résulte pas de cette affirmation que Paul ait eu immédiatement conscience du but que Dieu poursuivait en l’appelant à la foi. On pourrait ne voir dans la déclaration de l’épître aux Galates que l’expression d’une conviction à laquelle l’apôtre ne serait parvenu que plus tard, à un moment où, jetant un coup d'œil rétrospectif sur sa vie, il y reconnaissait la réalisation d’un plan divin.

Nous sommes mal renseignés sur la période

qui suivit la conversion. Nous savons seule-

216 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

ment que Paul s’en alla en Arabie: (Gal., 1,17) mais il ne nous est pas dit ce qu'il vint y faire. Weizsaecker (Ap. Z., p. 79) et Schwartz (Z. Chron., p. 27) ont supposé que Paul avait quitté Damas pour éviter de se trouver en contact, comme chrétien, avec les Juifs quil’avaient connu persécuteur, ce qui aurait pu être dangereux pour lui. L'hypothèse est séduisante mais reste une hypothèse.

Ce que nous savons du tempérament de Paul rend peu vraisemblable qu'il ait éprouvé le besoin de faire, en quelque sorte, une retraite pour méditer dans la solitude?. La vie reli-

1. Par le terme d’Arabie il faut entendre, sans doute, suivant la terminologie de Josèphe, le royaume des Nabatéens qui s’étendait à l'Est et au Sud de la Palestine depuis la région de l’Euphrate jusqu’à la Mer Rouge. Rien ne justifie l’opinion de PrFLEIDERER (Urchr., I, p. 78) qui pense à une localité de Samarie du nom d’Araba nommée par St Jérôme non plus que celle de Fries (Was meint Paulus mit Arabia in Gal., 1,172 Z. N. T. W., II, 1901, p. 150 s.) qui propose de corriger ’Apaëra en ’Apaña et pense à la localité nommée Arab (actuellement Arrabat-el-battôf ; cf. BuuL, Geographie der alter Palästina, Freiburg i. B., Leipzig, 1896, p. 222) près de Sephora et de Cana mentionnée par Josèphe (Vita, 51 ;cf. NEu- BAUER, La géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 204 s.). Le fait qu'après le séjour en Arabie, Paul retourne à Damas est défavorable à ces hypothèses à l’appui desquelles on ne peut d’ailleurs fournir aucun argument positif.

2. Ainsi que l’ont pensé quelques auteurs comme Lrpsius (Gal., p. 20), SIEFFERT (Gal., p. 66), ZaAnN (Gal., p. 68) et Meyer (Urspr. u. Anf., III, p. 339).

Page 1