‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 84 sur 154 · EX · texte numérisé non relu

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Paul, dans l’épître aux Galates, ne fait aucune

allusion à une intervention de ce genre. Il aurait

cependant difficilement pu la passer sous si

lence si elle s’était produite. Le conflit d’ail-

leurs devait naître de lui-même du contact.

dans l’Église d’Antioche, de chrétiens ‘d’ori- - gine juive et d’origine païenne,

Des trois récits qui se rapportent à la conférence de Jérusalem, les deux que donne le livre des Actes (11, 27,30 ; 12,25 et 15, 1-33) ne peuvent être utilisés, le premier parce que le motif réel du voyage y est altéré et d’ailleurs parce:

u’il n’y est rien dit de ce qui s’est assé à : q P

Jérusalem, le second parce que, si le rédacteur: a eu l'intention de raconter les tractations des délégués d’Antioche avec les chrétiens de Jéru- Salem, le récit qu’il donne se rapporte en réalité à tout autre choset, Pour l’histoire de la conférence, nous en sommes réduit au récit de Gal., 2, 1-10. Que ce récit soit, en un sens, tendancieux, c'est évident, puisque Paul ne le donne que pour défendre les droits de son apostolat. Si ce fait explique l’angle sous lequel les choses sont pré-

1. Pour la critique de ces récits voir Zntr., III, p. 240-257 et notre article Le récit d’Actes XV, l’histoire de Corneille et l'incident d’Antioche, R. H. P. R., 1923, p. 138-144.

94 s). Les Actes (15,1) les expliquent par la venue de Chrétiens de Jérusalem.

sentées nous ne pensons pas que Paul ait réellement déformé les événements et que la valeur de son témoignage soit sensiblement affectée par celat. Son récit s’oppose à la manière dont ses adversaires racontaient les événements de Jérusalem. S’il avait altéré les faits, les contremissionnaires à l’œuvre en Galatie n'auraient pas manqué de le relever et de ruiner par là toute son argumentation. L’exactitude du récit paulinien nous est donc garantie ici, non seulement par la bonne foi de l’apôtre que rien n’autorise à suspecter a priori mais encore par l'intérêt qu'il avait à ne rien laisser passer qui pût être contredit. Il se peut qu’il y ait dans le récit de Paul certaines atténuations et certaines omissions, que, par exemple, les résistances rencontrées par lui soient à peine indiquées et qu’il y ait eu des restrictions plus ou moins explicites à la reconnaissance de son apostolat. Nous pouvons cependant être assuré que les faits qu'il mentionne sont bien exacts.

Paul dit que c’est une révélation qui l’a déterminé à venir à Jérusalem. Son voyage peut cependant avoir été déterminé par des incidents survenus à Antioche. La révélation pourrait alors lui avoir fait comprendre que

1. Contrairement à l'opinion de Jon. Weiss, Urchr., p. 193 s.

le meilleur moyen de les régler et d’en prévenir le retour était de venir débattre avec les Douze

les questions litigieuses:.

Cette révélation a-t-elle quelque rapport avec celle que l’apôtre eut quatorze ans avant

d’écrire la seconde épître aux Corinthiens

(12,2 s.) et au cours de laquelle il fut emporté

au troisième ciel et entendit des paroles ineffables? La chronologie ne s’y oppose pas abso-

lument. Y aurait-il, d’autre part, une réminiscence de cette révélation dans Actes, 22, 17-21 où il est raconté qu’à son retour à Jérusalem, Paul, en extase dans le Temple, reçut du Seigneur l’ordre de quitter la ville sainte et d’aller prêcher l'Évangile aux païens? Le récit des Actes suppose que Paul avait prêché l’Évangile à Jérusalem, il appelle pour cela d’expresses réserves ; peut-être y trouve-t-on cependant le souvenir plus ou moins confus d'une révélation qui avait joué un certain rôle dans la vie de Paul. Quoi qu'il en soit, la vision d'Antioche paraît avoir eu une grande importance. Quatorze ans après, le souvenir en est encore, très présent à la pensée de l’apôtre. Après la conférence de Jérusalem la carrière de

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