ÉTAT DU MOI, EN LUI-MÊME, ET DE SA CONSCIENCE
NOTES
leur nom les amies de sa sœur. Un jour, on la conduisit à l’ancienne école de sa sœur; à peine entrée dans la salle d’étude, elle se dirigea vers la place occupée autrefois par la morte, et s’écria : Voici ma place.
En 1873, à la Vera-Cruz (Mexique), naquit un jeune garçon, appelé Guilio Alphonse. Dès l’àge de sept ans, il guérissait par l’imposition des mains, ou au moyen d’herbes qu’il prétendait bien connaître. Lorsqu’on lui demandait où il avait acquis ces connaissances, il répondait que longtemps avant il avait été médecin. Il disait souvent à son père: « Papa, ne croyez pas que je sois avec vous pour longtemps. Je ne suis ici que pour quelques années, je dois aller là-haut. »
Le premier de ces cas est rapporté par le Brooklyn Eagle et reproduit dans le Banner of Light. Le deuxième a été publié dans la Revue spirite. Le Vessillo spiritista les a aussi cités dans ses numéros de février 1893 et janvier 1894. On peut se les procurer facilement à Vercelli (Italie).
5. — On peut mentionner ici le cas de cette mère qui, en évoquant son enfant endormi dans son berceau, en obtint médianimiquement des communications. Toutes les fois que l’enfant se réveillait, les communications cessaient, mais elles reprenaient sitôt qu’il s’était de nouveau endormi. Il lui arrivait même de donner la cause de l’interruption.
6. — Lorsque le corps astral du somnambule est déplacé et sans défense, il peut absorber les effluves qui émanent d’un malade. Un sujet que je connais personnellement eut un jour dans la main, à Pasero, une boucle de cheveux d’une jeune enfant malade à Venise ; il ressentit immédiatement un malaise et aflirma que cette enfant avait déjà suivi, mais en vain, plusieurs traitements. Les faits confirmèrent l’exactitude de cette prévision.
7. — Ce langage peut être sans signification pour les incarnés, et être sonore et lumineux pour les esprits. Ne pas oublier qu’il existe des sons et des couleurs en dehors de l 'échelle musicale et du spectre ordinaires.
4 . — On peut résumer ces idées dans le tableau synoptique suivant :
Prcutérin. — Conscience
troublée (a).
claire.
Utérin — Conscience graduelle (ù)
pleine.
demi-veille ordinaire.
Veille du corps
Assoupissement -
Somnambulique ou demi-somnambulique éventuel.
médianimique
génial
(N b) Incarné
morbide
l spontané.
I provoqué.
! d’agonie ou finalepassager.
normal.
morbide
^ fini I P*î
\Sommeil du corps
final, passager.
somnambulique naturel ou de naissance.
chloroforme.
les anesthésiques
provoqué par
Désincarné. — Conscience
troublée ( d ).
claire.
éther.
curare.
etc.
le '
magnétisme
automagnétisme.
d’un désincarné, d’un incarné.
d'autrui
(N. b) Entre l’état d’incarné et l’état de désincarné, il y a l’état de dédoublement, dont on pariera plus loin ;
NOTES
(N. b 1 ) L’esprit peut exister dans l'état désincarné avec ou sans corps astral. Dans le second cas, il est à l’état de pur esprit (on en parlera aussi plus loin). Dans cet état, l’esprit possède la vraie science et la sagesse absolue.
{a) La conscience est troublée par l’enveloppe du corps astral ; c’est le cas de citer, à propos de cette enveloppe, une communication obtenue par la médium polonaise M mu W. H., signée du nom de Rochester, un esprit élevé. En voici un passage :
« Les spirites savent tous le rôle immense joué dans la formation du périsprit par l’état moral, les vertus et les vices... Je n’en parlerai pas ; mais ce qui est moins connu, c’est que tout corps vivant est entouré d’une atmosphère spéciale qui est l’ensemble des émanations physiques et morales de l’homme, ce qui reste de ses pensers et de ses actions.
« Cette atmosphère lluidique explique aussi les attractions ou les répulsions que ressentent les hommes en se rencontrant; le sympathique attire; l’antipathique repousse.
« C’est, jusqu’à un certain point, l’enveloppe du périsprit. Il est évident que, si cette émanation est pure et légère, l’esprit, après sa séparation du corps, le traversera sans difficulté, laissant derrière lui ce haillon du passé, qui peu à peu se dissout.
« Si, au contraire, il est pesant et dense, le périsprit affaibli et surchargé d’émanations matérielles est incapable de s’élever au-dessus de l’atmosphère fluidique créée par l’homme durant sa vie; l’esprit reste emprisonné dans le tissu fabriqué autour de lui par les émanations de ses vices, de ses passions et de ses pensées impures.
« Sur cette enveloppe fluidique, plus solide que vos poisons, se réflètent, pour ainsi dire, toutes les phases de la décomposition du corps, de la matière; et si vivement que l’esprit croit être lié au cadavre.
« Même après l’entière destruction du corps dans la terre, ou après la crémation, cette émanation peut rester attachée à l’esprit souffrant, qui la retient par ses mauvaises pensées et ses révoltes, et si d’ardentes prières et un grand élan de volonté ne le purifient pas, il faut beaucoup de temps à notre atmosphère fluidique pour se dissoudre et disparaître.
« Beaucoup d’esprits cherchent avidement, dans la réincarnation, un remède aux sensations pénibles causées par l’atmosphère impure qu’ils traînent péniblement avec eux ; ils agissent avec imprudence, car, si l’esprit ne se purifie pas soigneusement avant de se réincarner, il incorporera dans son nouvel organisme des substances nuisibles qui réagissent d’une façon désastreuse sur le système nerveux, causant des léthargies, des catalepsies, des folies subites, etc. » (Voir le Vessillo Spiritista , numéro de janvier 1892, et le Moniteur spirite et magnétique de février 1892.)
Comme chacun peut ici observer et contribuer, ne fùt-ce que pour un peu, à la connaissance de la vérité, je donne ici le récit d’un fait qui confirme l’existence de l’enveloppe dont parle Rochester :
Un soir de l’hiver de 1895, à Alexandrie (Italie), dans un cercle intime où se trouvaient deux médiums en voie de formation (la femme d’un ingénieur, M. Partorino, et celle de M. Arlorio, capitaine du génie), un esprit inconnu se présenta et produisit au commandement plusieurs phénomènes très satisfaisants; à un certain moment il fit preuve d’une malveillance obstinée envers une des personnes présentes. Il se refusait à faire une chose qu’on lui demandait et qui ne lui était pas impossible.
Il se rendit à nos désirs, seulement lorsque la personne indiquée se fut retirée de la chaîne et non sans s’être écrié typtologiquement : Je suis content maintenant que ce fou est parti.
Cette exclamation impressionna désagréablement les dames, le colonel directeur du génie et président du tribunal, M. Levrone, le capitaine Arlorio, et tous les assistants, à cause de la respectabilité de la personne outragée. Il fut impossible de faire entendre raison à l’esprit, qui ajouta même qu’il haïssait cette personne. A ce moment survint inopinément un autre esprit nommé Cosentino, colonel du génie, mort en 1893, qui, après avoir parlé de lui-même, nous donna quelques détails sur l’esprit précédent. Nous interrogeâmes Cosentino sur l’existence de l’enveloppe dont nous avons parlé plus haut ; il ré-
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pondit qu’elle existait réellement et que celle de l’esprit qui s'était communiqué avant lui ressemblait à une masse noirâtre et fuligineuse.
Je crois que, d’après Porphyre, l’àme (corps astral) des esprits peu avancés reste momentanément emprisonnée dans une espèce de tantôme ou de simulacre.
[b) La conscience est graduelle ovi oscillante , parce que, si avant l'incarnation elle était troublée, elle s’obscurcirait à mesure que s’elfectuerait cette dernière, et, si elle était claire, elle se voilerait peu à peu.
(c) La conscience est variable, selon les changements d’état du corps causés parla veille ou le sommeil.
(</) Analogiquement : Si pendant l'incarnation l'enveloppe du corps astral se maintient dense ou impure, la conscience est troublée. Si, au contraire, elle devient légère et se purifie, la conscience est claire.
Après ce qu’on a dit dans les notes (a) et (d), ou comprend que l’état de désincarnation et l’état préutérin se relient; ce lien est indiqué dans le tableau synoptique par une ligne ponctuée.
9. — Voir Rapports du magnétisme et du spiritisme , de M. Rouxel, publiés par la Librairie des sciences psychiques , 42, rue Saint-Jacques, à Paris. C’est une série de conférences pleines d’érudition, faites sur la demande de la Société spirite d'études psychologiques ^ dans lesquelles l’auteur revendique, pour les spiritualistes fondateurs du magnétisme, 1 a gloire que semblent s’attribuer les matérialistes, pontifes de l’hypnotisme, ou corsaires du magnétisme, comme il les qualifie. Dans cette œuvre, dédiée à J.-B. Van llelmont, sont ironiquement combattus comme faussaires et plagiaires scientifiques beaucoup de faux savants, surtout les hypnotiseurs; on y démontre aussi que le magnétisme conduit au spiritisme. Je crois que l’on peut dire que l’un est la préface et que l’autre est l’œuvre principale.
L’auteur tend même à réunir le magnétisme et le spiritisme sous un même nom : le spiritualisme expérimental, titre que peuvent accepter, je crois, les spirites, les théosoplies, les occultistes et tous les spiritualistes modernes. C’est cet auteur qui m’a fait comprendre la théorie des sens et de la suggestion, comme Ch. du Prel m’a aidé à saisir la théorie spiritualiste de l'inconscient. J’ai exposé ces théories dans ces pages du mieux qu’il m’a été possible.
10. — Ceci est confirmé par des faits innombrables ; j’en citerai trois seulement, mais qui me sont personnels et de première main :
Au mois d’août 1892. à Rome, je magnétisai une dame qui avait dit épouser le poète Abardi. Dans l’état magnétique, je la conduisis par la pensée à Terramo ; non seulement elle put me donner quelques détails sur ma famille qui demeurait alors dans cette ville et qu’elle ne connaissait pas, mais elle me dit le sexe de l’enfant dont ma femme allait devenir mère. L’accouchement effectué prouva qu’elle ne s’était pas trompée.
Conduite mentalement à Venise dans la maison d’un de mes amis, elle me donna des nouvelles des personnes qui s’y trouvaient, et me décrivit différents objets avec tant de détails que je croyais y être moi-même. Mes recherches faites dans la suite lui donnèrent raison.
En 1895, à Alexandrie (Italie), ma mère, en état de somnambulisme lucide, me décrivit le salon d’autres amis qui habitaient la même ville, mais à une grande distance. Je connaissais cette pièce, mais ma mère ne l’avait jamais vue, ce qui ne l’empêcha pas de voir clairement des objets que je ne savais pas y être, et qui s’y trouvaient réellement.
11. — On peut trouver même, dans les œuvres des magnétiseurs du siècle passé, comme Puységur, des cas de suggestions post-hypnotiques prouvant que le champ de la conscience ou de ce qu’on nomme l’inconscience est plus étendu que celui de l'état conscient; citons un exemple, pages 52 à 54, des rapports du magnétisme et du spiritisme :