‹ Introduction aux essais de Montaigne (volume 3)Chapitre 47 sur 48 · UNE ERREUR DE MICHELET · texte numérisé non relu

UNE ERREUR DE MICHELET

L'homme capable d'entreprendre une telle œuvre ; l'homme qui assigne à la vie humaine un discipline purement humaine, .

fournie par la connaissance des faits et des choses, par l'expérience, et veut, au rebours de ceux qui ont « artialisé la nature », « na- turaliser l'art »; l'homme qui pense et enseigne à penser avec une entière liberté, -qui combat victorieusement les terreurs de l'antique superstition, cet homme-là ne recule pas; il avance, d'un pas ferme, dans la voie où Rabelais l'a précédé ^

1. Sur certains points graves, l'opinion de Montaigne est plus voisine de la nôtre que celle de Rabelais. Par exemple, selon Rabelais la femme est inférieure à l'homme; Montaigne ne la flatte pas, ne lacroit pas très capable d'une amitié véritable ; à cela près, il ne la trouve nullement inférieure à l'homme. Il termine un chapitre où il est beaucoup question d'elle, par ces mots : « Je dis que mâles et femelles sont jetés dans un môme moule ; sauf l'institution et l'usage,

la différence n'y est pas grande 11 est plus aisé d'accuser un sexe -

que d'excuser l'autre. »

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