CHAPITRE XVIII
Je n'entreprendrai pas de dire quelle influence Montaigne eut sur le xvn° et sur le xvm° siècles. Elle fut peut-être plus grande qu'on ne le croit et que ne Tout avoué quelques-uns de ceux qui paraissent ravoir sentie le mieux. Dans un livre où Rousseau est célébré comme un des principaux auteurs de la Révolution française, le girondin Mercier a remarqué qu'il avait beaucoup lu Montaigne et l'avait souvent mis à profit « sans trop le citer » ; il aurait dû dire : sans le citer assez. Rousseau n'est pas seul dans ce cas ; des arguments plausibles ne feraient pas défaut pour soutenir
que bien d'autres que lui doivent aux Essais une bonne partie de ce qu'ils ont de meilleur. J'irais volontiers jusqu'à attribuer à Montaigne une action capitale sur les destinées de notre pays. Mais, après tout, quelle certitude ai-je que, sans lui, l'histoire de France eût été sensiblement différente de ce qu'elle est ?
Nous rattachons souvent les uns aux autres des faits entre lesquels il n'y a pas la liaison intime, l'étroite dépendance que nous y mettons ; nous prenons une coïncidence fortuite pour un enchaînement logique, l'occasion pour la cause. L'histoire de Lancelot hâta peut-être la perte de Francesca, mais tôt ou tard une lecture moins dangereuse aurait été sans doute interrompue de même. Quand je vois la Bible employée pour défendre presque en même temps l'autorité despotique de Louis XIV et la Révolution d'Angleterre, j'imagine que Bossuet et Cromwell se seraient passés
facilement des textes sur lesquels ils se sont appuyés, et que la politique de Tun ne vient pas plus de TEcriture sainte que celle de l'autre. Quand j'entends imputer à Rousseau la Constitution républicaine de 1793, je m'étonne que Ton oublie tant de discours et d'écrits où la Constitution de 91 est présentée comme issue du Contrat social.
Bien souvent, là où nous avons des motifs plus sérieux pour croire à une influence, il s'est passé quelque chose d'analogue à ce que Montaigne explique si bien, en disant qu'il se sert des textes anciens pour leur faire signifier ce qu'il veut, sans le moindre souci de ce qu'ils veulent, les forçant au besoin, les déviant de leur sens, les prenant pour instruments et non pour source d'inspiration.
Pascal lui-même ne dépend peut-être pas des Essais autant qu'il en a l'air : « Ce n'est pas dans Montaigne, dit-il, mais dans moi, que je trouve tout ce que j'y vois. »
298 INTRODUCTION AUX BSSÀIS
Si nous ne pouvons dire au juste ce que nos grands penseurs et nos grands écrivains doivent à Montaigne, au moins certains rapprochements sont-ils permis : l'héritage est contestable, les ressemblances ne le sont pas. Au lieu de nous évertuer à démêler une filiation d'idées à l'appui de laquelle nous n'avons pas de preuves authentiques, voyons jusqu'à quel point Montaigne s'accorde avec les hommes qui représentent le mieux le génie de notre nation et en particulier avec ceux duxvni® siècle.
Entre lui et Descartes, les affinités sont frappantes. Presque toute la seconde moitié de l'apologie de Sebond est résumée à l'endroit du Discours de la Méthode où sont exposés (( la résolution de se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues auparavant en sa créance » et le plan tracé pour « ne rien croire trop fermement de ce qui n'est persuadé que par l'exemple et la coutume».
Sans m'arrêter davantage au doute métho-
dique qui leur est communie remarque ces paroles de Descartes : « La philosophie que je cultive n'est pas si barbare ni si farouche, qu'elle rejette Tusage des passions ; c'est en lui seul que je mets toute la douceur et la félicité de cette vie, et, bien qu'il y ait plusieurs de ces passions dont les excès sont vicieux, il y en a toutefois quelques autres que j'estime d'autant meilleures qu'elles sont plus excessives... Vous inférez de ce que je les ai étudiées, que je n'en dois plus avoir aucune ; tout au contraire, en les examinant je les ai trouvées tellement utiles à cette vie, que notre âme n'aurait pas sujet de vouloir demeurer jointe à son corps un seul moment, si elle ne pouvait les ressentir... Il est juste d'avoir de l'indignation et j'en ai souvent contre l'ignorance de ceux qui veulent être pris pour doctes lorsque je la vois jointe à la malice... Je ne voudrais pour rien au monde qu'il sortit de moi un discours où il se trouvât le moindre
mot qui fût désapprouvé de l'Église... J'ai le désir de vivre en repos, en prenant pour devise bene çixit qui bene latuit, » En bien d'autres endroits encore, il semble à quelques mots près, que Descartes copie Montaigne ^
La Rochefoucauld, s'il a lu les Essais, y a rencontré bien des observations et des réflexions auxquelles il n'a pas eu grand'chose à changer pour en faire plusieurs de ses Maximes,
La parenté de La Fontaine et de Molière avec Montaigne n'a pas besoin d'être rappelée. Celle de Racine, quoique moins visible et moins étroite, existe cependant .'voyez ce qu'il dit d'une action simple, qui ne trahit nulle part le bon sens, ne s'écarte jamais du naturel, se passe de jeux de théâtre et de déclamation, et n'est soutenue que par les intérêts, les sentiments, les pas-
1. Par exemple, quand il dit : « Si un homme vaut plus lui seul que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas raison de vouloir se perdre pour la sauver. »
sions. Il conduit son œuvre exactement comme Montaigne veut que Pon conduise la vie, par naturels ressorts, ordonnèment, sans artifice, avec mesure et. convenance.
Gomme Montaigne, qui en se peignant néglige les événements et les scènes au milieu desquels son existence s'est écoulée, il ne peint ses personnages que par les mouvements de leur âme, par le développement du caractère et des passions, non par les actes.
En souhaitant de bons écrits pour « clouer ' à eux » notre langue qui s'écoulait et fuyait, qui avait assez d'étoffe, mais pas assez de façon ; en demandant qu'on lui donnât du prix, non tant par innovations que par de vigoureux services ; en dénonçant la misérable affectation d'étrangeté des écrivains qui dédaignent la route commune, Montaigne a tracé le programme littéraire du xvn® siècle et en particulier celui de Boileau ^
1. Ce que Boileau dit des formalités, matérialités, entités, identitéSi virtualités, eccéités, polycarpités, et autres êtres imaginaires
Si je ne nomme pas La Bruyère, Mme de Se vigne et quelques autres, ce n'est pas que je les oublie ; je me borne aux mentions auxquelles j'attache un prix particulier, et j'ai hâte d'arriver au xvni* siècle.
Voltaire poursuit ce que « le plus sage et le plus aimable des philosophes »* avait commencé, etBuffon exécute l'œuvre annoncée par cette ligne des Essais que je voudrais inscrire comme épigraphe en tête de V Histoire naturelle : « Présenter la grande image de notre mère nature en son entière majesté ^. »
que l'univcrsilé vcul maintenir, parce que si on les bannissait, ce serait la totale subversion de la scolastiquc, peut avoir été inspiré par maints passagesdesi^MafV.'Selon Daunou, les E sBaii éiaieni un des livres que Boileau t lisait avec le plus de délices «.
1 . Voir page 74 du t. XLII de Téd. Beuchot. 11 s'agit delà crédulité humaine : « Ècoutek Montaigne, il dira bien mieux que moi. » Suit une longue citation du chapitre des boiteux, qu' « on doit lire tout entier ». Les ressemblances entre Montaigne et Voltaire sautent aux yeux ; la recherche des dissemblancM serait instructive, mais, pour la faire bien, il faudrait entrer dans des développements qui n*ont pas leur place ici. Le rapprochement est à essayer; celui avec Pascal séduit également mais serait plus périlleux; il y a dans les Pensées trop de choses qui ne sont peut-être pas conformes aux intentions de Pascal*
2. Victor L'eclerc, dans une note sur le chapitre 6 du livre II des Essais, dit : « BufTon s'est rappelé certainement plusieurs idées de ce chapitre. » Je ne sais si, en effet, Buffon s*est souvenu de Montaigne ; en tout cas l'assertion de Leolerc prouve une frappante conformité d'idées.
Mais les autres? N'ont-ils pas eu cet esprit classique dont on fit tant de bruit il y a vingt ans?
Les principaux caractères attribués à cet esprit sont Tabus des abstractions, le dédain de l'expérience, Tignorance de la complexité et de Tinfinie variété des choses, la maniô de <( fermer les yeux sur Thomme réel »
pour bâtir une doctrine sur « la notion de Thomme en général, de Thomme en soi, le même dans toutes les conditions, dans toutes les situations, dans tous les siècles ». Non seulement Montaigne n'a pas cet espritlà, mais il le dénonce et réprouve en termes tels qu'on n'en saurait imaginer de plus nets ni de plus forts. Dans la première édition des Essais on lisait déjà: « Autant d'actions, autant faudrait-il de jugements particuliers ; le plus sûr serait de les rappeler aux circonstances voisines sans en conclure autre conséquence. » En 1588, Montaigne va plus loin : il n'admet pas que
304 INTRODUCTION AUX SSSAI5
« nulle qualité nous embrasse purement et universellement ; » il blâme les auteurs qui « choisissant un air universel, s'en servent pour aller rangeant et interprétant toutes les actions et paroles d'un personnage » ; il trouve malaisé de les attacher les unes aux autres, et même, considérant chacune d'elles à partsoi, « malaisé de la désigner proprement par quelque qualité principale, tant elles sont doubles et bigarrés à divers lustres » ; c'est-à-dire qu'il est tout près de tomber dans l'excès opposé à celui auquel conduit l'esprit classique.
Les hommes du xviii® siècle ont-ils pensé autrement que lui? Ont-ils eu une doctrine faite d'abstractions, au mépris de l'histoire et de l'expérience? Ont-ils préparé la Révolution française par des théories chimériques?
En aucune façon.
Depuis le moyen âge, l'esprit classique n'a reparu sérieusement que de nos jours, chez ces psychologues prompts à le décou-
vrir là où il n'existe pas, parce que, le portant en eux, ils le voient partout. Inventer un ressort, une doctrine, pour expliquer des faits qu'on ne prend pas la peine d'étudier convenablement, prêter à chaque personnage une « faculté maîtresse » et lui coller une petite étiquette, c'est avoir, comme les réalistes qui accordaient aux genres et aux espèces une existence propre, cet esprit répudié par le xvni® siècle, aussi bien que par Montaigne.
Les écrivains qui, au xvni® siècle, ont celébré l'état de nature, n'ont fait que commenter et développer le chapitre des Cannibales^ dans lequel, aux fruits « que nature a produits de soi et de son progrès naturel », sont opposés « les fruits que nous avons attirés par artifice et détournés de l'ordre commun » . Montaigne loue ces nations qu'on traite de barbares et dont il apprend des choses qui surpassent toutes les peintures de l'âge
306 INTIIODUGTIOX AUX ESSAIS
d'or ^ Les récits des voyageurs, ou son expérience, lui suggèrent les mêmes paradoxes que Ton a pris pour des eflFets de l'esprit classique. Tout cela est à peu près aussi sérieux que Tenvie de marcher à quatre pattes que Voltaire eut en lisant le Discours sur rinégalité. En général les hommes du xvm® siècle ont, comme Montaigne, la défiance des artifices et des systèmes. Ils savent que les nouveautés, les innovations brusques, heurtent le plus souvent la nature des choses. La hardiesse des idées n^exclut pas
la prudence des conseils et des résolutions, même chez un théoricien comme Siéyès :
comparez son langage dans Qu est-ce que le Tiers-Etat avec les Délibérations à prendre par les Assemblées de baillages. Quand Montaigne réprouve les amendements hasardeux qui coûtent la ruine et le sang des citoyens ; quand il dit qu'on ne doit pas faire
1. Aillears, il examine s'il n'y aurait pas moyen de y ivre nu dans tous les climats.
violence à son pays sous prétexe de le régénérer, que vouloir refondre une grande nation et changer les fondements des États, c'est affaire à ceux qui veulent guérir les maladies par la mort; quand il demande s'il peut se trouver autant de profit que de mal à attaquer une loi reçue, telle qu'elle soit, et paraît approuver cette république antique où la proposition d'en abolir une, entraînait la peine capitale en cas de rejet par le peuple ; quand il montre que les descriptions de police feinte par art, se trouvent ridicules et ineptes à mettre en pratique, que les longues altercations sur la meilleure forme de société ne sont propres qu'à exercer l'esprit, et que telle police qui serait de mise en un nouveau monde ne l'est pas en un vieux, parce qu'un monde formé à certaines coutumes, ne se laisse pas tordre de son pli accoutumé sans risque de briser tout; il ne dit rien qui n'ait été redit au xvm® siècle, particulièrement par Rousseau, en termes
tels que nous avons peine à ne pas croire, sinon à un plagiat, du moins à une fidèle réminiscence. On a écrit des volumes pour montrer l'influence de Rabelais, de Montesquieu, de Rousseau, sur la Révolution française ; il n'eût pas été difficile d'en faire un plus solide pour rapprocher des Essais les écrits, les rapports, les discours dans lesquels il y a comme un écho des leçons de Montaigne.
Je répéterai ici ce que je croyais avoir dit assez autrefois; il est malheureusement à craindre que ce ne soit bon à rappeler longtemps encore.
' Montaigne avait parlé de Timmodération vers le bien qui fait qu'on peut a se porter excessivement en une action juste ». Trouvant, non seulement du danger, mais « une sorte d'injustice » à choquer les habitudes du peuple par des réformes trop promptes, Condorcetveut que, dans certains cas, pour être tout à fait équitable en suivant la voix de la
vérité, on attende que l'opinion publique s'y conforme. 11 enchérit même sur Montaigne; il déclare que la justice risque d'être injuste, si elle surprend un peuple qui n'est pas préparé à la recevoir.
Les hommes de la Révolution étaient si peu entêtés d'une doctrine, qu'ils ont, en quelques mois, donné aux problèmes les plus graves des solutions diamétralement opposées les unes aux autres : de monarchistes très fermes, ils sont devenus républicains; ils ont commencé par la Constitution civile du clergé et sont arrivés à séparer complètement l'Église de l'État.
Les Constituants ne se sont pas lassés de répéter qu'avant de faire des lois pour une nation déjà vieille, ils étaient obligés de compter avec son passé et ses traditions. En 1791, Barère insistait sur les bornes imposées par les circonstances, par l'état des choses et des esprits, et préconisait une « sagesse timide » pareille à celle qui inspire maint passage
des Essais, Montaigne eût applaudi le rapport, imprimé par ordre de la Convention, dans lequel, en 1793, Saint-Just disait qu'il ne saurait exister un bon traité d'économie politique, parce que ce qui se passe en Angleterre ou ailleurs n'a rien de commun avec ce qui se passe en France, et finissait par affirmer que c'est dans la nature même de nos maladies qu'il faut chercher nos remèdes. Ces hommes qu'on dit aveuglés par les abstractions, étaient si attentifs à la réalité qu'ils ont justifié leurs réformes par la variété et l'instabilité des choses : « L'homme de tous les pays, disait Mercier, n'est plus au commencement de l'année, le même homme que l'année précédente; tout dans l'univers subit un changement successif, le génie des nations change, et la législation la plus haute ne peut trouver aucune donnée que dans le génie actuel du peuple pour le constituer actuellement. » L'origine de tout cela pourrait bien être dans les Essais, dont
les hommes de 1789 étaient presque tous imbus ^ A la tribune de la Constituante, où les écrivains du xviii® siècle avaient tant de crédit, on a, sans rencontrer de contradicteur, parlé de Montaigne comme du plus sensé peut-être et du plus lu des philosophes, « celui de toutes les heures et de presque toutes les saisons » 2. André Chénier le mettait à la tête des maîtres qui ont enseigné à penser librement. Rabaut-Saint- Etienne le rangeait parmi les précurseurs de la Révolution.
Rien n'autorise à prétendre qu'il était plus écouté qu'aimé. Sainte-Beuve a opposé aux funérailles de M. de Saci, celles qu'il imaginait pour Montaigne : tandis qu'une centaine de religieuses accompagnent de leurs prières émues le cercueil du premier, derrière le cercueil du second personne n'est
1. La façon dont Mirabeau les a cités dans VEsaai sur le despof Mme montre qu'ils lui étaient très familiers.
i. Voir le rapport présenté par Prugnon et adopté par la Constituante le 28 mai 1791, séance du matin. — Vers la raôme époque La Harpe a dit : « Les Essais sont le livre de tous ceux qui lisent et même de ceux qui ne lisent pas. »
affligé sérieusement, Mlle de Gournay ne pleure que par cérémonie ^ seul peutêtre, Pascal prie. Sainte-Beuve a mal regardé : dans le cortège où il affirme qu'il n'y a pas de regrets sincères, je vois une jeune fille qui, non contente de Plutarque pour maître et de Rousseau pour bréviaire, a choisi Montaigne pour ami ^. Une larme de celle qui s'appelera un jour Mme Roland vaut bien les larmes de Port-Royal.
Il y avait autrefois dans les jardins d'Ermenonville un temple inachevé : six colonnes portaient les noms de Descartes, Newton, Voltaire, Montesquieu, Rousseau et Penn ; le monument était dédié à Montaigne. Le marquis de Girardin, qui avait oublié plusieurs personnages dignes d'une
1. Poun{uoi ne pas vouloir qu'elle fût attachée à son père adoptif? Et pourquoi écarter Mme de Montaigne? Pourquoi n'aurait-elle pas eu d'aÎTecUon pour un tel mari ?
2. Elle ajoutait : ■ Ce nom d'ami dit tout ». Elle se sentit de sa famille sitôt qu'elle commença à le connaître. « 11 me semble que son énergie et sa franchise ont de l'analogi» avec mes propres dispositions », écrivait-elle. Elle ne tarda pas à l'adjoindre à ses deui autres guides, à le souhaiter pour société journalière. — Ceat aussi une femme, George Sand, qui au xix« siècle paraît l'avoir entendu mieux que la plupart des critiques et des commentateurs.
colonne, ne s'était pas trompé en choisissant le patron du temple. C'était bien le nom de Montaigne qu'il convenait d'inscrire au fronton d'un édifice érigé comme symbole de la philosophie moderne.
On aurait dû y joindre la date du 28 février 1571. Les jours illustrés par la fantaisie de certains hommes, celui que Dante a choisi pour s'égarer dans la forêt obscure, celui auquel Montaigne a fixé sa retraite, sont à retenir avec autant de soin au moins que beaucoup de ceux dont on encombre les manuels d'histoire, et inéritent, mieux que bien des anniversaires fameux, d'être célébrés pieusement.