‹ Introduction aux essais de Montaigne (volume 4)Chapitre 13 sur 40 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

LE SERMENT DE 1 ij02

Un acte d'une gravité singulière achèvera de montrer ce que Montaigne élail un peu avant Tàgc de trente ans, mais il faut d'abord examiner, avec quelque détail, les circonstances dans lesquelles il fut commis. Ce développement paraîtra sans doute un peu long et hors de propos. En allant jusqu'au bout, on verra qu'il n'était pas inutile.

Les premières persécutions contre la Réforme avaient eu l'elTet ordinaire des persécutions religieuses : au lieu d'arrêter les progrès de l'hérésie, elles les accéléraient. Plus les catholiques s'exaltaient par leurs propres violences, cl jilu^ Ir^ prolostants se

multipliaient : ils commençaient à être capables de résistance. Catherine de Médicis n'avait ni la force ni l'envie de les écraser; elle n'était même pas éloignée de se rapprocher d'eux pour tenir tête à l'ambitieuse faction des Guises. Par intérêt, par nécessité, elle écouta les conseils que l'amour du bien public dictait au chancelier de L'Hospital : l'édit de janvier 1562 parut. D'un mot, Montaigne en a marqué l'importance : il l'appelle « cet édit fameux par nos guerres civiles ». Ce qu'on accordait aux protestants nous semble bien peu de chose : toute manifestation de leur croyance leur était interdite rigoureusement dans les villes; pour exercer leur culte, ils n'avaient permission de se réunir que dans les campagnes. D'ailleurs le Gouvernement ne renonçait en aucune façon à rétablir dans le royaume la plus stricte unité religieuse, le jour où les questions controversées qui avaient été agitées inutilement l'année pré-

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