‹ Introduction aux essais de Montaigne (volume 4)Chapitre 14 sur 40 · LE SERMENT DE · texte numérisé non relu

LE SERMENT DE

cédente au Colloque de Poissy, auraient reçu de l'autorité compétente une solution définitive : la concession provisoire de l'édit n'avait pour but que le maintien de la paix en attendant les décisions du Concile de Trente dont les sessions, interrompues depuis plusieurs années, recommençaient le 18 janvier, précisément au moment où l'édit paraissait.

Les fanatiques ne se résignèrent point à cette trêve. L'Hospital avait beau remontrer en ses harangues éloquentes qu'ils allaient désoler la France et l'exposer à devenir la proie d'un voisin formidable, ils avaient hâte d'en finir à tout prix avec l'hérésie. Le massacre de Vassy, qui arriva peut-être fortuitement le !•" mars, fut imité en plusieurs endroits, notamment à Toulouse, où chaque année, jusqu'en 1792, la fcte des pénitents, célébrée le 17 mai, rappela les scènes abominables par lesquelles la ville avait élé « délivrée » des huguenots.

20 INTRODUCTION AUX liSSAIS

A la fin de mars, pour empêcher la reine de suivre plus longtemps la politique humaine et patriotique du chancelier, les Guises ne craignirent pas de commettre un attentat tout pareil à celui qu'ils avaient tant reproche aux protestants. La conjuration d'Amboise est plus célèbre parce que les vainqueurs la présentèrent comme une révolte contre l'autorité royale, et surtout parce qu'elle leur servit de prétexte à des supplices qui firent une impression profonde ; la leur ne fut pas en réalité moins grave, peut-être même le fut-elle davantage : ils n'étaient pas menacés de persécution, et en enlevant le roi, en le traînant de Fontainebleau à Paris, ils n'avaient pas la ressource de prétendre le délivrer; ils le mettaient au contraire en captivité. Ce fut un véritable acte de violence : les écrivains de tous les partis ont dit l'effroi de la reine-mère, sa résistance, ses larmes. Dès lors, il fut évident que les Guises étaient de redoutables

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