C'est Montaigne qui parié
avait pour elle cette passion que César signalait déjà comme un des deux traits caractéristiques des Gaulois, et qui, de nos jours, fit dire à Lamartine : « La plume, instrument trop insuffisant, n'est rien devant l'épée... Je consacrerai les années de ma maturité à la guerre que je préfère à tout. » Il faut entendre Montaigne célébrer la vie du soldat, mâle et sans cérémonie, pleine d'honneur etd'âpreté, passée en compagnie d'hommes nobles et jeunes et actifs, au milieu de spectacles tragiques ; il chérit cette variété de mille actions diverses, cette courageuse harmonie de la musique guerrière qui échaufTe et les oreilles et l'âme : « Il n'est occupation si plaisante, occupation si noble en l'exécution, car la plus forte, généreuse et superbe de toutes les vertus est la vaillance; et noble en sa cause : il n'est point d'utilité ni plus juste ni plus universelle que la protection du repos et de la grandeur de son pays. »