‹ Introduction aux essais de MontaigneChapitre 11 sur 48 · C'est Montaigne qui parié · texte numérisé non relu

C'est Montaigne qui parié

avait pour elle cette passion que César signalait déjà comme un des deux traits caractéristiques des Gaulois, et qui, de nos jours, fit dire à Lamartine : « La plume, instrument trop insuffisant, n'est rien devant l'épée... Je consacrerai les années de ma maturité à la guerre que je préfère à tout. » Il faut entendre Montaigne célébrer la vie du soldat, mâle et sans cérémonie, pleine d'honneur etd'âpreté, passée en compagnie d'hommes nobles et jeunes et actifs, au milieu de spectacles tragiques ; il chérit cette variété de mille actions diverses, cette courageuse harmonie de la musique guerrière qui échaufTe et les oreilles et l'âme : « Il n'est occupation si plaisante, occupation si noble en l'exécution, car la plus forte, généreuse et superbe de toutes les vertus est la vaillance; et noble en sa cause : il n'est point d'utilité ni plus juste ni plus universelle que la protection du repos et de la grandeur de son pays. »

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