‹ Introduction aux essais de MontaigneChapitre 34 sur 48 · INTRODUCTION AUX B8SAIS · texte numérisé non relu

INTRODUCTION AUX B8SAIS

rÉglise et des prédicateurs, il met les « interprètes et contrôleurs ordinaires des desseins de Dieu, faisant état de lire dans les secrets de sa volonté », sur le même rang que les conteurs de fables, alchimistes, astrologues et autres charlatans. Il montre combien il est ridicule d'alléguer le combat de la Roche-Abeille « pour certaine approbation d'un parti », sauf à expliquer ceux de Jarnac et de Montcontour comme châtiments paternels infligés au même parti. Il rappelle aux chrétiens qu'avant la bataille de Lépante, dont ils célèbrent tant le gain, ils en ont vu « d'autres telles à leurs dépens ». Il réfute les écrivains ecclésiastiques qui, du genre de mort d'Arius, tirent argument contre Tarianisme.

A mesure qu'il vieillit, sa conviction s'exprime avec une vivacité croissante : « Nous appelons contre nature ce qui advient contre la coutume ; rien n'est que selon elle ; que cette raison universelle et naturelle chasse

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de nous l'erreur et rétonnement que la nouvelleté nous apporte... Les miracles sont selon rignorance en quoi nous sommes de nature... Combien de choses appelons-nous miraculeuses et contre nature ! Cela se fait pour chaque homme et chaque nation selon la mesure de son ignorance. . . C'est bien assez qu'un homme, quelque recommandation qu'il ait, soit cru de ce qui est humain ; de ce qui est surnaturel, il en doit être cru seulement lorsqu'une approbation surnaturelle l'a autorisé. » Autant dire : je ne croirai à autcun miracle avant d'en avoir vu un autre moi-même.

Dans le chapitre qui commence par des railleries regrettables contre le nouveau calendrier, il critique la manie universelle de chercher la cause des choses sans s'assurer au préalable de leur existence. Il explique admirablement la formation des récits fabuleux, le progrès des miracles dont le plus éloigné témoin est mieux instruit que le

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