‹ Introduction aux essais de MontaigneChapitre 9 sur 48 · LS · texte numérisé non relu

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tuites. Il se dispense, autant que possible, des compliments verbeux prescrits par les lois cérémonieuses de lacivilité; Fusage d'enfiler des paroles courtoises dans les correspondances n'est-il pas une « servile etabjecte prostitution »? Pour y échapper, il renonce presque à écrire. Il s'émancipe là où il le faudrait le moins, s'échauffe aux présomptions injurieuses, évitant de s'expliquer et justifier, renchérissant même vers l'accusation par une concession ironique et moqueuse, à moins qu'il ne s'en taise tout à fait comme de chose indigne de réponse.

Sa licence de langage et de contenance dérive vers l'indiscrétion et l'incivilité. La prière le gagne, la menace le rebute; la faveur le ploie, la crainte le raidit. Dans l'infortune, son courage se hérisse au lieu de s'aplatir, et il fait « plus volontiers les doux yeux au ciel pour le remercier que pour le requérir ». Rarement il profite d'un conseil; les raisons étrangères peuvent

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L'imagination tient chez lui une place extraordinaire, Fagite, lui donne des secous* ses terribles, le plonge dans une sorte d'ivresse au cours de laquelle il voit les choses grossir d'une façon démesurée ; il essaie de se soustraire à ces impressions qui le percent, de s'en préserver : quant à y résister, il n'en a pas la force. L'horreur d'une chute a laquelle il pense, lui cause' plus de fièvre que le coup ; la douleur lui fait plus de peur que de mal;

La fortune ne lui a imposé nulle pénible quête d'aucune commodité ; il ne lui man^ qiifô que la suffisance de se contenter etsavoir jouir des biens placés entre ses mains, « règlement d'âme également difficile en toute SOTte de condition, et que nous voyons communément se trouver pli^s facilement en la nécessité qu'en- l'abondance^^ Avide de choses nouvelles, et inconnues, il va béant vers l'avenir.

II cède avec une confiance aveugle à des

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plutôt vers la superstition que de l'autre côté, il est bon catholique, regarde comme une des plus notables folies l'effort des gens qui emploient la force de leur entendement à choquer les opinions communes pour, après une longue quête, remplir en somme leur âme de doute, d'inquiétude et de fièvre ^ S'il étudie, c'est par ostentation, pour s'en « tapisser et parer ». Il aime les distinctions, les honneurs, souhaite fort l'ordre de Saint-Michel, aspire aux brillantes destinécfs que son ami lui présage. Il se sent propre aux grandes affaires, aux hautes négociations politiques, à tenir dignement sa place dans les conseils des princes. Il sait l'action qu'un conseiller intelligent et résolu peut exercer sur les chefs des empires et songe à s'attacher à quelqu'un d'entre eux qu'il soit appelé au service public et à son propre avancement dans le monde, il n'hési-

1. C'est le début d'une lettre adressée à M. de Mesmes et imprimée en lète d'nn traité de Fhitarqne traduit par La BoéUe.

UCTION AUX ESSAIS

même la raison. le dissua- Loin de crai&dre ragitation )orterait allégcemeat, car, Dit plus Baturel.aux Gascoits isavent au .besoin; s'armer çue que du bras, travailler e du corps. IL ferait entenun parler nerveux.et succu- 3que, véhément, hardie et le. «leté à vingt ans dans la a'y reste que par déférence profonde antipathie pour les procédure et pour 4out ce sion comporte' d'ennuis ;et icquittjB des fonctions de sa iication, s'y dérobe souvent Paris; pendant des mois te de Bordeaux, s'attarde à

t où l'ordonnance d*Orléans, illis l'administration de la inner exclusivement à leurs

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