Revue, historique, LXIII (1897), p
2. Voir la Revue internationale de l'enseignement, férr. 1893; la Rct'ue universitaire, juin 1892, oct. et nov. 1894, juillet 1895 > et le Political Science Quarterly, sept. 1894.
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régime actuel laisse encore, selon nous, à désirer, car il y a lieu d'espérer qu'il sera prochainement, et très heureusement, modifié. — Qu'il suffise de savoir que les Facultés confèrent à présent un diplôme nouveau, le Diplôme d'études supérieures^ que tous les étudiants ont le droit de rechercher, mais que les candidats à l'agrégation sont obligés d'obtenir. Ce diplôme d'études supérieures, analogue à celui de l'Ecole des hautes études, au brevet de l'Ecole des chartes et au doctorat en philosophie des Universités allemandes, est donné aux étudiants en histoire qui, justifiant d'une certaine scolarité, ont subi un examen dont les épreuves principales sont, avec des interrogations sur les « sciences auxiliaires » des recherches historiques, la rédaction et la soutenance d'un mémoire original. Tout le monde reconnaît aujourd'hui que « l'examen en vue du diplôme d'études donnera des fruits excellents, si la vigilance et la conscience des examinateurs lui conservent partout sa valeur * ».
V. En résumé, l'appât de la préparation aux grades a fait affluer dans les Facultés une foule d'étudiants. Mais la préparation aux grades était, sous l'ancien régime des examens de licence et d'agrégation, une besogne peu conforme à celle que les Facultés concevaient comme convenable pour elles, utile pour leurs élèves et pour le bien de la science. Le régime des examens a donc été réformé persévéramment, non sans peine, en conformité avec un certain idéal de ce que l'enseignement supérieur de l'histoire doit être. Le résultat est que les Facultés ont pris rang parmi les établis-
1. Ret'iie historique, loc. rit., p. 98. — J'ai développé ailleurs ce que je me contente d'indiquer ici. Voir Revue internationale de l'enseignement, nov, 1897. [Ch.-V. L.]
l'enseignement supérieur de l'histoire. 305 sements qui contribuent aux progrès positifs des sciences historiques. L'énumération des œuvres qui en sont sorties depuis quelques années l'attesterait au besoin.
Cette évolution a déjà eu des conséquences heureuses; si elle s'achève aussi bien qu'elle a commencé, elle en aura encore. — D'abord, la transformation de l'enseignement de l'histoire dans les Facultés en a entraîné une, symétrique, à l'École normale supérieure. L'École normale délivre aussi, depuis deux ans, un
I « Diplôme d'études »; les travaux originaux, les exercices pédagogiques et la culture générale y sont encouragés tout de même que dans les Facultés nouvelles. Elle ne diffère plus des Facultés que parce qu'elle est fermée, et recrutée avec certaines précautions; au fond, c'est une Faculté comme les autres, où les étudiants sont en très petit nombre, mais choisis. — En second lieu, l'École des hautes études et l'École des chartes, qui, toutes deux, seront installées, à la fin de 1897,
h dans la Sorbonne reconstruite, ont gardé leur raison d'être; car beaucoup de spécialités sont représentées à l'École des hautes études qui ne le sont pas, qui ne ie seront sans doute jamais, dans les Facultés; et, pour les études relatives à l'histoire du moyen fige, l'ensemble des enseignements convergents de l'Ecole des chartes restera toujours incomparable. Mais l'ancien antagonisme entre l'École des hautes études et l'École des chartes d'une part, et les Facultés de l'autre, a disparu. Tous ces établissements, naguère si dissemblables, collaborent désormais, dans le même esprit, à une œuvre commune. Chacun d'eux garde son nom, son autonomie et ses traditions; mais tous forment un corps : la section historique d'une idéale Université de Paris, beaucoup plus vaste que celle qui
a été en 1896 consacrée par la loi. De cette « plus grande » Université, l'Ecole des chartes, l'École des hautes études, l'Ecole normale supérieure et l'ensemble des enseignements historiques de la Faculté des Lettres ne sont plus maintenant, en fait, que des « instituts » indépendants.