‹ Introduction aux études histoirquesChapitre 8 sur 74 · Ce qui a été publié de mieux, jusqu'ici, en français, sur · texte numérisé non relu

Ce qui a été publié de mieux, jusqu'ici, en français, sur

XVI AVl^UTISSEMLM".

Cette « Introduction aux études historiques » n'a pas la prétention d'être, comme le Lehrhiich der historischeii Méthode , un Traité de méthodologie historique'. C'est une esquisse sommaire. Nous l'avons entreprise , au commencement de Tannée scolaire 1896-1897, en vue d'avertir les étudiants nouveaux de la Sorbonne de ce que les études historiques sont et doivent être.

Nous avions constaté depuis longtemps, par expérience , l'urgente nécessité d'avertissements de cette espèce. La plupart de ceux qui s'engagent dans la carrière de Ihistoire, en effet, le font sans savoir pourquoi, sans s'être jamais demandé s'ils sont propres aux travaux historiques, dont ils ignorent souvent jusqu'à la nature. D'ordinaire, on se décide h choisir la carrière de l'histoire pour les motifs les plus futiles : parce que l'on a obtenu des succès, en histoire, au collège -; parce que l'on éprouve pour les choses du

la méthode historique est une brochure de MM. Gh.et V. Mortet, /a Science de l'histoire, Paris, 189i, in-8 de 88 p. Extrait du lome XX de la Grande Encyclopédie.

1. L'un de nous (M. Seignobos) se propose de publier plus tard un Traité complet de -méthodologie historique, s'il se trouve un public pour ce genre d'ouvrage.

2. On ne saurait trop affirmer que les études d'histoire, telles qu'on les fait au lycée, ne supposent pas les mêmes aptitudes (|ue les études hisloiùques, telles qu'on les fait à l'Université et flans la vie. — Julien Havet, qui se consacra plus tard aux études liistoriques (critiques), trouvait fastidieuse, au lycée, l'élude de l'histoire. « C'est, je crois, dit M. L. llavet, que renseignement

m AVERTISSEMENT. XVIÏ

passé l'espèce d'attrait romantique qui jadis dOcida, dit-on, la vocation d'Augustin Thierry; parfois aussi parce que l'on a l'illusion que l'histoire est une discipline relativement facile. Il importe assurément que ces vocations irraisonnées soient au plus tôt éclairées et mises à l'épreuve.

Ayant fait, à des novices, une série de conférences comme « Introduction aux études historiques », nous avons pensé que, moyennant revision, ces conférences pourraient être profitables à d'aulres qu'à des novices. Les érudits et les historiens de profession n'y apprendront rien sans doute; mais s'ils y trouvaient seulement un thème à réflexions personnelles sur le métier que cpielf[ucs-uns d'entre eux pratiquent d'une manière machinale, ce serait déjà un î^rand point. Quant

lA au public, qui ht les œuvres des historiens, n'est-il •pas à souhaiter qu'il sache comment ces œuvres

^ se font, afin qu'il soit davantage en mesure de les /jugera.

Nous ne nous adressons donc pas seulement, comme M. Bernheim, aux spécialistes présents et futurs, mais encore au public qu'intéresse l'his-

de l'hisloirc [dans les lycées] n'est pas organisé pour donner

pâture suffisante à l'esprit scientifique De toutes les études

comprises dans le programme des lycées, l'histoire est la seule qui n'appelle pas le contrôle permanent de l'élève. Quand il apprend le lutin et l'allemand, chaque phrase d'une version est l'occasion de vérifier une douzaine de règles. Dans les diverses Ijranches des mathématiques, les résultats ne sont jamais séparés de leurs démonstrations ; les /noblèmes, d'ailleurs, obligent l'élève à tout repenser par lui-même. Où sont les problèmes cil histoire, et quel lycéen est jamais exercé à voir clair par son propre effort dans l'enchaînement des faits? » [BibliolUéque de l'Ecole des chartes, 1896, p. 84.)

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