‹ Introduction aux mâemoires sur la râevolution franðcaise, ou, Tableau comparatif des mandats et pouvoirs donnâes par les provinces áa leurs dâeputâes aux âEtats-gâenâeraux de 1789Chapitre 20 sur 23 · Épilogue · texte numérisé non relu

Épilogue

Clergé. — Le clergé croit devoir finir ses instructions par une réflexion importante, qui dirigera toutes les démarches de ses députés.

Ils ne doivent pas oublier qu'ils vont tenir dans leurs mains le dépôt sacré de la confiance et des inté-

(463 ) rets généraux, qu'ils vont se trouver dans une célèbre assemblée les organes de la religion, les défenseurs de la patrie, et pour ainsi dire, les protecteurs de tous les citoyens.

Ils ne doivent pas oublier que c'est eux seuls qui font aujourd'hui l'espoir de ces pasteurs vénérables qui gémissent de voir sans cesse la misère au sein deè campagnes, sans pouvoir en prévenir les tristes effets, ni mettre un terme à sa durée.

Ils ne doivent pas oublier que le malheureux viendra leur demander compte de la mission importante qu'ils auront reçue, et qu'il bénira leurs efforts, ou qu'involontairement il les rendra responsables de ses peines.

Mais ils se persuaderont sans doute que pour parvenir au but si désiré de la régénération d'un Etat jadis si florissant et si fécond en ressources, il faudra que, lorsqu'ils seront transportés dans une sphère qui leur sera peut-être étrangère, ils s'éloignent du foyer des intrigues, qu'ils redoutent les complots dangereux, et qu'ils sachent se mettre en garde contre les efforts de la faveur ou les menées de la séduction.

Enfin lorsqu'ils seront au milieu des états-généraux, qu'ils n'abandonnent jamais cet esprit de modération qui rend les résolutions plus imposantes et les hésitations moins équivoques ; et que l'on retrouve toujours en eux la douceur et la retenue qui font respecter un ministre des autels, et cette fermeté inébranlable qui caractérise le citoyen d'une grande nation.

(Melun et Moret.)

Telles sont les très-humbles et très-respectueuses doléances, demandes et supplications que le clergé a

charge ses députés aux états- généraux de déposer aux pieds de Sa Majesté.

Elles sont dictées par le zèle pour la religion, l'amour de la patrie, et l'attachement inviolable à la personne sacrée d'un roi juste et bienfaisant, qui n'a rien plus à cœur que de rendre ses sujets heureux.

Puisse le Roi des rois accomplir les vœux de notre auguste monarque, donner à tous ceux qu'il rassemble autour de lui , pour prendre leurs conseils, l'esprit de sagesse et de concorde, ranimer parmi nous la foi de nos pères, y établir l'innocence de nos mœurs, et rendre à la France sa gloire et sa félicité, en y faisant refleurir toutes les vertus.

Et a le clergé donné à ses députés tous pouvoirs de proposer, aviser et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l'Etat, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité générale du royaume, et le bien de tous et chacun des sujets de Sa Majesté, s'en rapportant à leur honneur et à leur conscience; n'entendant limiter autrement leurs pouvoirs, et promettant que ces mandats seront expressément énoncés dans le procès-verbal de nomination des députés. ( Vicomte de Paris. )

Noblesse. — Députés de la noblesse , nous vous donnons la marque la plus honorable de notre confiance, en mettant entre vos mains nos intérêts les plus chers. Nous sommes convaincus que le vœu qui vous est exprimé par nous sera toujours pour vous la loi la plus sacrée; et d'après cette conviction, les seules limites

que nous vous imposerons, seront nos sentimens, dont nous venons de vous donner la preuve; nous approuvons donc d'avance tout ce que vous délibérerez aux états-généraux, pour parvenir au bien et au bonheur de tous, bien persuadés que votre conscience, dont nous connaissons la délicatesse, vous servira constamment de guide. Nous vous recommandons expressément de porter au pied du trône l'assurance de noire fidélité, de notre reconnaissance, de notre amour et de notre profond respect pour Sa Majesté.

{Bourbonnais.)

Tiers. — Le tiers, après avoir établi les principes qu'il juge propres à opérer la régénération de l'Etat, exposé les abus accumulés parie temps, et exprimé les vœux du peuple, laisse à ses députés le soin de les modifier lorsque le bien public l'exigera. Le tiers leur confie tous ses droits, et leur donne pouvoir de proposer et consentir tout ce qui peut satisfaire aux besoins du royaume, et assurer l'établissement d'un ordre fixe dans les différentes parties de l'administration générale. (Nîmes.)

Les députés du tiers se réuniront à ceux des autres ordres pour supplier Sa Majesté, i° d'agréer un surnom digne des qualités éminentes d'un si grand prince, et qui caractérise ses vertus patriotiques, à l'exemple de Louis XII, qui reçut aux états-généraux de Tours le glorieux titre de Père du peuple; 20 de permettre qu'en mémoire du rétablissement des comices nationaux et du nouveau pacte d'alliance entre le roi de France IL 3o

(466) et ses fidèles sujets, un monument soit e'ieve' à Paris, sur les fonds du trésor public, afin que la gloire d'un pacte aussi beau passe à la postérité.

La place au milieu de laquelle ce monument sera érigé prendra le nom de place des états- généraux.

( Rouen.)

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