‹ Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 1 sur 26 · VI DEDICACE · texte numérisé non relu

VI DEDICACE

sur elles le coup d'œil de V examinateur qui a le droit d'être sévère, et de Vami qui veut rester indulgent ; ce coup d'œil du montagnard fait aux hauteurs et aux grandeurs de ses sites alpestres, q*ue je vous oblige à abaisser vers V humilité de ces pages et le plan général de cette œuvre trop audacieusement projetée.

A Vaube de ce siècle, quand, au sortir de la Révolution, les éminences donnaient encore si peu d'ombre à la France et faisaient Joseph de Maistre s'écrier : « Honneur à la plaine, on n'aime que cela! » au printemps même de la première année de ce siècle et de cet ossuaire où il n'y avait de place que pour d'autres tombes encore et pour les bottes ensanglantées du César monstrueux qui en entreprenait la garde, — un jeune homme penché sur les abîmes avec sa génération de décapités muets ou d'esclaves survivants et plus muets que les morts, venait soudain de relever la tête. C'était une tête idéale de rêveur où le génie se mire dans la beauté et dont les yeux, transparents et profonds comme l'azur du ciel, ont vite fait de se détourner des bas-fonds de la terre pour observer les cimes. Que Dieu passe, ou seulement un de ses anges, au faite brancolant de cette civilisation en ruine, et, pour la nation qui va périr, le miracle de résurrection commence avec l'orientation d'un seul regard du génie vers les sphères éternelles. Pour la France et pour Chateaubriand, une femme fut cet ange. Elle toucha le jeune homme sur Vépaule, et Von partit... Vous save\ le délicieux roman qui se déroula, pour V auteur si merveilleusement improvisé du Génie du Christianisme, sous les charmilles de Savginy

Page 1