DEDICACE VII
et dans les verts replis du clair petit ruisseau de VOrge. Les yeux troublants de Mme de Beaumont regardaient adorablement par delà les étoiles ; et la plume inspirée de Chateaubriand écrivait les beautés de Dieu et les harmonies de sa Religion que cette âme voyante lui révélait, comme un amour supérieur que le chaste Plation ignora. Vous- save\ aussi que, de sa plume grandiloquente, Chateaubriand ne laissa guère que des phrases, et à quel point lesjrivoles romans de René, rf'Atala, des Natchez remplirent de leur « désert » le vide de cette œuvre manquée, à la sonorité de laquelle une argumentation serrée et abondante eût été préférable. Qu'importe! Une forme nouvelle de V Apologétique chrétienne était trouvée, haute et splendide comme une de ces antiques cathédrales qu'il s agissait de rendre au culte catholique. Pour la fortune de ces phrases, sonores comme des nefs gothiques, le sabre de Napoléon entra tramer son acier par adeur dans Notre-Dame, le jour même où le Génie du Christianisme sortit de che^ le libraire. Ainsi le sacre du César et la restauration officielle du culte catholique en France servirent moins à V empereur qu'à son sujet révolté — on ne sait plus par quelle noire ingratitude. Et ainsi présenté à V attention contrainte du public, ce livre, fait de phrases creuses et de parfaitss intentions, remplaça du jour au lendemain un despotisme par un autre ; et Chateaubriand, mieux écouté que Bonaparte, ne permit même plus aux grandes voix des de Maistre, des de Bonald, des Lamennais, des Gerbet, des Guéranger, de s'élever à coté de la sienne et de servir au christianisme d'oracles plus ra-