XII AVERTISSEMENT DES EDITEURS
tyrs, le Beatus vir d'un Confesseur non Pontife, le Sicut lilium de la messe de la Pureté de la Vierge, des graduels pris au hasard dans ce merveilleux Commun des Saints et, pour finir cette e'numérationde chefs-d'œuvre anciens à laquelle l'Antiphonaire romain tout entier peut s'employer à chacune de ses pages : * N'est-ce pas que c'est beau ? me disait-il. C'est une gerbe mélodique qui monte, comme un nuage d'encens, jusqu'au ciel ». Il s'exalta alors, et pendant une heure me tint sous le charme. Depuis ce jour inoubliable, je demeurai convaincu qu'il existait un art délicieux de fraîcheur et de grâce, — pourtant profond et austère, — mais aussi méconnu dans son esthétique, qu'il est massacré le plus souvent, dans sa pratique, par des gens qui n'ont jamais cherché à le comprendre.
J'écrivis à Gounod, pour le remercier de m'avoir inspiré le désir de pénétrer dans la connaissance de cet art, et de me rendre à Solesmes, à l'école même des mélodies grégoriennes que l'érudit Dom Pothier reconstituait si précieusement, d'après la collation des manuscrits anciens et authentiques. De cette abbaye et de cette école, j'enverrais au Maître un rapport aussi impartial que je saurais le recueillir et l'écrire, d'abord en notes de voyage, et enfin en un mémoire plus médité et plus définitif, que Charles Gounod se proposa de lire à ses illustres confrères de l'Académie des Beaux-Arts.
A la lecture de cette note, nous avons demandé au mandataire de Gounod la communication de ces notes de voyage et de ce mémoire sur la musique religieuse, faussement appelée de « plain-chant », en laquelle l'auteur de Mors et Vita avait, certes, voix consultative. Nos lecteurs trouveront dans ces pages, impartialement écrites par une plume libre de toute préconception artistique et religieuse, un argument nouveau qui confirmera