Introduction aux sciences occultes
| PARIS BIBLIOTHÈQUE INTERNATIONALE D'ÉDITION E. SANSOT ex Cie 7 et o, Rue de l’Eperon, 7 et 9 Tous droits réserves
A F Vr
7 2 r CT Tr “ Ÿ EL ’ F = | > - - Fe , J =
LA DOCTRINE OCCUETE
| | À (4 | Parmi ies immortels pendentifs de la bibliothèque des députés, 1l en est deux, particulièrement ad- | murables, et qui manifestent à quel | point le génie éclaire ce qu'il re- | garde. À
Ici, ce sont des pasteurs de Kaldée qui font leur prière aux étoiles ; là, un voyageur, un étranger, monte les marches d’un temple ; au seuil, des hommes magnifiques et calmes, en robe de lin, se dres- | sent, gardiens des antiques mystères : et cela s'appelle Hérodote venant demander aux Mages de Babylone les clés de l’histoire, Quel
| } “a mEsne nn = — — = = s sr —— == ” RER RE PPT QE Per Ve GS CS LS OS GT
plus digne frontispice que celle do uble composition Jour une hisl'occulte ans la primitive unis les premiers qui rêvèrent devinrent voyants et, S'étant rassemblés, ils formèrent l’inital core Qu’avaient-1ls vu, ces intuitifs, dans la nuit lumineu- }
T Î Ly
se ? Rien de formulable, rien d'expérimental, ils avaient vu ce qui est caché à l’être matériel et inattentif : la loi de relation qui unit entre elles toutes les choses créées.
[ls avaient pereu un rapport fätidique entre la terre et le so entre le créateur et la créature
avaient découvert l'éternel cont nent. l’au delà. Ils voulurent convier leurs frères à cette vision féconde, et la religion commença.
iquèrent pas le mystère, nstatèrent et créèrent ainsi à l'intelligence un horizon. Leur
ώnie fut sentimental et impressif
d'abord : les formules ne vinrent
re und es
que longtemps après; et comme l’abstraction es! inassimilable pour |
U LILI RSS
e commun, la superstition Appa-
rut et s’est perpétuée jusqu à nous, avec une fidélité prodigieuse. Le sorcier de Basse-Bretagne répète les ‘conjurations gravées sur les briques de Ninive.
Si on posait à l’Institut de France, cette question : « Ÿ a-t-1l une science occulte ? », la réponse serait une ferme négation. Primitivement toute science fut occulte ; parce que primitivement la science parut comme un mysticisme et s’inaugura dans les extases. Des esprits superficiels se sont récriés sur l’origine révélée des religions, comme si leur essence s’accommodait d’une autre éclosion ! Il faut se dégager des habitudes cérébrales d’aujourd’hui pour se figurer la genèse obscure de l'esprit humain.
La première expérience ressembla à une oraison mentale, à une iispiration poélique. Au début, la pensée est prière, ode, hénosis (ravissement). Moïse, dont la physionomie nous est familière entre toutes celles des initiateurs, apparaît
en magicien, faiseur de prodiges ; sa prérogative réside en une Intimité redoutable avec Jéhovah. Le législateur occupe une place idéale entre Dieu et Israël, véritable 1intermédiaire de la volonté d'en haut et de la supplication d’en bas. Il renferme en lui les attributs mulüples du prêtre, du savant, de l’homme d'état et du saint, et ainsi il manifeste l’occulte lui-même.
Chez tous les peuples, les livres sacrés sont les plus anciens. La pensée de l’homme, comme son écriture, a débuté par la théolooie : et la morale dans l'antiquité a revêtu le caractère d’une magie pratique.
Qu'on dédaigne les assertions bizarres d’un Paracelse sur l’homonculus, ce petit homme né dans une cucurbite, semence évoluant sans ovulation, soit; mais les rêveries de l'espèce, c’est-à-dire les manifestations permanentes de l'esprit humain à travers les milieux divers, méritent une étude attentive.
L'individu peut se complaire aux
LA LOCTRINE OCCULTE 9
hallucinations et rationaliser la folle ; l'espèce ne se trompe jamais :
un sûr instinct se manifeste en ses aspirations, « L'homme ne se nourrit pas seulement de pain » a dit Jésus « mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. » Or, celte parole résonne, éparse dans la nature et dans l’homme ; occultement, elle circule dans les phénomènes de l’attraction universelle.
Elle fut conçue d’une facon singulièrement confuse par les esprits primitifs. En concentrant son activité aux applications scientifiques, l'esprit moderne a cru que le mystère disparaissait devant son imvestigation, Cette illusion déplorable a produit le matérialisme, comme l'illuminisme naquit d’une excessive application aux modes contemplatifs.
Perpétuellement, la cause des sciences occultes sera ou perdue ou gagnée, suivant qu’on envisagera ses excès ou sa méthode. Nulle zône intellectuelle n’est le théà-
tre de si décevants mirages ; la 1,
folie et la mort tragique, après des péripéties nombreuses mettent un cul-de-lampe macabre aux histoires de imavoiciens. L'Éolise les
inathématise, le monde les méprise : et les honnêtes gens ne savent quelle opinion su ivre !
Dans une «ivilisation où 1l y a ne se per lèves pour Îles isterait-1l une
En vain, je prétendrai que la religion, la poésie, rar et même la médecine sont les ameaux verdovants et ligieux du vieil olivier de l’oc CTUEmMe, on ge les épaules, parce qu’on voit la re-
jet © ®.
put
Pa D ji —!
Fi
PR Cr : A hoion à travers le \ atican ln Doé-
traits essentiellement individualis-
Il faut distinouer. en herméti-
pomme
que, les prétentions souvent folles, de la méthode singulièrement positive. Lorsque William Crookes
présenta ses belles expériences sur la nature radiante, la science moderne renonça à leur donner un déterminisme. Or, l’occultisme a pour premier arcane que le surnaturel n'existe pas, non plus que le hasard : il voit au moindre fait l'opération d’une loi et s’acharne à étendre le domaine expérimental.
L'occultiste ressemble à un explorateur hardi, à un pionnier, à un défricheur de lintermonde : ce qu’il rapporte, en ses relations, n'a pas la rigueur d’un point d'orientation, et 1l mêle du rêve à son témoignage, Est-ce sa faute, ou la condition même de sa recherche ?
Lorsque Renan dans sa préface de la Vie de Jésus demandait qu'un miracle se produisit devant ses collègues de l’Institut, il méconnaissait la loi majeure du phénoménisme. Le miracle, opération de l’état de foi, ne peut être obtenu aux conditions mêmes du plus orand scepticisme. Il faut un saint ou un dévot, ou une atmosphère chargée de religiosité, pour que le
RS
PUS ju rot ETES Re RE RE peur perr ie ride rs
prodige s'opère : l’histoire le montre.
La méthode magique s'appelle l’analogie : elle suppose Finconnu parallèle au connu : c’est un dyptique horizontal et l’arcane majeur n'a point d’obscurité : l’invisible est comme le visible, pour l’accomplissement de l’unité. Au-dessous de l’homme s'étend la série animale, puis la végétale, enfin la minérale. Au-dessus, s'élève la série spirituelle. L’occulte prétend enseigner à dominer les animaux et les éléments : son ambition va même jusqu'à créer d'étroits rapports entre l’homme et les esprits, subordonnant les faibles et les inférieurs et se conciliant la faveur des plus élevés : ici se développe la Magie opératoire du nigromant, la goëtie. Parmi les notes de Léonard de Vinci, j'ai retrouvé une longue réfutation divisée en plusieurs paragraphes : & Si l'esprit emprunte un corps aux éléments — Si ayant pris un corps d'air (corpo d’aria) il peut se mouvoir
et parler ? » L’immortel peintre de la AHepnde isnorait le grand arcane : c’est-à-dire l'existence du corps AE intermédiaire entre l’organisme et l'esprit, qui n'est autre que le double de l'antique Egypte.
Dans le corps physique considéré comme une machine, le fluide joue le rôle de la vapeur : mais selon la doctrine, il peut agir sans le corps et à RE Le corps astral suppose une né so aStrale qui reçoit les exhalaisons de l'âme, comme l'air Ubé celles du corps. Les antipathies et les sympathies, les coups de fou lre de la passion, les terreurs paniques, les mouvements de la plèbe soulevée, toute la vie affective s'opère par le fluide et dans cette mer fluidique qui baigne la création. Bien avant que la théorie microbienne intervint en médecine, elle existait en magie et au point de vue de l'âme.
Les anciens initiés redoutaient la contagion passionnelle comme nous craignons le bacille de la tu-
— mr PT Da à Le NS EE er
7 + L rà2 PE
a encontre
mr
QE Te M
nn —— :
kerculose. Ils pratiquaient une hygiène de l’âme et une prophylaxie sentimentale dont nous n'avons pius aucun souci.
Notre prudence tournée vers le pêle matériel nous distrait de la culture morale : aussi les grands caractères et les puissantes originalités se raréfient, et tout le monde se ressemble par le seul mode vraiment égalitaire : la médiocrité.
Léonard l’a répété après Porphyre « l'âme se fait son corps et le façonne » en agissant par le corps astral sur le corps physique, comme un moule.
Pour expliquer les phénomenes les plus fréquents du pires > faut connaître les habitants du plan astral que la religion désigne où lectivement sous le titre de diables,
« Les élémentals », dit Papus, «€ Sont analogues aux globules sanguins et aux leucocytes de l’homme », ce sont des larves, cellules fluidiques, en mouvement perpétuel de se grouper et obéissant à
LA DOCTRINE OGCULTE 15
la volonté de l’homme ou même à l'incohérence des passions. Le magicien se flatte de les discipliner et de s’en servir à son gré, qquoIque souvent il soit dé bordé par la meute des élémentals et parfois dé voré. es on ne licencie pas plus commodément ces étranges auxiaires qu u’autrefois on ne se débarrassait des bandes mercenaires et la solde, qu'il faut payer aux reîtres fluidiques, atteint parfois la ruine d’une santé, d’une raison !
L'autre catégorie des habitants de l’astral éch appe à une désignation précise : élémentaires, disent les uns, esprits ou désincarnés, disent les autres : ceux-là, âmes en peine, âmes du purgatoire qui achèvent de purger un dam. Quoique les annales soient remplies de leurs manifestations, il est bien difficile de leur appliquer un déterminisme, sans dépasser la cré-
Lei ?
dibilité.
L’élémental, la cellule fluidique, représente la création perpétuelle, quoique momentanée et impar-
D de AG AP SUR ADIEENNN SEL TES RATER
grrr
faite, de nos sentiments. En bénissant, en maudissant, nous coagulons des élémentals : ces cellules obéissent à un instinct impérieux de se réaliser et chaque fois qu’une projection de l'âme humaine leur fournit un courant où se précipiter, un mouvement où s’activer, elles accourent. Les élémentals sont les pierres invisibles que le Sorcier jette à son ennemi : ils sont les vénéfices que la passion et le vice ardent projettent sur l’être désiré : particules de vie et de mort, de chance et de fatalité. Par eux le saint re des miracles et Cagliostro des impostures, ce sont les fruits vivants de l’ arbre du bien et du mal. Le fou n’est qu'un malade du corps fluidique ; car la folie, selon l'Egypte, s'appelait la Maladie du double, et quiconque subit l'emprise d’une idée fixe devient un malheureux, ne vveusement rongé Par une végétation d’élémentals. Cette matière active qui tend sans cesse à se mêler à l’action humaine, réalise les passions for-
À. shit
tes ou désordonnées, se teinte de désespoir, pousse plus vite celui qui va se noyer, ou, comme un vent de victoire, gonfle les voiles de l'ambition. Ce sont des pions invisibles au jeu de la vie, qu'on pousse sans le savoir et qui se vivifient à notre icontact. Lorsque le fakir fait ses prodiges et le sorcier ses maléfices, ils agglomèrent ces celiules éparses et les projettent dans un but déterminé.
Cette théorie, que nul avant Eliphas Levy n'avait exprimée, de facon compréhensible, contient l’'explication d’un grand nombre de faits surnaturels. Il reste encore à produire sa démonstration offrcielle : elle ne disconvient pas au raticnalisme : ces forces embryonnaires, notre instinct les emploie incessamment. Une avalanche de questions subsidiaires se précipite
de ce point une fois admis : et leur
solution reste indécise.
Que devient la cellule astrale,
particule de mouvement tout à fait
neutre, une fois qu'elle est entrai-
Gamme — <<"
Re te are 10
mn ER
a am.
ge
ES ee E
Dr RE pen À Et PE es mt
D El
née dans un courant de volonté ?
Elle reste probablement teintée de la passion mème qui l’a enrôlée, Dès lors, ce qu’on appelle le plan astral, c’est-à-dire la seconde atmosphère ou air fluidique, est sillonné par de nombreux courants contradictoires ; des vagues passionnelles poussent l’homme aux sens les plus divers.
De plus, le corps astral individuel se colore de nos propres sentiments et agit comme un aimant sur les cellules identiques. De Ià ces proverbes (ies adages expriment en général, sous une forme banale, l'expérience la plus ancienne) ; « On ne prête qu'aux riches y;
per
€ Un malheur ne vient jamais seul » ; « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ».
Les propositions magiques, obsans leur expression hiératique et alors impressionnantes, existent presque toutes en langage de La Palisse qui échappe à notre attention, Il y a deux facons de
| cures d
cacher un secret, le symbole et la
tp PE BETETE ET énque " — 2 nee 7 ne eme A 122 Re, even there
banalité. Le Mistigris de Balzac dira : « les extrêmes se touchent », en riant: et le hiérophante, avec gravité : « l’analogie s'opère par l'harmonie des contraires ».
Le mystère, diamant aux innumérables facettes, dépend de l'intélligence qui le regarde : il ne renvoie à l'esprit que sa propre lumière ; voilà pourquoi l'approche en a toujours été défendue, par Îles philosophes comme par les prétres, au commun des hommes. Au bout des profondes recherch»s, on ne trouve que soi : et si on est Inférieur, on devient fou ou méchant, car on se voit alors à l’état démesuré : et le démesuré de la bassesse et de l'imbécilité est un sprctacle abrutissant.
On pourrait indifféremment SU vre un traité de perfection chrétienne ou d’ascèse magique, tmilement le but identique implique de semblables règles. Pour commander, il faut d’abord s'affranchir le paresseux, le luxurieux, l'irascible, impuissants à se gouverner,
….. SN I SN AZ EEE ns
peuvent-ils prétendre à une vraie
puissance ? Lorsque Bossuet ap-
pelle une vertu une habitude, il
parle en initié : mais l'habitude
n'est qu’une coloration morale du
corps astral et les dictons l’ensei-
gnent : & Il n’y a que le premier
pas qui coûte » ; « l'habitude est
une seconde nature ». Pourquoi
est-1l si courant de répéter : « Des
goûts et des couleurs il ne faut pas
discuter » ? Les goûts et les cou-
leurs constituent littéralement l’é-
tre fluidique ; les irritant, on s'at-
| taque à la personne, comme si on
| la frappait physiquement. Les an-
ciens connaissaient l'existence d’u-
ne atmosphère morale, d’une am-
biance passionnelle, A Jérusalem,
on devient fanatique même sans
foi, comme à Paris on devient
sceptique avec les meilleurs prin-
cipes et non par un mouvement de
l'esprit : l’âme collective agit ainsi sur l'individu.
L'intimité produit un décalque
partiel d’un être à l’autre. Les sens
d'un même état se ressemblent et
rE RRQ nf Res # nr on V gt 7 “ : Pa + Rae te Ne nues = mm NE RS lits à © ©. Le LT de
le chien reproduit souvent le caractère de son maître. La société moderne en imposant l’uniformité extérieure banalise l'esprit même ; et l’originalité ne parait que par l’égoisme individuel des appétences.
Nous expirons de la pensée et nous en aspirons sans cesse ; el cela s'opère par l’émanation fluidique. Ainsi, dans cette modification incessante que l'air astral opère sur notre réceptivité, le libre arbttre même, s’il n’est pas directement attaqué, subit mille déviations : et l'analyse de ‘cet entrecroisement d'actions et de réactions aboutit au vertige : voilà pourquoi la volonté apparut à Balzac la clé de l’'Occulte. Elle est nécessaire à notre conservation autant qu’à nos desseins.
Les cérémonies ne servent qu'à l’entraîner, les gestes et les paroles qu’à la projeter. Mais cette projection n’est qu'une augmentation de positivité fluidique. « La volonté et la liberté sont la même chose », a dit Bœhme. En eïfet,
ee EN Pieter RTE Mont ET RE see jen:
ER = nn gti qu, 2. dote : 7 z
æ ete — F LE sh ri mn em mt dense roms:
A Fr :
il faut choisir entre l’inertue et l’action. Le cerveau humain est un générateur de force cosmique de la qualité la plus subtile, qu'il tire de l'énergie inférieure de la nature brute : l'adepte complet a fait de lui-même un centre rayonnant de virtualités. Il projette dans le monde visible les formes que son imagination a construites dans l'invisible, au moyen de la matière cosmique inerte.
Si l'occultiste ne se proposait que des fins de perfection individuelle ou d'investigation transcendentale, 1l serait le plus honorable et le plus honoré des hommes, réunissant à l'idéal du saint celui du savant. Par malheur, il reste passionnel et cède souvent au désir sacrilège de prendre les vases sacrés pour son propre usage. L’impression de penser plus haut que les autres et de comprendre presque l’incompréhensible, génère un orgueil insensé et qui se manifeste par des assertions déraisonnables.
L'humilité ne se rencontre pas
dans ce domaine, où, la personnalité sans cesse environnée de mirages, on croit voir par instants le geste même de Dieu, sinon sa face ! Chez le sorcier, qui est le méchant de l'hermétisnie, l’orgueil ne dédaigne pas, il se venge, il se consacre aux œuvres de haine. Parmi les myriades d'histoires goëtiques,
on n’en irouve pas une seule où vs mage noir fasse le bien. On le rail-
le, on le repousse, el t 1l se venge il fait mourir les bostiaux il noue l’aiguillette, il jette le mauvais
sort : jamais il ne œuérit, sauf les maux qu'il dé chaîna lui-même, Le bien n’est pas en son pouvoir, parce qu'il n’est pas en son âme : on n'opère que des œuvres similaires à sa nature. Certes, on a brûlé bien des malades comme magiciens et magiciennes, et 1l n'est pas à souhaiter que le crime de magie reparaisse dans le Code ; mais il serait téméraire de croire à l’innocence de la sorcellerie, parce qu'on ne la trouve plus devant les tribunaux ; il y a encore des
sr ES Tps " SRE EE = HS. ne To om arr e
empoisonnements et des agressions de volonté ; il y en aura toujours.
Interrogé sur la réalité des promesses magiques, un penseur sincère répondit : &« La Magie réalise tout ce qu'elle promet ; car elle nous Ôôte les désirs que nous lui apportons, et les remplace par d’autres. » Celui qui obtint cette réponse ne demanda point de commentaire et s'enfuit, Il avait songé, sans doute, à la pistole volante qui revient toujours dans la poche de son possesseur, à la main de gloire, main de supplicité qui rend invisible ; au vénéfice qui assure la conquête de toutes les femmes et peut-être encore à un talisman qui le: fit monter d’un trait au plus haut grade d’une carrière. Or, la curiosité du plus grand nombre revêt ce caractère d’avidité et d'intérêt. On veut tricher avec la loi de travail, | avec la loi d’épreuve, sans songer qu'il n’y a qu’une habileté certaine, démontrée : être un juste et le cacher. Ce monde appartient aux médiocres et, sauf en art, la loi du
succès n'est autre que l’adaptation de sa personnalité aux temps et aux hommes, Subjuguer par une voionté fulgurante ou désarmer par une apparente ou réelle passivité, ce sont les termes mêmes de l’ambition ; et la magie ne donnera pas d'autre formule, si ce n’est la force du renoncement. Les saints abondent en miracles, non pas les mages. La pureté d’une volonté est plus féconde que sa force : et si les sciences occultes traînent avec elles l’anathème de tous les pouvoirs, C’est que la vertu n’accompagne pas d'ordinaire l’initiation, et qu'il y a déséquilibre entre la supériorité des vues et la bassesse des mœurs, chez l’initié.
«€ Il faut être prompt et actif comme les sylphes ; flexible et attentif aux images comme les ondins, énergique et fort comme les salamandres, laborieux et patient comme les gnomes, pour conjurer les quatre éléments. » Celui qui traduira cette phrase dans un sens httéral se trompera : il ne sera ni
on
mr un
RoreC+ }
— + a ER es 7
nr
gp
u mn,
#7 UT nl r er s ” :
hu + à rh CESR RÉ CR Era : En alt RE Re Été RL LS LITE.
mt nà À RE ln, aisé
à l'abri d’un coup de vent ou d'une vague, ni garanti contre les brûlures et les chutes : mais la promptitude dans l’activité, la souplesse d'esprit dans 4 tention, l'énergie dans la force et la patience dans le labeur, constituent des conjurations puissantes et dont l'effet est certain, non seulement sur les éléments, mais sur les hommes même el sur la destinée. Nous lisons les anciens livres avec d’actuelles habitudes et les expressions figurées t. La femme de Loth rifiée (au sens de pétrifiée) pas changée en staitue de sel : beæucoup de miracles bibliques sont nés d’une expression fœurative prise au propre; et la plupart des ner nations contre l’occulte n’ont pa d'autre origine.
Quand le ee Hermès, après l'énoncé de l’analogie, conclut et dit au disciple : « Tu auras ainsi toute la sloire du monde », insensé celui qui traduira cette promesse en prophétie d’honneurs civiques !
Commander sigmfie s’affran-
—— EE : sr - D en ee a 2. : al atome - Lcd
LA DOCTRINE OGCULTE 97
chir : l’homme chaste et tempérant Commande aux passions, et le vulre entend qu'il a la puissance de les déchaïner. Le maître de l'Asera, en occulte >, le renonciateur ; l'imagination grossière concevra au contraire un invincible Jon Juan. Ce sont ces fausses
me
pPCUuVvoiIr sans effort, de richesses | als 7? C' ne re 4 du ‘ tt, , 1 : | E Y Sans {travail qui attirent les hom- | . * in L 4 + LE: 1Q AT à "6 ] iles Drives de raison et de morale,
comme de lourds phalènes, vers le flambeau initiatique, L’Occulte n’est pas la carte biautée qui permet de tricher à la | | iable du destin. Réussir par le | bien ou par le mal constitue une | Vocation : l’arrivisme est un ins- | tinct } propre à une série d'hommes. | Les fortunes ne naissent Jamais de la réflexion, de l'étude, ni du vail, ce sont des fruits sp ontané
de l'individualisme : car une { but | té est un incons cient Supérieur et elle constitue 1a destinée. S S1 cela n'élait pas vrai, comment un Bal- LaC aurait-il manqué ses entr r'epri-
ni is EE TERRE TT LT TRES PRE \ der"
ses même les plus minimes, comme celle de l'imprimerie ; comment Léonard, ce prodigieux savant, aurait-il gâté ses tableaux et ses Îresques, par des vernis de son inven- “on ? L’antique Égypte obligeait chacun au métier héréditaire, ‘sauf au cas de génie ; et elle était sage.
Mais les métiers ne satisfont que la nécessité : le luxe et l’abondance dépendent de l’astralité.
L'astrologie est la doyenne des sciences occultes ; les zigurrats ou tours à étages, comme la Tour de Babel, étaient en même LÉRIpE: des temples et des observatoires : les Orientaux, rapportant toutes les sciences à l’homme, demandaient aux cunéiformes célestes la connaissance de l'avenir. Suivant l'état du ciel, au lieu et à l'heure de la naissance, on dressait le thème ou horoscope, c’est-à-dire la disposition des planètes dans les douze maisons solaires. On faisait aussi l'hypothèse d’un évènement, voyage, mariage ou bataille. | S1 la prévision des faits était su-
an a
nas —
LA DOCTHINE OCCULTE 29
jette à des erreurs d'interprétation, du moins les penchants et les facultés se révélaient en une psychologie préventive d’une grande utilité ; elle avertissait les éducateurs.
Dès que le jeune homme était capable de culture, on l’instruisait suivant l'Art Notoire. Cette méthode consiste, pour l’étude d’une langue, à savoir par cœur un texte avant de connaître le sens des mots ni la syntaxe. Qui voudrait apprendre la musique, selon ce système, commencerait par s’inculquer machinalement un prélude de Bach.
Pour ce qui relève de la mémoire, l'occulte préconise l'application mécanique au début. La méthode Jacotot qui a pour devise : « savoir un texte et y rapporter tout le reste » dérive de l’art Lullien. Rien ne faciliterait autant l'étude simultanée de plusieurs langues que l'identité du texte connu. On utilisait soigneusement le sommeil en pédagogie hermétique : du reste, quel écolier ignore l'avantage de lire, avant de se coucher, les lecons
D pe eme Torah ige IT CT. et =
Dar are PET. NT PTT ST CRE Te AT IN Er RER 2 pe
17 r € » TE 22
à 2 inpmeatinnerp b theme
RES gs 7
RE me à
qe rx
Dre, un
ee, om,