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INTRODUCTION XIX

pas que c’est là une des causes de l'élévation graduelle des dépenses, que l’on pourrait voir diminuer pour ainsi dire immédiatement si, — à défaut de cet ordre comptable que nous préconisons, — on avait au moins l’idée d’intéresser les Directeurs par un tant pour cent sur les économies qu’ils feraient faire ?

Quoi qu'il en soit, constatons que l’État, moins encore que l’industrie privée, est en mesure de donner Île prix de revient des cuirassés qu’il construit, des canons qu'il fond, des fusils ou des cartouches qu’il fabrique, des voies ferrées qu’il établit, des palais qu’il élève ; et qu’il ne sait pas davantage préciser le coût ré2 d’une boîte de cigares, d’un kilogramme de tabac ou de poudre de chasse, d’une boîte d’allumettes, d’un vase de Sèvres, d’un étalon de ses haras, etc., etc.

Qui chiffrera les centaines de millions, ou plutôt les milliards, enfouis dans ce manque d'ordre ou dans ce désordre, d'autant plus inattaqués jusqu'ici que l’attention du public n’a pas coutume de se porter sur les choses comptables ? Certes, bien des gens vont s'étonner en apprenant qu’en réalité nous n’avons pas de Comptabilité de la Fortune publique, mais seulement une Comptabilité budgétaire.

En résumé, tout ce qui précède montre que ce n’est pas seulement des commerçants qu’il faut obtenir un grand effort d'ordre comptable, mais que cet effort s'impose aujourd'hui aux travailleurs en général, riches comme pauvres, c’est-à-dire aux prolétaires des villes et des campagnes, aux employés, aux agriculteurs, aux professionnels non commerçants et à l’État lui-même, qui doit l'exemple et qui a le pressant devoir d'entrer définitivement et résolument dans la voie des économies, ne pouvant continuer, comme il le fait, à nous écraser d'impôts.

C’est pour parvenir à déterminer un mouvement dans ce sens, mouvement qui serait le signe d’une rénovation bien désirable, — la plus désirable de toutes, peut-être, — que nous nous adressons, dans la présente Introduction, tout à la fois à nos Économistes et à nos Éducateurs, à nos Commerçants et à nos Comptables, à nos Législateurs et à nos Ministres ; — sans oublier de faire appel à l’aide puissante de nos confrères de la presse.

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