INTRODUCTION XXI
ment, compiètement et scientifiquement déterminés, et qu’il me reste plus qu'à tirer parti de cette science nouvelle au profit ‘de notre Commerce national.
Mais la science du commerce n’est, elle-même, qu’une branche de l'économie politique, et cette dernière doit s’eflorcer d'appliquer, partout ailleurs, dans ses autres branches, la science de l’ordre comptable.
Si l’on ne peut nier que la comptabilité a été nécessaire à l'homme dès les temps primitifs, il est plus évident encore que sa pratique, perlectionnée ‘et générale, lui est indispensable aujourd’hui pour évoluer, de progrès en progrès, vers Cet avenir meilleur, vers cet Eden social qu'il rêve d'attendre depuis tant de siècles et qu'il ne connaîtra qu’en devenant plus prévoyant et plus ordonné :en toutes directions.
Au contraire, à défaut de celte prévoyance et d’une pratique comptable suffisante, les causes de conflits individuels et collectifs demeureront comme autant de ferments de discorde entre les hommes. Nous l’avons constaté plus haut, dès l’aurore des sociélés, le désir de chacun est déjà «d'avour son compre et de n'être pas lésé. Ce désir devient plus impérieux à mesure que l’homme raisonne davantage el à mesure qu'il éprouve plus fortement l'amour de la justise; si bien qu’au fond de toutes ses revendications d'aujourd'hui, nous trouvons l'aspiration, — légitime entre toutes, — d’un ordre social fait de droiture, d'équité et de Justice, auquel nous ne saurions atteindre sans comptes justes.
Ce qui revient à dire que l'ordre, — tout à la fois eflet et cause de progrès, — est peut-être le besoin moral le plus universellement ressenti. Certainement, une <ociété bien organisée serait celle où l’ordre régnerait partout : dans Fa famille d’abord, puis dans les entreprises, puis dans la commune, puis dans le département et enfin dans l’administration de l'Etat. C'est donc vers cet idéal qal faut tendre pour obtenir la paix entre les hommes, et ce bonheur social qui dépend absolument de la propagation et de la perlection de la pratique de l’ordre chez les individus et entre les mdividus.
Or, ce bonheur social, tant rêvé, tant promis, nous sommes loin d’y toucher : car c'est à peine si, de nos jours, l’ordre comptable s'applique à dire exactement aux commerçants ce qu'ils doivent et ce qu'on leur doit, et aux peuples ce que leurs gouvernements reçoivent d'eux et dépensent pour les gouverner. Si bien que les. commerçants, pas plus que l'Etat, — malgré que celui-ci les con-
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