‹ Introduction comptable à la science socialeChapitre 31 sur 48 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

table est la ruine des honnêtes commercants et cheîs d'industrie qui voudraient s’éclairer et qui ne retirent de leurs livres que des renseignements fatalement approximatifs plus ou moins éloiognés de la vérité. Voilà ce qu'il faut que l’on sache.

Nous devons convenir que les produits du travail comptable ne font pas étalage, qu'ils n’attirent pas les regards, qu’ils n’émerveillent pas le public. Il ne faut donc pas s'étonner du peu de place qu'ils ont tenu, jusqu'ici, dans nos expositions du travail humain. Mais, économiquement parlant, il faut reconnaître qu'il n’est plus aujourd'hui d'entreprise viable sans le travail comptable. Ce qui était l'accessoire, au temps où l'Angleterre et la France alimentaient pour ainsi dire le monde entier de leurs productions, est devenu de premier plan, maintenant que, grâce à l’outillage dont nos finan- Ciers à Courte vue leur ont exporté les fonds, les nations sont devenues productrices à leur tour, nous obligeant ainsi à compter de plus près à mesure que la marge de nos bénéfices se rétrécit. |

Produire de l’ordre, tel est le fait du travail comptable. Or, produire de l'ordre c’est produire de l’économie ; produire de l'économie c'est produire du capital ; enfin produire du capital c'est pro: duire l’aliment même du travail.

La roue économique a pour moteurs non plus seulement le capital et le travail. mais l’ordre, à défaut de quoi le travail n’est plus reproducteur d'épargne, c’est-à-dire de cäpital nouveau.

En général, les comptables se plaignent amèrement de leur sort. Il est certain, cependant, que ceux qui savent se faire remarquer par leur conduite et par leur savoir professionnel arrivent à des situations très sortables. Nombre de cheïs comptables ont des émoluments égaux à ceux de la haute magistrature et des grands dignitaires de l’armée, de la marine ou du clergé, etc., c’est-àdire variant de huit à douze, à quinze et à dix-huit mille francs ; et l’on peut dire que les emplois de quatre à huit mille francs sont très nombreux dans le commerce, dans l’industrie et dans la banque. Ils ont même une tendance marquée à s’accroître, du fait de la propagation des idées comptables nouvelles; car ceux des commerçants quireconnaissent l'utilité d’une comptabilité de précision savent y mettre le prix. Une profession qui peut conduire à de telles situations n’est certes pas à dédaigner. Il est vrai que dans le petit et dans le moyen commerces, et même dans le com-

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