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INTRODUCTION XLI

merce de gros, dans les usines, dans les maisons de banque et de recouvrements, les employés teneurs de livres se voient discuter de maigres appointements, à peine suffisants pour vivre. Mais, n’en est-il pas de même dans toutes les professions ? Les salaires des bas employés subissent fatalement l'effet de l’abondance de la demande, celle-ci s’étant encore accrue, dans ces dernières années, de la concurrence suscitée par un grand nombre de jeunes filles qui désertent l'atelier de couture pour le travail de bureau.

Et puis, parlons net : si dans beaucoup de maisons de commerce les teneurs de livres, et même les comptables, ou soi-disant tels, voient les commis acheteurs et vendeurs mieux considérés et mieux rétribués qu'eux, réussissant à se faire de jolies situations d'intéressés, de fondés de pouvoirs, d’associés ; parvenant même au patronat, n'est-ce pas précisément à cause du peu d'estime que la généralité des commerçants proïesse pour le travail comptable. Entre un commis marchand intelligent, bon vendeur, et un Comptable de la vieille école, routinier, nonchalant, grincheux, d’ailleurs dans l'incapacité de répondre nettement aux questions qui lui sont faites, le commerçant n’hésite pas : ses largesses sont pour le commis. Il loge la comptabilité dans un recoin quelconque, il dédaigne celui qui la tient. Que celui-ci, au contraire, s’instruise professionnellement; qu’il se montre apte aux contrôles utiles et à bien prendre les intérêts de son pairon ; que ses comptes, Constamment à jour, soient organisés de façon à donner tous renseionements ; qu’il sache faire l'ordre en toutes choses, activer Îles rentrées, montrer. à temps, le résultat des diverses opérations, eic., et le commercant. lui tiendra compte de ses services. — « Donnant, donnant ». Telle est la devise du commerce. La considération des commerçants, hommes habitués à supputer la valeur des choses et des gens, ne se donne pas sans raison. En comptabilité, surtout, ils en veulent pour leur argent, quand ils en veulent. Et nous avons expliqué qu’ils sont d'ordinaire réfractaires aux dépenses d'ordre comptable, quand elles ne se traduisent pas, de suite et visiblement, par un profit palpable. D'ailleurs, — nous le demandons en toute franchise, — où nos commerçants du jour prendraient-ils de la considération pour la comptabilité ? Ce n'est pas, certes, dans les bouquins ineptes qu'ils ont pu parcourir ? ni sur lès bancs de l’école, du collége ou du lycée, aux démonstrations d’un proiesseur de français, d'histoire ou de mathématiques, faisant le cours de tenue de livres par surcroit ? ni, pensons-nous, au spectacle

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